Ateliers

Atelier

Savoir lire des consignes

Exercice

L'exercice ci-contre est destiné à évaluer votre capacité à suivre des consignes avec précision et dans un temps limité.

Vous avez besoin d'une copie simple petit format et de deux stylos de couleurs différentes.

1. Indiquez votre nom en haut à gauche de la feuille, sur la première ligne.

2. Notez la date et l'heure précise en haut à droite de la feuille, sur la première ligne.

3. Inscrivez au centre, sur la première ligne : "Test de lecture des consignes"

4. Lisez attentivement toutes les consignes avant de continuer le test.

5. À droite du nom, faites un carré de trois carreaux sur trois : la marge vous indique la position du côté droit, la première ligne vous indique le haut du carré. Dans le carré, inscrivez "/20".

6. Tracez sur toute la seconde ligne un trait horizontal.

7. Faites de même sur la dixième ligne.

8. Inscrivez "1." sur la ligne suivante, puis écrivez les noms de quatre rois de France.

9. Inscrivez "2." sur la ligne suivante et écrivez le résultat de l'opération suivante : 48*5/3+2.

10. Inscrivez "3." sur la ligne suivante. Écrivez le nom de quatre écrivains célèbres en changeant de ligne à chaque fois. En face de chaque nom, indiquez un de ses livres en employant une seconde couleur.

11. Inscrivez "4." sur la ligne suivante. Trouvez autour de vous cinq objets qui commencent par la lettre "t" et écrivez leur nom.

12. Inscrivez "5." sur la ligne suivante. Indiquez six pays d'Europe dans l'ordre alphabétique.

13. Inscrivez "6." sur la ligne suivante. Recopiez le texte suivant, en utilisant une couleur pour les voyelles, et une autre couleur pour les consonnes : "Voltaire, l'un des philosophes des Lumières les plus importants, a connu une vie mouvementée marquée par l'engagement au service de la liberté."

14. Prenez votre stylo avec votre main gauche, et n'écrivez qu'avec cette main à partir de maintenant.

15. Posez votre main droite à plat sur la feuille, et dessinez-en le contour.

16. Barrez votre nom de famille.

17. En bas à droite de la feuille, dessinez une fleur.

18. Coloriez votre fleur avec au moins trois couleurs différentes.

19. Levez-vous, tournez 3 fois sur vous-même et asseyez-vous.

20. Ne faites aucune des consignes précédentes. Retournez votre feuille et regardez autour de vous.

Bilan

Les exercices pratiqués au lycée

Recherche

Classez les différents exercices abordés en début de seconde dans le tableau ci-contre.

Exemple (quand l'avons-nous fait ?) Support (sur quoi travaille-t-on ?) Méthode (comment fait-on ?) Outils (de quoi a-t-on besoin ?) Forme (à quoi ressemble le résultat ?)
Le corpus
La lecture analytique
La réflexion littéraire
L'invention

Auto-évaluation

Évaluez votre travail à l'aide de la grille suivante, en fonction des remarques du correcteur/de l'examinateur, et de votre ressenti.

OUI NON Ce que je vais faire pour m'améliorer avant/pendant la prochaine épreuve
J'ai bien compris le texte/la question
J'ai produit un texte/un exposé structuré, qui correspond à ce qu'on attend
J'ai proposé des arguments convaincants et des analyses pertinentes
J'ai utilisé des connaissances littéraires, linguistiques, culturelles
Je me suis exprimé correctement à l'écrit/à l'oral

Atelier

Les livres

Cet atelier est destiné à réfléchir de façon ludique sur des questions littéraires

Oral

Quels sont les trois livres que vous emporteriez sur une île déserte ? Pourquoi ?

Lecture

Lisez le texte suivant. Que raconte-t-il ? Pourquoi le narrateur dit-il que son conte "est véridique" ?

Prolongement

Comparez le texte de Borges et la citation de Barthes.

"Ecrire, c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté ; mais comme histoire, langage et liberté changent infiniment, la réponse du monde à l'écrivain est infinie : on ne cesse jamais de répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse : affirmés, puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question demeure."

R. Barthes, Sur Racine, éd. du Seuil, 1963 (première édition 1960)

Le livre de sable

... thy rope of sands...

George Herbert (1593-1633)

La ligne est composée d'un nombre infini de points ; le plan, d'un nombre infini de lignes ; le volume, d'un nombre infini de plans ; l'hypervolume, d'un nombre infini de volumes... Non, décidément, ce n'est pas là, more geometrico, la meilleure façon de commencer mon récit. C'est devenu une convention aujourd'hui d'affirmer de tout conte fantastique qu'il est véridique ; le mien, pourtant, est véridique.

Je vis seul, au quatrième étage d'un immeuble de la rue Belgrano. II y a de cela quelques mois, en fin d'après-midi, j'entendis frapper à ma porte. J'ouvris et un inconnu entra. C'était un homme grand, aux traits imprécis. Peut-être est-ce ma myopie qui me les fit voir de la sorte. Tout son aspect reflétait une pauvreté décente. II était vêtu de gris et il tenait une valise à la main. Je me rendis tout de suite compte que c'était un étranger. Au premier abord, je le pris pour un homme âgé ; ensuite je constatai que j'avais été trompé par ses cheveux clairsemés, blonds, presque blancs, comme chez les Nordiques. Au cours de notre conversation, qui ne dura pas plus d'une heure, j'appris qu'il était originaire des Orcades.

Je lui offris une chaise. L'homme laissa passer un moment avant de parler. II émanait de lui une espèce de mélancolie, comme il doit en être de moi aujourd'hui.

- Je vends des bibles, me dit-il.

Non sans pédanterie, je lui répondis :

- II y a ici plusieurs bibles anglaises, y compris la première, celle de Jean Wiclef. J'ai également celle de Cipriano de Valera, celle de Luther, qui du point de vue littéraire est la plus mauvaise, et un exemplaire en latin de la Vulgate. Comme vous voyez, ce ne sont pas précisément les bibles qui me manquent.

Après un silence, il me rétorqua :

- Je ne vends pas que des bibles. Je puis vous montrer un livre sacré qui peut-être vous intéressera. Je l'ai acheté à la frontière du Bikanir.

Il ouvrit sa valise et posa l'objet sur la table. C'était un volume in-octavo, relié en toile. Il avait sans aucun doute passé par bien des mains. Je l'examinai ; son poids insolite me surprit. En haut du dos je lus Holy Writ et en bas Bombay.

- Il doit dater du dix-neuvième siècle, observai-je.

- Je ne sais pas. Je ne l'ai jamais su, me fut-il répondu.

Je l'ouvris au hasard. Les caractères m'étaient inconnus. Les pages, qui me parurent assez abîmées et d'une pauvre typographie, étaient imprimées sur deux colonnes à la façon d'une bible. Le texte était serré et disposé en versets. A l'angle supérieur des pages figuraient des chiffres arabes. Mon attention fut attirée sur le fait qu'une page paire portait, par exemple, le numéro 40514 et l'impaire, qui suivait, le numéro 999. Je tournai cette page; au verso la pagination comportait huit chiffres. Elle était ornée d'une petite illustration, comme on en trouve dans les dictionnaires : une ancre dessinée à la plume, comme par la main malhabile d'un enfant.

L'inconnu me dit alors:

- Regardez-la bien. Vous ne la verrez jamais plus.

Il y avait comme une menace dans cette affirmation, mais pas dans la voix.

Je repérai sa place exacte dans le livre et fermai le volume. Je le rouvris aussitôt. Je cherchai en vain le dessin de l'ancre, page par page. Pour masquer ma surprise, je lui dis :

- Il s'agit d'une version de l'Ecriture Sainte dans une des langues hindoues, n'est-ce pas ?

- Non, me répondit-il.

Puis, baissant la voix comme pour me confier un secret :

- J'ai acheté ce volume, dit-il, dans un village de la plaine, en échange de quelques roupies et d'une bible. Son possesseur ne savait pas lire. Je suppose qu'il a pris le Livre des Livres pour une amulette. II appartenait à la caste la plus inférieure; on ne pouvait, sans contamination, marcher sur son ombre. II me dit que son livre s'appelait le livre de sable, parce que ni ce livre ni le sable n'ont de commencement ni de fin.

II me demanda de chercher la première page.

Je posai ma main gauche sur la couverture et ouvris le volume de mon pouce serré contre l'index. Je m'efforçai en vain : il restait toujours des feuilles entre la couverture et mon pouce. Elles semblaient sourdre du livre.

- Maintenant cherchez la dernière.

Mes tentatives échouèrent de même; à peine pus-je balbutier d'une voix qui n'était plus ma voix :

- Cela n'est pas possible.

Toujours à voix basse le vendeur de bibles me dit :

- Cela n'est pas possible et pourtant cela est. Le nombre de pages de ce livre est exactement infini. Aucune n'est la première, aucune n'est la dernière. Je ne sais pourquoi elles sont numérotées de cette façon arbitraire. Peut-être pour laisser entendre que les composants d'une série infinie peuvent être numérotés de façon absolument quelconque.

Jorge Luis Borges, Le Livre de sable, in Le Livre de sable, Gallimard, 1978 (première publication : 1975)

Atelier

Ce que 'lire' veut dire

Lecture

1. Lisez le texte suivant.

2. Écrivez un texte (longueur libre) en rapport avec cette lecture.

Tu te déshabilles, il reprend, si tu veux pas que je te foute à l'eau comme ça, tu te déshabilles, dépêche-toi. Il surjoue la scène, c'est évident, la voix mâle, la pose inflexible, le regard dur, quand pourtant il a peut lui aussi, une trouille bleue, sa posture pèse sur ses épaules comme manteau de peau gorgé de pluie. Que va-t-il faire si la fille se désape ? Si elle se fout à poil ? Autre déferlante brisée contre la base du Cap, bouillons secs, un oiseau gravite solitaire autour du promontoire, le soleil touche la ligne d'horizon qui se précise violette, solide, presque noire. La fille grimace, déchausse ses sandales, sa robe tombe sur ses pieds c'est une robe à bretelles, coupée aux genoux, un tissu léger qui accompagne les mouvements. Redressée, elle répète lentement je te dis que j'ai le vertige, je ne peux pas regarder en bas. T'as pas besoin de regarder en bas, justement, tu te places ici - de la pointe du pied, il trace une croix sur le calcaire, trace de poudre blanche sur son orteil - et tu t'élances direct, tu regardes devant toi, facile. Il s'est radouci, relève la tête, enfin la voit, plus précisément la reçoit en pleine figure - et il ne la voyait pas comme ça, il n'avait rien vu, la pensait plus fille, plus fine, la taille marquée, les épaules frêles, des cuisses de poulet, au lieu de quoi, celle-là dégage une impression de force qui étonne : vêtue d'un maillot deux pièces rouge, elle ramasse ses fringues qu'elle range tête baissée dans son sac, elle est massive mais découplée, plutôt grande, fesses hautes, longues cuisses bombées, grands bras déliés, le torse très ouvert, un beau cou. Eddy lui fait signe de s'approcher vers le rebord du plongeoir, orteils au frais dans le vide, mets-toi là. Elle s'avance, s'immobilise à un pas. Vas-y ! Je compte jusqu'à trois et t'y vas : un... deux... trois.

La fille s'avance, regarde en bas, puis oscille d'avant en arrière, et répète, ouais ouais, qu'on en finisse, un... deux... trois. Ne saute pas, au dernier moment fait un tout sur elle-même. Recommence une fois cette figure, conclut je peux pas, je peux pas y aller, j'ai le vertige. C'est quoi cette histoire ? il demande. C'est rien, elle réplique, j'ai peur, c'est tout. À cet instant, par mégarde, il croise son regard, en oscille aussitôt de tout son corps, une oscillation inconnue : jamais il n'aurait cru, pas même imaginé, qu'il serait un jour contenu dans un tel flot de douceur et de brusquerie. Interdit par cette tête, les traits rudes, le front haut et large, le nez long, busqué, poussé depuis le haut du front comme sur une statue grecque, les yeux fendus, les cheveux épais blonds coupés court accusant une mâchoire baraquée et fougueuse comme le reste, moche, belle, moche, belle, moche, belle il ne sait pas, trancherait plutôt moche s'il n'y avait cet étonnement qu'il éprouve à la voir - et qu'elle soit si près de lui.

M. de Kerangal, Corniche Kennedy, coll. Folio, éd. Gallimard, 2008.

Atelier

Parler de ses lectures

Écriture

L'étude des différentes manières de ne pas lire un livre, des situations délicates où l'on se retrouve quand on doit en parler et des moyens à mettre en œuvre pour se sortir d'affaire montre que, contrairement aux idées reçues, il est tout à fait possible d'avoir un échange passionnant à propos d'un livre que l'on n'a pas lu, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu'un qui ne l'a pas lu non plus.

Né dans un milieu où on lisait peu, ne goûtant guère cette activité et n'ayant de toute manière pas le temps de m'y consacrer, je me suis fréquemment retrouvé, suite à ces concours de circonstances dont la vie est coutumière, dans des situations délicates où j'étais contraint de m'exprimer à propos de livres que je n'avais pas lus.

Enseignant la littérature à l'université, je ne peux en effet échapper à l'obligation de commenter des livres que, la plupart du temps, je n'ai pas ouverts. Il est vrai que c'est aussi le cas de la majorité des étudiants qui m'écoutent, mais il suffit qu'un seul ait eu l'occasion de lire le texte dont je parle pour que mon cours en soit affecté et que je risque à tout moment de me trouver dans l'embarras.

Par ailleurs, je suis appelé régulièrement à rendre compte de publications dans le cadre de mes livres et de mes articles qui, pour l'essentiel, portent sur ceux des autres. Exercice encore plus difficile, puisque, au contraire des interventions orales qui peuvent sans conséquence donner lieu à des imprécisions, les commentaires écrits laissent des traces et peuvent être vérifiés.

En raison de ces situations devenues pour moi familières, j'ai le sentiment d'être assez bien placé, sinon pour délivrer un véritable enseignement, du moins pour communiquer une expérience approfondie de non-lecteur et engager une réflexion sur ce sujet tabou, réflexion qui demeure souvent impossible en raison du nombre d'interdits qu'elle doit enfreindre.

Écriture

Lectures cursives choisies dans une liste en rapport avec les problématiques étudiées.

Première partie

1. Pensez-vous que vous avez bien choisi votre livre dans la liste proposée ? Justifiez votre réponse.

2. Quand vous repensez à ce livre, quels souvenirs vous reviennent spontanément en mémoire (passages, personnages, phrases... ) ? Citez-en au moins trois.

3. Comment s'est déroulée cette lecture ? Rapidement ou lentement ? De façon régulière ou non ? Dans quels lieux et pendant quels moments ?

4. Quelle valeur ce roman possède-t-il, selon vous ? Que vous a-t-il apporté ?

Seconde partie

Un patrimoine, c'est un bien que l'on transmet, de génération en génération, parce qu'il a de la valeur pour soi et pour les autres. Si l'on vous demandait votre avis, transmettriez le livre que vous avez lu aux générations futures ? Justifiez votre point de vue en trois paragraphes argumentés qui prendront appui sur des éléments du livre (passages, personnages, phrases... ).

Atelier

Ce que l'auteur a voulu dire

Oral

1. Dans le Discours de la méthode, Descartes écrit que "la lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés, qui en ont été les auteurs". Partagez-vous cette opinion ?

2. Comparez les deux livres évoqués par J. K. Rowling, le journal intime de Tom Jedusor et Les Contes de Beedle le barde. Comment chacun de ces livres 'parle-t-il' au lecteur ?

3. Le critique Roland Barthes écrit : "La naissance du lecteur doit se payer de la mort de l'Auteur". Qu'en pensez-vous ?

Pistes

Document A

Dans le deuxième tome de la série Harry Potter, le jeune héros entre en possession d'un journal intime apparemment vierge. En écrivant dans ce journal, il constate qu'il peut dialoguer avec son ancien propriétaire.

Ce soir là, Harry alla se coucher avant les autres, pour examiner à nouveau le journal de Jedusor. [...]

Assis sur son lit à baldaquin, il prit une plume et un encrier et laissa tomber une goutte d'encre sur la première page du petit livre noir. Pendant un instant, la tâche d'encre brilla sous ses yeux, puis elle disparut soudain, comme aspirée par le papier. D'un geste fébrile, Harry reprit alors sa plume et écrivit : "Je m'appelle Harry Potter."

Tout comme la tâche, les mots tracés sur le papier brillèrent un instant, puis disparurent à leur tour.

Mais un instant plus tard, d'autres lettres se formèrent sur la page, comme si elle suintaient du papier, et la phrase suivante, écrite avec la même encre, apparut sous les yeux de Harry :

Bonjour, Harry Potter. Je m'appelle Tom Jedusor. Comment as-tu trouvé mon journal ?

Ces mots disparurent également, mais Harry eut le temps d'écrire :

"Quelqu'un a essayé de le jeter dans les toilettes."

Il attendit avec impatience la réponse qui ne tarda pas à apparaître :

Heureusement que j'ai consigné mes souvenirs avec quelque chose de plus durable que l'encre. Mais j'ai toujours su que certaines personnes feraient tout pour que ce journal ne soit jamais lu.

"Que voulez-vous dire ?" écrivit Harry dans une écriture tremblante d'excitation.

Je veux dire que ce journal contient le souvenir d'évènements horribles qui se sont produits au collège Poudlard et qui sont restés cachés.

J. K. Rowling, Harry Potter et la chambre des secrets, éd. Gallimard, 1998.

Document B

Dans le dernier tome de la série, Dumbledore lègue un livre pour enfants à Hermione Granger, Les Contes de Beedle le barde. Dans cet extrait, les trois amis lisent l'un des contes.

Elle ouvrit le livre et Harry vit que le symbole dont ils recherchaient le sens figurait précisément en haut de la page où débutait le conte. Hermione toussota et commença la lecture.

Il était une fois trois frères qui voyageaient au crépuscule, le long d'une route tortueuse et solitaire...

- Quand elle le racontait, maman disait que ça se passait à minuit, fit remarquer Ron qui avait allongé les jambes, ses bras derrière la tête, pour écouter.

Hermione lui jeta un regard agacé.

- Désolé, je pense simplement que c'était un peu plus effrayant si ça se passe à minuit ! insista Ron.

- Justement, ça tombe bien il n'y a pas assez de choses effrayantes dans notre vie, coupa Harry sans avoir pu s'en empêcher.

Xenophilius ne semblait pas leur prêter grande attention. Il regardait par la fenêtre, les yeux levés vers le ciel.

- Vas-y Hermione, dit Harry.

Après avoir longtemps cheminé, ils atteignirent une rivière trop profonde pour la traverser à gué et trop dangereuse pour la traverser à la nage. Les trois frères, cependant, connaissaient bien l'art de la magie. Aussi, d'un simple mouvement de baguette, ils firent apparaître un pont qui enjambait les eaux redoutables de la rivière. Ils étaient arrivés au milieu du pont lorsqu'une silhouette encapuchonnée se dressa devant eux en leur interdisant le passage.

C'était la Mort et elle leur parla...

- Excuse-moi ? l'interrompit Harry. La Mort leur parla ?

- Il s'agit d'un conte de fées, Harry !

- D'accord, désolé. Continue.

- C'était la Mort et elle leur parla. Elle était furieuse d'avoir été privée de trois victimes car, d'habitude, les voyageurs se noyaient dans la rivière. Mais elle était rusée. Elle fit semblant de féliciter les trois frères pour leurs talents de magiciens et leur annonça que chacun d'eux avait droit à une récompense pour s'être montré si habile à lui échapper.

Le plus âgé des frères, qui aimait les combats, lui demanda une baguette magique plus puissante que toutes les autres, une baguette qui garantirait la victoire à son propriétaire, dans tous les duels qu'il livrerait, une baguette digne d'un sorcier qui avait vaincu la Mort ! La Mort traversa alors le pont et s'approcha d'un sureau, sur la berge de la rivière. Elle fabriqua une baguette avec l'une des branches et en fit don à l'aîné.

Le deuxième frère, qui était un homme arrogant, décida d'humilier la Mort un peu plus et demanda qu'elle lui donne le pouvoir de rappeler les morts à la vie. La Mort ramassa alors une pierre sur la rive et la donna au deuxième frère en lui disant que cette pierre aurait le pourvoir de ressusciter les morts.

Elle demanda ensuite au plus jeune des trois frères ce qu'il désirait. C'était le plus jeune mais aussi le plus humble et le plus sage des trois, et la Mort ne lui inspirait pas confiance. Aussi demanda-t-il quelque chose qui lui permettrait de quitter cet endroit sans qu'elle puisse le suivre. A contrecœur, la Mort lui tendit alors sa propre Cape d'Invisibilité.

- La Mort a une cape d'invisibilité ? l'interrompit Harry.

- Pour s'approcher des gens sans être vue, expliqua Ron. Parfois, elle en a assez de se précipiter sur ses victimes en agitant les bras et en poussant des cris... Désolé, Hermione.

- Puis elle s'écarta et autorisa les trois frères à poursuivre leur chemin, ce qu'ils firent, s'émerveillant de l'aventure qu'ils venaient de vivre et admirant les présents que la Mort leur avait offerts.

Au bout d'un certain temps, les trois frères se séparèrent, chacun se dirigeant vers sa propre destination.

L'aîné continua de voyager pendant plus d'une semaine et arriva dans un lointain village. Il venait y chercher un sorcier avec lequel il avait eu une querelle. A présent, bien sûr, grâce à la Baguette de Sureau, il ne pouvait manquer de remporter le duel qui s'ensuivit. Laissant son ennemi mort sur le sol, l'aîné se rendit dans une auberge où il se vanta haut et fort de posséder la puissante baguette qu'il avait arrachée à la Mort en personne, une baguette qui le rendait invincible, affirmait-il.

Cette même nuit, un autre sorcier s'approcha silencieusement du frère aîné qui dormait dans son lit, abruti par le vin. Le voleur s'empara de la baguette et, pour faire bonne mesure, trancha la gorge du frère aîné.

Ainsi la Mort prit-elle le premier des trois frères.

Pendant ce temps, le deuxième frère rentra chez lui où il vivait seul. Là, il sortit la pierre qui avait le pouvoir de ramener les morts et la tourna trois fois dans sa main. A son grand étonnement et pour sa plus grande joie, la silhouette de la jeune fille qu'il avait un jour espéré épouser, avant qu'elle ne meure prématurément, apparut aussitôt devant ses yeux.

Mais elle restait triste et froide, séparée de lui comme par un voile. Bien qu'elle fût revenue parmi les vivants, elle n'appartenait pas à leur monde et souffrait de ce retour. Alors, le deuxième frère, rendu fou par un désir sans espoir, finit par se tuer pour pouvoir enfin la rejoindre véritablement.

Ainsi la Mort prit-elle le deuxième des trois frères.

Pendant de nombreuses années, elle chercha le troisième frère et ne put jamais le retrouver. Ce fut seulement lorsqu'il eut atteint un grand âge que le plus jeune des trois frères enleva sa Cape d'Invisibilité et la donna à son fils. Puis il accueillit la Mort comme une vieille amie qu'il suivit avec joie et, tels des égaux, ils quittèrent ensemble cette vie.

Hermione referma le livre. Xenophilius mit un certain temps à s'apercevoir qu'elle avait fini de lire. Il détourna alors son regard de la fenêtre et dit :

- Voilà, c'est ça.

- Pardon ? demanda Hermione, perplexe.

- Ce sont les Reliques de la Mort, répondit Xenophilius.

J. K. Rowling, Harry Potter et les Reliques de la Mort, éd. Gallimard, 2007.

Atelier

Est-ce que l'auteur a pensé à tout ça ?

Observation

Comparez les deux tableaux.

Pablo Picasso, Maternité, 1905.

Pablo Picasso, Claude dessinant Françoise et Paloma, 1954.

Atelier

Les procédés littéraires

Cette fiche est consacrée aux procédés littéraires

Observation

1. Identifiez les figures de style utilisées dans les expressions suivantes : Maigre comme un clou ; les pieds de la chaise ; c'est bonnet blanc et blanc bonnet ; verser toutes les larmes de son corps ; jeux de mains, jeux de vilains ; être dans de beaux draps ; mourir d'une longue et douloureuse maladie ; boire un verre ; un conte à dormir debout.

2. Dans les images ci-contre, indiquez quelle figure de style est utilisée.

3. Inventez des slogans publicitaires en tenant compte des contraintes suivantes :

- un parallélisme et une hyperbole pour un téléviseur ;

- une gradation et une anaphore pour une fédération sportive ;

- une antithèse et une métaphore pour une campagne de prévention routière (alcool, vue, fatigue).

NESCAFÉ.

VIKING. Elle s'arrête seulement quand vous le voulez.

CN. Vos meubles vous disent : je n'en peux plus.

Trouver une aiguille dans une botte de foin. ROBERTO HADDAD, commissaire-priseur.

BOSE. Casque suppresseurs de bruits.

RSF. Merde à la démocratie. Partez en vacances en Thaïlande.

MARTEL Cognac. Le même plaisir depuis 1715.

CASA. Quand il contrôle votre vie, ce n'est plus votre vie.

ALLIANZ. Ça sonne tellement bien, j'adoooore...

LEGO. Imaginez.

DHL Express. Vos colis plus rapidement.

RIPOSA matelas suisses. Rechargez vos batteries.

Atelier

Les procédés littéraires

Cette fiche est consacrée aux procédés littéraires

Observation

1. Identifiez les figures de style utilisées dans les expressions suivantes : c'est du propre ! ; aimable comme une porte de prison ; être dans le pétrin ; le meilleur ami de l'homme ; les maths ne sont pas son fort ; un verre de champagne ; se noyer dans un verre d'eau ; un malentendant.

2. Dans les images ci-contre, indiquez quelle figure de style est utilisée.

3. Inventez des slogans publicitaires en tenant compte des contraintes suivantes :

- un parallélisme et une hyperbole pour un téléviseur ;

- une gradation et une anaphore pour une fédération sportive ;

- une antithèse et une métaphore pour une campagne de prévention routière (alcool, vue, fatigue).

Journée mondiale contre la maladie d'Alzheimer.

Sans.

Halloween vient au zoo d'Adélaïde.

Rester ensemble. Goodyear.

E. Leclerc obscur.

Nous avons besoin de plus de guides. Soutenez le centre belge de chiens guides.

Weightwatchers

Payez moins, voyagez plus. Promovacances.

Plus coupant que vous ne pensez. Le couteau Grand Gourmet WMF avec lame en acier damas.

Beijing Sports Radio. Écoutez-le en direct.

Moderne depuis 1963. Andy dessiné en 1962.

Vous rêvez de vacances ? Voyages Kielo.

Tout le monde mange végétarien. HILTL.

Un angle n'est pas suffisant. Caméra avec zone de vision à 360° Volkswagen.

Atelier

Brouillons

Observation

1. D'après les exemples ci-contre, quels sont les différents types de brouillons qui existent ?

2. Quelle est l'utilité de ces types de brouillons ?

Georges Perec, "Cahier des charges" de La Vie mode d'emploi (paru en 1978).

Georges Bataille, Les Larmes d'Éros, Notes, avant 1962.

Émile Zola, notes prises en préparation de L'Assommoir (paru à partir de 1876).

Blaise Pascal, Pensées, Manuscrit autographe, 1656-1662

Émile Zola, généalogie des Rougon-Macquart.

Gustave Flaubert, plan général de Madame Bovary, 1851.

Gustave Flaubert, manuscrit de La Légende de saint Julien l'Hospitalier (1875-1877).

Louis Aragon, manuscrit d'Aurélien (paru en 1944).

Honoré de Balzac, La Femme supérieure, 1re partie, Manuscrit autographe et épreuves corrigées, mai-juin 1837

Atelier

Prises de notes

Oral

Lorsqu'on parle de prise de notes, à quoi pensez-vous ?

Pistes

Observation

1. Quels types de prise de notes pouvez-vous distinguer ?

2. À quoi servent, selon vous, ces différents types de prise de notes ?

Application

1. A partir d'un support audiovisuel d'une dizaine de minutes, par exemple un journal télévisé, prenez des notes sur une feuille volante.

2. Prenez des notes sur le support écrit qui vous est donné.

Atelier

Sketchnoting

Observation

Le sketchnoting est une technique récente qui permet une prise de notes plus agréable et plus efficace.

À l'aide de quelques outils simples (typographie, structure, pictogrammes, couleur, bannières et puces), il permet de mettre en forme visuellement les notes.

Application

1. Dessinez le mot 'typographie' de quatre façons différentes.

2. Encadrez le mot 'BANNIÈRE' avec une bannière.

3. Créez des pictogrammes simples en vous inspirant d'objets ordinaires (v. tableau ci-contre).

4. Dictée : dessinez des pictogrammes à partir des mots qui vous sont proposés.

Pistes

Image originale Image simplifiée Image originale Image simplifiée

5. Illustrez par des pictogrammes chacun des points suivants :

I. Le sketchnoting, pourquoi ?

Le sketchnoting permet

- de visualiser ce qu'on doit retenir

- de renouer avec une activité manuelle

- de s'amuser et d'être actif

6. Hiérarchisez visuellement les éléments suivants :

II. Le sketchnoting, comment ?

1. La typographie et les bannières

2. La structure

3. Les illustrations

a. Les flèches et les puces

b. Les pictogrammes

c. Les ombres et les couleurs

III. Le sketchnoting, où et quand ?

1. En cours, pour prendre des notes

2. Pendant les exercices, pour réfléchir

3. Chez soi, pour faire des fiches de révision

Atelier

Exercices théâtraux

Pratique

Les exercices suivants visent à aider les joueurs à pratiquer la voix, les gestes, les déplacements, en groupe, à deux, seuls.

Le corps et les gestes

LES MIMES : Les joueurs doivent faire deviner les personnages/les lieux/les objets/les animaux/les émotions qui sont notés sur des morceaux de papier.

LE TABLEAU : Les différents joueurs tentent de reproduire une image célèbre en adoptant les positions des personnages.

Les déplacements

LA DÉAMBULATION : les joueurs déambulent dans l'espace. L'animateur donne des indications : marcher comme un vieillard, comme un aveugle, comme un pingouin, comme un chat, sur un fil, dans la neige, blessé, en touriste, perdu, pressé, sous une chaleur de plomb, dans le froid, etc.

LA STATUE DE SEL : les joueurs déambulent dans l'espace. Au signal, ils se figent, ils s'organisent (en formant un dégradé de couleur, par taille croissante, etc.)

LES ENTRÉES : Les personnages entrent dans une salle en mimant les émotions ou les sensations indiquées.

LA SALLE D'ATTENTE : les joueurs arrivent un à un dans une salle d'attente. Chaque joueur, en entrant, prend le temps de regarder autour de lui, et de choisir une place. Les joueurs déjà assis échangent des regards.

La voix

Les VIRE-LANGUES permettent de travailler l'articulation.

LE TEXTE ÉMU : quelques lignes seront lues en variant le volume, le débit, l'intonation (triste, révolté, inquiet, content).

LE DIALOGUE DE SOURDS : deux lecteurs lisent chacun un texte différent. Chaque fois que l'un a fini une phrase, l'autre prend la parole.

Improvisation

Une fois le groupe à l'aise, on peut passer à des exercices d'improvisation, en faisant accepter deux principes :

- accepter l'erreur ; en improvisation, "it's fun to fail"

- rester à l'écoute : "50% sur soi, 50% sur autrui"

À PLUSIEURS À DEUX SEUL
LE CORPS ET LES GESTES

LE BALLON : Les joueurs sont en cercle. L'animateur fait mine de lancer une balle à l'un des joueurs en disant son nom. À chaque passe, on lance en disant le nom de la personne. On peut faire un match de Volley.

LE MIROIR : Un joueur fait ce qui lui passe par la tête. L'autre est son reflet dans le miroir.

LE PANTIN : un marionnettiste fait bouger sa marionnette.

LA PAROLE

LE DOUBLAGE : pendant qu'un film est projeté, les élèves font la bande-son, et en particulier les dialogues.

L'INTERROGATOIRE : Un policier inflige un interrogatoire à un suspect. Les questions sont sans rapport les unes avec les autres. Le suspect doit répondre de façon convaincante.

LE VENDEUR : l'animateur donne un objet quelconque au joueur, qui doit s'improviser camelot.

LES GESTES ET LA PAROLE

LE DOUBLAGE 'LIVE' : les joueurs font le son et l'image. Chaque joueur sur scène est doublé par un autre joueur assis au bord chargé d'être sa voix.

LES PHOTOS DE VACANCES : Un joueur prend la pose pour qu'on voit une photo de vacances. L'autre raconte le contexte de la photo. Un son marque le passage d'une photo à une autre.

Ressources

Vire-langues

Son sage chat, son sage chien, son sage singe.

Trois petites truites cuites, trois petites truites crues.

Que lit Lili sous ces lilas-là ? Lili lit l’Iliade.

Je veux et j’exige d’exquises excuses du juge. Du juge, j‘exige et je veux d‘exquises excuses.

Aglaé glisse gracieusement sur la glace glauque du Groenland.

Donnez-lui à minuit huit fruits cuits ou huit fruits crus.

Trois très gras rats gris dans trois très gros trous creux.

Ces saucissons-ci sont si secs qu’on ne sait si c’en sont !

Je veux et j'exige du jasmin et des jonquilles.

Je vais chez ce Serge si sage et si chaste.

Doit-on dire : seize sèches chaises ou bien seize chaises sèches ?

Le fisc fixe et exige chaque taxe fixe et excessive exclusivement au luxe et à l'exquis.

Mimes
la peur la douleur le bonheur la colère
la tristesse la gentillesse la haine le mépris
le vendeur le plombier le cuisinier le chirurgien
le serveur la danseuse la secrétaire l'éboueur
à l'hôpital au cirque dans une cellule de prison dans un stade
au supermarché dans l'ascenseur sur la lune sur un bateau
une veste de smoking une machine à laver une pizza des patins à glace
une noix de coco un dictionnaire un flipper un four à micro-onde
un hippopotame un pigeon une pieuvre un crabe
un loup un caméléon une coccinelle un crapaud
Tableaux

Ressources

Vers l'écriture

Mise en place

Le nombre de participants : pas plus de 15, pour avoir un temps d'écoute.

La disposition des places : contrainte, un garçon / une fille (on est plus libre avec des inconnus autour de soi).

Les règles de base : jamais d'attaque personnelle. Aucun dialogue pendant le temps d'écriture. Chacun est libre de lire ou pas, d'écrire ou pas. L'enseignant doit écrire lui aussi.

1. Textes à démarreur.

Définition

"Je me souviens de Reda Caire". Ainsi commence le livre de Georges Perec, Je me souviens. Suivent près de cinq cents souvenirs. Ce livre est donc une longue liste, et aussi un long poème. La liste est exploratoire, systématique, mais jamais exhaustive.

Systématisation : Tous les démarreurs sont autorisés. Citons-en quelques-uns :

Je me souviens...

Je sais que...

Je me demande si...

Ce dont je suis fier, c'est...

La première fois que...

www.oulipo.net

2. Descriptions.

Faites circuler une photo en noir et blanc (un cliché de Doisneau, par exemple) et demandez aux participants d'écrire ce qui leur passe par la tête au sujet de cette photo.

Vous pouvez proposer de commencer par : "Ce qui m'étonne/me touche dans cette photo, c'est..."

Variante : Décrivez un objet que vous avez devant vous (trousse, crayon, table, etc.).

3. Réincarnation

Demandez à chacun de choisir quelque chose ou quelqu'un qu'il va habiter : humain, animal, végétal, insecte, bactérie, corps céleste, objet...

Je vis dans un puits. Je vis comme une fumée dans un puits, comme un souffle dans une gorge de pierre. Je ne bouge pas. Je ne fais rien, qu'attendre. Au-dessus de ma tête j'aperçois les froides étoiles de la nuit et les étoiles du matin et je vois le soleil. Parfois je chante de vieux chants de ce monde au temps de sa jeunesse. Comment dire ce que je suis, quand je l'ignore ? J'attends, c'est tout. Je suis brume, clair de lune, et souvenir. Je suis triste et je suis vieux. Parfois je tombe vers le fond comme des gouttes de pluie. Alors des toiles d'araignées tressaillent à la surface de l'eau. J'attends dans le silence glacé ; un jour viendra où je n'attendrai plus.

R. Bradbury, Chroniques martiennes, 1950.

Il s'agit d'écrire, étape par étape, en se plaçant à l'intérieur de l'être choisi, et en essayant de brouiller un peu les pistes, de ne pas faire trop vite deviner l'être choisi :

  • qu'est-ce que je perçois où je suis ?
  • qu'est-ce que je fais ?
  • qu'est-ce que je vais faire ?

4. Notice explicative

a. Rédigez une notice explicative permettant de réaliser quelque chose (recette de cuisine, didacticiel, etc.).

b. Variante : Rédigez une notice explicative permettant de rater à coup sûr quelque chose, comme le livre de P. Watzlawick, Faites vous-même votre malheur, parodie des livres de conseils pratiques.

Atelier

Les genres de la presse

Oral

1. a. Suivez-vous plutôt l'actualité à la télé/à la radio/sur Internet/sur papier ?

b. Lisez vous souvent/quelquefois/rarement la presse ?

c. Préférez-vous les journaux régionaux/nationaux/internationaux ?

2. Quels sont les différents genres de la presse ? Nommez-les et indiquez leurs caractéristiques

3. Dans le tableau ci-contre, identifiez les genres évoqués et justifiez votre choix.

Recherche

1. Trouvez, dans la presse récente, un exemple de trois de ces genres.

2. En rassemblant les exemples de chaque genre, indiquez de façon précise la façon dont ce type d'article est écrit.

Prolongement

Imaginez et écrivez un article (reportage, interview, portrait) en vous appuyant sur un personnage ou une situation d'un roman lu récemment.

L'énigme d'un virtuose du piano qui ne parle pas

LONDRES - Un homme élégamment habillé, qui a été retrouvé errant dans un costume trempé près d'une plage anglaise, a déconcerté la police et les médecins par son silence énigmatique et sa virtuosité au piano.

L'homme, vêtu d'un costume-cravate noir de soirée, a été retrouvé le 8 avril dernier par la police du Kent et transféré dans une unité psychiatrique où il a été impossible de l'identifier à cause de son silence persistant. C'est seulement après qu'on lui a remis un stylo et une feuille de papier que les médecins ont décelé un indice troublant sur son passé quand il a dessiné une image complexe d'un piano à queue. Il a ensuite été conduit à la chapelle de l'hôpital où il a joué de la musique classique au piano pendant des heures.

Cependant, en dépit du fait que son signalement ait été publié sur le National Missing Persons Helpline (NMPH), le site web des personnes disparues, personne n'est venu l'identifier.

"Très peu de choses sont connues sur lui puisqu'il ne parle pas au personnel médical de l'hôpital où il a été admis, mais il est doué pour jouer de la musique classique au piano", a déclaré un porte-parole de NMPH.

Selon les journaux, les autorités ont été contactées par des gens qui ont signalé avoir vu l'homme donner des concerts à travers l'Europe.

Le Daily Telegraph a indiqué que l'homme, âgé de 20 à 30 ans et qui souffre probablement d'un traumatisme mental, pourrait être anglais. Son histoire rappelle celle du film "Shine", récompensé par un Oscar en 1996 et dans lequel l'acteur australien Geoffrey Rush incarne le pianiste David Helfgott, qui a surmonté une attaque nerveuse pour rejouer sur scène.

lundi 16 mai 2005 (Reuters - 17:47)

Joseph Stiglitz : "L'Union européenne est en train de détruire son avenir"

Propos recueillis par Marie Charrel.

Pourfendeur des politiques d'austérité en Europe, le Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz travaille depuis des années sur les causes des inégalités économiques aux Etats-Unis et sur leurs conséquences, à la fois politiques et sociales. Le 2 septembre, il publie un nouvel ouvrage sur le sujet, La Grande Fracture, aux éditions Les liens qui libèrent. Rencontre.

Vous expliquez dans votre ouvrage que les inégalités sont à l'origine de la crise de 2007. Pourquoi freinent-elles aujourd'hui la reprise ?

D'abord, parce qu'elles sont souvent le résultat de rentes et de monopoles paralysant l'économie. Mais, surtout, parce que les inégalités forment un terrible piège. Pour les Américains des classes populaires disposant d'une mauvaise couverture santé et qui ont difficilement accès à l'éducation, l'ascenseur social ne fonctionne plus. Ils ont peu de chance de voir leurs revenus augmenter. Or, sans hausse des revenus, il n'y a pas de hausse de la consommation, ce qui affaiblit la croissance.

Avant la crise des subprimes, les dépenses des ménages américains étaient artificiellement — et dramatiquement — gonflées par le crédit. Maintenant que ce levier a disparu, nous constatons les ravages provoqués par les inégalités. Elles sont incompatibles avec une croissance saine.

Le Monde | 01.09.2015.

Charniers de Tchétchénie

Le 2 octobre 1999, Les troupes russes entraient dans la petite République rebelle. Trois ans plus tard, la guerre continue et les fosses communes livrent leur horrible secret.

Les femmes, en longues jupes et foulards, s'étreignent, en pleurs. Un sanglot déchirant s'élève au-dessus du hameau de Krasno stepnovskoe, sovkhoze laitier blotti au creux de la steppe ondulante qui s'étire à l'ouest de Grozny. Les corps de quatre hommes du village, enlevés par des soldats russes à 3 heures du matin, le 13 mai 2002, viennent d'être retrouvés. Torturés, ensanglantés, méconnaissables.

Le charnier, qui contiendrait une quinzaine de dépouilles, a été trouvé à la frontière avec l'Ingouchie, près du village de Goragorsk, à proximité d'un poste de l'armée russe. Des paysans tchétchènes, le visage figé, arrivés dans un minibus brinquebalant, se joignent à la famille pour la veillée funéraire. Debout, les mains tournées vers le visage, dans le geste de la prière musulmane, les habitants se recueillent.

Le 8 septembre, la découverte du charnier a été rendue publique. Des corps étaient identifiés. Dans cette guerre qui dure depuis trois ans, avec l'entrée des troupes russes dans la République indépendantiste le 2 octobre 1999, la diffusion d'une telle information ne va pas de soi. Une chape de silence recouvre la plupart des événements en Tchétchénie, territoire de la taille de deux départements français, fermé au monde extérieur, où ni les journalistes ni les membres d'organisations humanitaires n'ont le droit de circuler librement. Les autorités russes veulent strictement limiter l'accès de témoins indésirables.

Natalie Nougayrède, Article paru dans Le Monde du 1er octobre 2002

"Les Mille et Une Nuits, vol. 3, L'Enchanté " : la nuit tombe sur le Portugal de Miguel Gomes

L'avis du "Monde" – à ne pas manquer

C'est le troisième volet d'un feuilleton cinématographique estival qui constitue une des expériences les plus singulières dans l'histoire du cinéma. L'Enchanté vient clore une tentative unique, une manière de demander au cinéma le meilleur de ce qu'il peut donner, lorsqu'il refuse de s'enfermer dans des catégories existantes, essayant plutôt de toucher au cœur de sa nature essentielle : une vision, des histoires et un enregistrement du monde.

Le film calque son principe sur celui des Mille et Une Nuits, soit un enchevêtrement de récits narrés, guidé par l'urgence et la survie. Shéhérazade (Crista Alfaiate) ne doit, sous peine de succomber, cesser de raconter tous les jours un récit nouveau, continuer celui de la veille ou s'engouffrer dans une digression qui prolonge le pur plaisir de la fiction.

C'est l'état du monde réel, celui d'un Portugal confronté à la crise économique et à une politique d'austérité, qui a déterminé ce projet de Miguel Gomes, un contexte que l'auteur de Tabou, sorti en 2012, va commenter d'une manière très particulière. Car le présent de l'histoire contemporaine du Portugal en particulier, et de l'Europe du Sud en général, y est soumis à un traitement original.

Moment magique

Récits légendaires, chroniques, plongée documentaire, phrases écrites s'inscrivant sur l'image, tout cela, qui nourrit six heures de projection, ne se réduit pas, justement, à des figures de rhétorique qui diraient, de manière...

Jean-François Rauger, Le Monde | 25.08.2015.

Réfugiés : une photo pour ouvrir les yeux

Il s'appelle Aylan Kurdi, il est âgé de 3 ou 4 ans. Un petit corps sans vie échoué sur une plage turque. C'est un enfant syrien qui fuyait la guerre, avec sa famille. Ils voulaient gagner l'Europe, en l'espèce la Grèce, par la Turquie. Leur embarcation comptait au moins onze personnes à bord. Elle a sombré quelque part au large de l'île de Kos. La mer a rejeté certains des corps sur une plage turque. Et, un peu à part, tout seul, celui de ce petit bonhomme en tee-shirt rouge et pantalon bleu, qui restera comme l'emblème de cet afflux migratoire sans précédent que nous ne voulons pas voir. Ou pas assez.

Le Monde a déjà publié des photos d'enfants morts, notamment lors de l'attaque chimique d'un quartier de Damas par la soldatesque de Bachar Al-Assad en 2013. Nul voyeurisme, nul sensationnalisme, ici. Mais la seule volonté de capter une part de la réalité du moment.

Cette photo, celle de l'enfant, témoigne très exactement de qui se passe. Une partie du Proche-Orient s'effondre à nos portes. Des Etats qui étaient des piliers de la région se décomposent – la Syrie et l'Irak, notamment. Les pays voisins immédiats croulent sous une masse de réfugiés qui représentent souvent près du quart de leur population – en Jordanie et au Liban. Ces Etats-là, si l'on n'y prend garde, vont commencer à vaciller à leur tour.

Jérôme Fenoglio, directeur du "Monde", Le Monde | 03.09.2015.

Liberté de la presse
Nécessité

Il en va des journalistes comme des canaris que les combattants gardaient avec eux dans les tranchées de la Première Guerre mondiale pour déceler l'arrivée de gaz toxiques. Qu'ils s'arrêtent de chanter, c'est le signe certain que la liberté est en train d'être asphyxiée ou étranglée.

Le rapport annuel de Reporters sans frontières montre que la situation ne s'améliore pas sur la planète médias, à l'aune de la liberté d'informer. La carte qu'ils dressent de la répression contre les journalistes est aussi celle du non-droit, de l'absence de liberté et de démocratie dans le monde.

Le développement des médias et la mondialisation de l'information, en accroissant le nombre des journalistes et de situations qu'ils couvrent, entraînent mécaniquement toujours plus de victimes dans la profession. D'autant que l'information est perçue, encore plus que par le passé, comme un enjeu de pouvoir. Et que ceux qui la transmettent sont traités comme des pions dans les conflits où ils plongent pour donner une voix à ceux qui n'en ont pas, et établir les faits que dissimulent les nuées de la propagande et le brouillard de la guerre.

Par Patrick SABATIER, mardi 03 mai 2005, Liberation

William Blacker, gentleman tsigane

Tombé amoureux d'une tsigane et d'une campagne qui lui rappelle les romans du XIXème siècle, l'écrivain et journaliste britannique William Blacker vit la moitié de l'année avec les paysans de Transylvanie. Portrait d'un homme entre deux mondes.

Dans un village de Transylvanie, près de Sighisoara, les gens se rassemblent chaque soir dans la seule taverne du coin, attendant le retour du bétail des pâturages. Des Roumains, quelques Saxons et plusieurs Tsiganes se prélassent sur des caisses de bière vides. Quelques jeunes dansent sur une mélodie qu'on entend en sourdine. Soudain, les petits arrêtent de jouer et courent vers un homme qui s'approche sur un vélo: "M'sieu Uiliameeee m'sieu Uiliameeee !!!". L'homme, qui porte un béret blanc et des lunettes rondes, leur sourit. Un murmure s'échappe : "L'Anglais est venu voir sa Tsigane". Le nom du nouvel arrivant est William Blacker. Il est né il y a 46 ans quelque part dans le sud de l'Angleterre, mais s'est profondément enraciné en Transylvanie, région qu'il a connue par hasard. Il y vit depuis neuf ans et a un enfant âgé de 3 ans et demi qu'il a eu avec une jeune Tsigane du village.

Il fait depuis longtemps partie des lieux, parle le roumain presque sans faute. Une journée de sa vie à la campagne n'est pas du tout semblable à celle de ses amis en Angleterre. Il travaille le champ parmi les Tsiganes, coupe l'herbe à la faux ou répare la chaux des anciennes maisons saxonnes. Le soir, il joue aux échecs avec les anciens du village. Parfois, Blacker rend visite à son ex-petite amie, Marishka, la petite Tsigane pour laquelle il a emménagé ici : "Au retour d'un voyage en Angleterre, je l'ai trouvée enceinte. Au début je pensais qu'il n'était pas de moi, mais comme vous le voyez, nous nous ressemblons comme deux gouttes d'eau", dit William en enlaçant Constantin, qui a hérité de son sourire et de ses yeux bleus. Le petit vit avec sa mère dans la maison de cette famille de musiciens, à quelques minutes de la maison de Blaker.

De Berlin à Satu Mare

"J'ai foulé pour la première fois le sol roumain quelques jours seulement après la révolution de décembre 1989. J'avais quitté l'Angleterre avec le projet de visiter Berlin, le Mur venait de tomber", raconte l'Anglais. Les informations à la télé sur la révolution roumaine et la lecture d'articles sur les célèbres monastères peints de Moldavie ont suffi à l'attirer plus à l'est : la Tchécoslovaquie, la Hongrie et, de là, la Roumanie. Il passe la nuit à Satu Mare [grande ville de la région de Maramures, dans le nord du pays], dans un hôtel sans électricité. "Il y avait des chevaux et des charrettes sur la place centrale de la ville. J'ai pensé que le monde devrait ressembler à cela". En tant que journaliste et écrivain, le Britannique avait déjà connu l'Inde et des pays d'Amérique du Sud, mais la Roumanie l'a fasciné comme aucun autre pays. "J'avais lu les romans de Thomas Hardy et Tolstoï et quand je suis arrivé en Roumanie, je me suis dit:"Wow, je peux maintenant voir tout cela de mes propres yeux".

En 1996, ne voulant plus seulement observer la vie des paysans, mais vivre comme l'un d'eux, William Blaker emménage près de Satu Mare, "avant que l'Occident n'arrive ici aussi." Durant les quatre années de vie au milieu de paysans de Maramures, il assiste aux mariages, aux funérailles, aux fêtes, à la mise à mort des cochons: "J'ai souffert, j'ai pleuré, j'ai ri". Blacker a toujours été attiré par la vie des Tsiganes de Transylvanie. Dans son livre, qui vient de paraître en Angleterre, Along the Enchanted Way: A Romanian Story [Sur la route enchantée : une histoire roumaine; éd. John Murray], il décrit les Tsiganes comme le peuple du "dolce far niente", des gens qui savent divinement chanter et danser et qui considèrent que la vie est trop courte pour la passer à suer sans relâche. Pendant un bon moment, l'Anglais a fait de nombreux allers-retours entre Maramures et le village de Transylvanie où il vit aujourd'hui. Sa vie dans le village Halma (nom fictif qui paraît dans le livre) a des relents de feuilleton télé. Il a écrit un article sur la situation dramatique des maisons saxonnes laissées à l'abandon par des habitants d'origine allemande partis dans les années 1990 et a obtenu des dons pour leur rénovation. A cette époque il dirigeait la fondation de protection du patrimoine "Mihai Eminescu", [du nom d'un grand poète roumain] financée par le prince Charles.

Ce n'est que plus tard qu'il a connu Marishka et qu'ils ont emménagé dans une maison saxonne. Marishka n'avait fait que ses classes de primaires et lui est diplômé d'une prestigieuse université d'Angleterre mais peu importe. Il l'a encouragée à lire. "Je lui ai donné une copie en roumain d'Orgueil et Préjugés. Après quelques jours, elle faisait déjà des commentaires : 'Ce Darcy est si arrogant !' me disait-elle. Mais le volume s'amincissait chaque jour. Elle utilisait les pages lues pour allumer le feu !" Marishka et William ne se sont jamais mariés. Mais ils se sont heurtés à la méchanceté de certains habitants du village roumain qui ont tenté d'éloigner Blacker de la "racaille de la société". Aujourd'hui, ces jours semblent être oubliés. Les esprits se sont calmés et tous parlent de lui en bien. "C'est un homme merveilleux. Il ne s'est jamais méfié des Tsiganes", dit de lui Marishka.

Vingt ans après, son choix de vivre dans un pays de l'ex bloc communiste ne semble plus excentrique. Blacker se demande parfois ce que sera la vie de son fils parmi les Tsiganes : "Mon fils est moitié Tsigane, moitié Anglais. Je suis heureux qu'il vive ici, pour l'instant". Il se souvient de la réaction de ses parents quand il a décidé de vivre avec les Tsiganes : "Ils n'étaient pas transportés de joie. J'avais 30 ans et ils voulaient que j'aie un emploi décent. J'ai dû expliquer plusieurs fois que je me sentais bien ici, tout simplement. C'est le bon endroit pour moi. Mon enfance dans le sud de l'Angleterre, à la campagne explique peut-être ce choix. Je voulais vivre de nouveau dans un bel endroit."

Andreea Pocotila, Romania Libera (Bucarest), 21 juillet 2009.

Ressources

Pour réviser en fin d'année

Time's up

Les joueurs sont par équipes de 3-4. Quand c'est leur tour, un des joueurs essaie de faire deviner au reste de l'équipe. Les autres équipes ne disent rien. Chaque carte devinée vaut un point.

Première manche

On parle*.

On peut proposer des réponses jusqu'à ce qu'on trouve la bonne.

On ne passe pas de cartes.

Deuxième manche

On dit un mot*.

Une seule réponse autorisée.

On peut passer.

Troisième manche

On mime.

Une seule réponse autorisée.

On peut passer.

* Interdiction de dire le mot, un mot de la même famille, un mot qui se prononce de la même façon.

Les figures de style

métaphore métonymie antiphrase périphrase
euphémisme hyperbole litote allégorie
personnification antithèse oxymore chiasme
répétition accumulation gradation parallélisme
paronomase assonance comparaison allitération

Fiche

Matrices

Exemple de plan pour la lecture analytique

"Analyse : action de décomposer un tout en ses éléments constitutifs. Examen souvent minutieux qui tente de dégager les éléments propres à expliquer une situation, un sentiment, une idée."

Le commentaire littéraire est une forme rédigée de lecture analytique.

Note

* Comment l'auteur a-t-il formulé son propos : on attend des connaissances linguistiques ou littéraires.

** Pourquoi a-t-il choisi cette forme ?

I. ...

Argument (une phrase complète) 0.5 point Explications (non rédigées, phrases incomplètes) 0.5 point Citations + analyse* + interprétation** (non rédigées) 1.5 point
1.

C :


A :


I :


2.

C :


A :


I :


3.

C :


A :


I :


II. ...

Argument (une phrase complète) 0.5 point Explications (non rédigées, phrases incomplètes) 0.5 point Citations + analyse* + interprétation** (non rédigées) 1.5 point
1.

C :


A :


I :


2.

C :


A :


I :


3.

C :


A :


I :


Exemple de plan pour la réflexion littéraire

La dissertation est une forme rédigée de réflexion littéraire.

I. ...

Argument (une phrase complète) Explications (non rédigées, phrases incomplètes) Références précises / contexte / commentaire (non rédigées)
1.
2.
3.

II. ...

Argument (une phrase complète) Explications (non rédigées, phrases incomplètes) Références précises / contexte / commentaire (non rédigées)
1.
2.
3.

Atelier

Scénographies

Invention

Imaginez une scénographie possible soit sous forme d'esquisse, soit sous forme de maquette, en vous inspirant des exemples ci-contre.

Vos choix seront justifiés.

Marguerite Rousseau, projet de scénographie pour Intérieur, de Maurice Maeterlinck, 1999-2001.

Marguerite Rousseau, projet de scénographie pour Homme et galant homme, de Eduardo de Filippo, 1999-2001.

Adolphe Appia, scénographie pour Orphée et Euridyce de Glück, Hellerau, 1912.

Lucio Fanti, scénographie pour En attendant Godot de Samuel Beckett, Théâtre de Gennevilliers, 2002.

Samuel Poncet, scénographie pour La Leçon de Ionesco, TNP de Villeurbanne, 2014.

Jacques Gabel, scénographie pour Chat en poche, Théâtre Le Quai, Angers, 2015.

juin 2017 - 1S2

Planning de révisions

Pour l'écrit

Vendredi 9 juin - L'argumentation - Est-il bon ? Est-il mauvais ?
  • TEXTES : relire les textes étudiés sur l'argumentation (v. séquence 01) et les analyses proposées en cours, qu'il s'agisse de lectures analytiques ou de corpus
  • CONNAISSANCES : revoir le classicisme, l'absurde (v. mouvements littéraires), et l'argumentation (v. fiche donnée en cours)
  • PROBLÉMATIQUES : revoir les sujets de réflexion abordés en cours : 1. La littérature peut-elle changer l'homme ? 2. Une locution latine affirme que "l'homme est un loup pour l'homme" ; êtes-vous d'accord ?
  • MÉTHODES : revoir la méthode de la question de corpus (fiche donnée en cours) et relire les corrections données en cours (question de corpus sur les cas de conscience et correction du commentaire sur La Peste)
Samedi 10 juin - La poésie - Une saison en enfer
  • TEXTES : relire les textes étudiés sur la poésie (v. séquence 02) et les analyses proposées en cours, qu'il s'agisse de lectures analytiques ou de corpus ; relire Le Miroir et le masque
  • CONNAISSANCES : revoir la Pléiade, le romantisme, le Parnasse, le symbolisme, le surréalisme (v. mouvements littéraires), et la poésie (v. fiche donnée en cours)
  • PROBLÉMATIQUES : revoir les sujets de réflexion abordés en cours : 1. Faut-il comprendre la poésie ? 2. Qu'est-ce que la poésie, une science ou une "alchimie du verbe" ?
  • MÉTHODES : revoir la méthode du commentaire (fiche donnée en cours) et relire les corrections données en cours (question de corpus sur l'échec en poésie et correction du bac blanc)
Lundi 12 juin - Le roman - Le Comte de Monte-Cristo
  • TEXTES : relire les textes étudiés sur le roman (v. séquence 03) et les analyses proposées en cours, qu'il s'agisse de lectures analytiques ou de corpus
  • CONNAISSANCES : revoir le roman (v. fiche donnée en cours) et les figures de style
  • PROBLÉMATIQUES : revoir les sujets de réflexion abordés en cours : 1. La littérature populaire est-elle seulement un divertissement sans réelle valeur littéraire ? 2. Les héros de roman sont-ils nécessairement des personnages extraordinaires ?
  • MÉTHODES : revoir la méthode de l'invention (fiche donnée en cours) et relire les corrections données en cours (question de corpus sur le surhomme).
Mardi 13 juin - Le théâtre - L'Illusion comique
  • TEXTES : relire les textes étudiés sur le théâtre (v. séquence 04) et les analyses proposées en cours, qu'il s'agisse de lectures analytiques ou de corpus
  • CONNAISSANCES : revoir le baroque (v. mouvements littéraires), et le théâtre (v. fiche donnée en cours)
  • PROBLÉMATIQUES : revoir les sujets de dissertation abordés en cours : 1. Le théâtre n'est-il qu'un simple divertissement ou bien nous montre-t-il la vraie nature du monde ? 2. "Le vrai public ne comprend pas, il ressent... Ceux qui veulent comprendre au théâtre sont ceux qui ne comprennent pas le théâtre." ; êtes-vous d'accord ?
  • MÉTHODES : revoir la méthode de la dissertation (fiche donnée en cours) et relire les corrections données en cours (commentaire de la dernière scène)
Mercredi 14 juin

On utilisera cette dernière journée pour finir les révisions qu'on n'a pas eu le temps de finir les jours précédents, et pour se détendre.

Jeudi 15 juin - Épreuve écrite
Vendredi 16 juin - L'argumentation - Est-il bon ? Est-il mauvais ?
  • MULTIMEDIA : écouter la plaidoirie de Maître Leclerc lue par le comédien Philippe Laudenbach dans "Les coulisses du condamné" 5/5 : Le procès Courjault (France Culture)
  • ORAL : relire à haute voix les 15 premières lignes des textes étudiés en lecture analytique sur l'argumentation (séquence 01)
  • TEXTES : relire les textes étudiés en lecture analytique, les fiches élaborées ainsi que les corpus
  • CONNAISSANCES : vérifier le sens des mots plaidoirie, réquisitoire, persuader, convaincre, misanthrope, dilemme, humanisme.
  • PROBLÉMATIQUES : vérifier que vous pouvez expliquer la problématique de la séquence
Samedi 17 juin - La poésie - Une saison en enfer
  • HISTOIRE DES ARTS : observer les toiles d'Odilon Redon
  • ORAL : relire à haute voix les 15 premières lignes des textes étudiés en lecture analytique sur la poésie (séquence 02)
  • TEXTES : relire les textes étudiés en lecture analytique, les fiches élaborées ainsi que les corpus
  • CONNAISSANCES : vérifier ce qu'est un "art poétique" ; relire la définition de poésie, poétique.
  • PROBLÉMATIQUES : vérifier que vous pouvez expliquer la problématique de la séquence
Lundi 19 juin - Le roman - Le Comte de Monte-Cristo
  • MULTIMEDIA : revoir le début du Comte de Monte-Cristo, 1998, sur Youtube
  • ORAL : relire à haute voix les 15 premières lignes des textes étudiés en lecture analytique sur le roman (séquence 03)
  • TEXTES : relire les textes étudiés en lecture analytique, les fiches élaborées ainsi que les corpus
  • CONNAISSANCES : vérifier ce qu'on appelle "littérature populaire", ainsi que les caractéristiques de l'incipit.
  • PROBLÉMATIQUES : vérifier que vous pouvez expliquer la problématique de la séquence
Mardi 20 juin - Le théâtre - L'Illusion comique
  • MULTIMEDIA : revoir au moins quelques passages de L'Illusion comique, sur Youtube
  • ORAL : relire à haute voix les 15 premières lignes des textes étudiés en lecture analytique sur le théâtre (séquence 04)
  • TEXTES : relire les textes étudiés en lecture analytique, les fiches élaborées ainsi que les corpus
  • CONNAISSANCES : vérifier le sens des mots baroque, vanités, memento mori, matamore, mise en abyme.
  • PROBLÉMATIQUES : vérifier que vous pouvez expliquer la problématique de la séquence
Mercredi 21 juin - L'argumentation - Est-il bon ? Est-il mauvais ?
  • MULTIMEDIA : revoir Le Bon, la brute et le truand
  • ORAL : relire à haute voix les 15 premières lignes des textes étudiés en lecture analytique sur l'argumentation (séquence 01)
  • TEXTES : relire les textes étudiés en lecture analytique, les fiches élaborées ainsi que les corpus
  • CONNAISSANCES : reparcourir rapidement Le Misanthrope ou le revoir sur Internet
  • PROBLÉMATIQUES : vérifier que vous pouvez répondre aux questions posées dans les approches d'ensemble
Jeudi 22 juin - La poésie - Une saison en enfer
  • LECTURE CURSIVE : relire le Miroir et le masque
  • ORAL : relire à haute voix les 15 premières lignes des textes étudiés en lecture analytique sur la poésie (séquence 02)
  • TEXTES : relire les textes étudiés en lecture analytique, les fiches élaborées ainsi que les corpus
  • CONNAISSANCES : vérifier que vous pouvez expliquer la vie de Rimbaud et le contexte d'Une Saison en enfer
  • PROBLÉMATIQUES : vérifier que vous pouvez répondre aux questions posées dans les approches d'ensemble
Vendredi 23 juin - Le roman - Le Comte de Monte-Cristo
  • MULTIMEDIA : revoir L'Évadé d'Alcatraz, au moins l'extrait de l'évasion, ainsi que le début de Chicken run
  • ORAL : relire à haute voix les 15 premières lignes des textes étudiés en lecture analytique sur le roman (séquence 03)
  • TEXTES : relire les textes étudiés en lecture analytique, les fiches élaborées ainsi que les corpus
  • CONNAISSANCES : revoir rapidement Certaines n'avaient jamais vu la mer
  • PROBLÉMATIQUES : vérifier que vous pouvez répondre aux questions posées dans les approches d'ensemble
Samedi 24 juin - Le théâtre - L'Illusion comique
  • ORAL : relire à haute voix les 15 premières lignes des textes étudiés en lecture analytique sur le théâtre (séquence 04)
  • TEXTES : relire les textes étudiés en lecture analytique, les fiches élaborées ainsi que les corpus
  • CONNAISSANCES : revoir rapidement Le Songe d'une nuit d'été.
  • PROBLÉMATIQUES : vérifier que vous pouvez répondre aux questions posées dans les approches d'ensemble

Fiche

Suggestions de lecture

Titres possibles

Les livres suivants sont en général assez courts, très variés, et agréables à lire.

Les oeuvres sont classées par genre (roman, théâtre, argumentation et poésie) et par siècle.

XVI XVII XVIII XIX XX XXI

Fiche

Langue française

Test d'aptitude

Cochez la bonne réponse.

1. ... à Marseille, ils ont ... le bateau pour la Corse

  • Arrivé - pris
  • Arrivé - prit
  • Arrivés - pris
  • Arrivés - prit

2. Chaque jour, il ... sa fille, qui étudie ... l'étranger.

  • apelle - a
  • appelle - à
  • appelle - a
  • appele - à

3. Ces échecs successifs ... ont fait perdre tous ... clients.

  • leur - leur
  • leur - leurs
  • leurs - leur
  • leurs - leurs

4. ... arbre a plus de trois ... ans.

  • cet - mille
  • cet - milles
  • cette - mille
  • cette - milles

5. La voiture qu'il a ... est ... en panne le soir même.

  • acheter - tomber
  • acheté - tombé
  • acheté - tombée
  • achetée - tombée

6. Ils ... qu'ils sont ... de réussir

  • croient - près
  • croient - prêt
  • croivent - prêts
  • croivent - près

7. ... le monde connaît ... Martin.

  • Tous - M.
  • Tout - M.
  • Tous - Mr
  • Tout - Mr

8. Parce qu'ils sont ... stressés, les gens sont plus ... aujourd'hui.

  • davantage - aggressifs
  • davantage - agressifs
  • d'avantage - aggressifs
  • d'avantage - agressifs

9. Je vous ... quand j'... ma décision

  • préviendrai - ai pris
  • préviendrai - aurai pris
  • préviendrais - aurais pris
  • préviendrais - aie pris

10. Assieds-toi ... et dis-moi ... qui te ferait plaisir.

  • la - ceux
  • là - ce
  • là - ceux
  • la - se

11. Dans la phrase "Le professeur nous a expliqué succinctement ce chapitre", "succinctement" signifie :

  • longuement
  • en détails
  • brièvement
  • lentement

12. Dans la phrase "Il aimait jeter de la poudre aux yeux", "jeter de la poudre aux yeux" signifie :

  • choquer
  • impressionner
  • inquiéter
  • effrayer

Dictée

Longtemps resté inconnu, Lautréamont est un auteur que les surréalistes ont placé sur un piédestal. Dans son étrange oeuvre intitulée Les Chants de Maldoror, il raconte les aventures d'un être malfaisant nommé Maldoror, qui ressemble davantage à un psychopathe qu'à un héros. L'extrait proposé suit la progression d'un promeneur solitaire dans une rue déserte. Création originale ou collage ? Dans un premier temps, je montrerai que cet extrait est une parodie de roman populaire, puis je m'intéresserai à l'étrange poésie qu'il propose.

Dictée

Dans Les Contemplations, Victor Hugo évoque des sujets très personnels, comme la mort de sa fille Léopoldine. Mais ce recueil est aussi engagé dans son temps. Dans Réponse à un acte d'accusation, le poète raconte ses combats de jeunesse contre des traditions littéraires dépassées. Quelle vision de la poésie Victor Hugo propose-t-il dans cet extrait ? J'étudierai d'abord la peinture d'un monde immobile et divisé puis je montrerai l'action révolutionnaire du poète.

Atelier

Orthographe

Dictées

On distinguera les dictées 'pour apprendre' et les dictées 'pour évaluer'.

Quelques exemples d'exercices :

- dictée dialoguée avec l'enseignant ;

- dictée négociée, à deux, en groupe ;

- dictée avec aides (par exemple des affiches réalisées par les élèves, ou des fiches réalisées au préalable) ;

- dictée traditionnelle ;

- dictée préparée (le texte a été discuté entre élèves et/ou avec l'enseignant) ;

- auto-dictée (le texte a été appris par coeur et est restitué tel quel) ;

- dictée copiée (le texte a été vu quelques minutes auparavant)

Brevet 2017

De temps en temps, je m'arrête, je tourne la tête et je regarde vers le bas de la rue où Paris s'entasse: des foyers éclatants et des taches de ténèbres piquetées de points d'or. Des flammes blanches ou rouges flambent d'en bas comme d'une vallée nocturne où s'est arrêtée la caravane des nomades. Et le bruit : bruit de fleuve ou de foule. Mais les flammes sont fausses et froides comme celles de l'enfer. En bas, dans un de ces parages sombres est ma rue du Dragon, mon hôtel du Dragon. Quel ordre sournois, le soir déjà lointain de ma première arrivée, m'a fait mystérieusement choisir cette rue, cet hôtel au nom dévorant et enflammé ?

Il me serait facile, d'ici, d'imaginer le monstre aux écailles de feu.

Jean Giono, Les Vraies Richesses, 1936

Brevet 2016

Mais il est six heures du soir. La nuit vous entre dans les yeux. On n'a plus que ses mains nues, que toute sa peau offerte à la boue. Elle vous effleure les doigts, légèrement et s'évade. Elle effleure les marches rocheuses, les marches solides qui portent bien les pas. Elle revient, plus hardie, et claque sur les paumes tendues. Elle baigne les marches […], les engloutit : brusquement, on la sent qui se roule autour des chevilles… Son étreinte d'abord n'est que lourdeur inerte. On lutte contre elle, et on lui échappe. C'est pénible, cela essouffle ; mais on lui arrache ses jambes, pas à pas…

Maurice Genevoix, "La Boue", Ceux de 14, 1916.

Brevet 2015

Il n'y avait rien d'autre sur la terre, rien, ni personne. Ils étaient nés du désert, aucun autre chemin ne pouvait les conduire. Ils ne disaient rien. Ils ne voulaient rien. Le vent passait sur eux, à travers eux, comme s'il n'y avait personne sur les dunes. Ils marchaient depuis la première aube, sans s'arrêter, la fatigue et la soif les enveloppaient comme une gangue. La sécheresse avait durci leurs lèvres et leur langue. La faim les rongeait. Ils n'auraient pas pu parler. Ils étaient devenus, depuis si longtemps, muets comme le désert, pleins de lumière quand le soleil brûle au centre du ciel vide.

Jean-Marie Gustave Le Clézio, Désert, 1980.

Brevet 2014

Beaucoup parmi les gens de la résistance passent la plupart de leur temps dans les trains. On ne peut rien confier au téléphone, au télégraphe, aux lettres. Tout courrier doit être porté. Toute confidence, tout contact exigent un déplacement. Et il y a les distributions d'armes, de journaux, de postes émetteurs, de matériel de sabotage. Ce qui explique la nécessité d'une armée d'agents de liaison qui tournent à travers la France comme des chevaux de manège. Ce qui explique aussi les coups terribles qui les atteignent. L'ennemi sait aussi bien que nous l'obligation où nous sommes de voyager sans cesse.

Joseph Kessel, L'Armée des ombres, 1963.

Brevet 2013

Tous les émigrants n'étaient pas obligés de passer par Ellis Island. Ceux qui avaient suffisamment d'argent pour voyager en première ou en deuxième classe étaient rapidement inspectés à bord par un médecin et un officier d'état civil et débarquaient sans problèmes. Le gouvernement fédéral estimait que ces émigrants auraient de quoi subvenir à leurs besoins et ne risqueraient pas d'être à la charge de l'Etat. Les émigrants qui devaient passer par Ellis étaient ceux qui voyageaient en troisième classe […] dans de grands dortoirs non seulement sans fenêtres mais pratiquement sans aération et sans lumière, où deux mille passagers s'entassaient sur des paillasses superposées.

Georges Perec, Ellis Island, 1980

Brevet 2012

Puis, une clameur s'éleva, où l'on distinguait les voix aiguës et les sauts de joie des enfants. Et il y eut une rentrée triomphale : Gervaise portait l'oie, les bras raidis, la face suante, épanouie dans un large rire silencieux ; les femmes marchaient derrière elle, riaient comme elle ; tandis que Nana, tout au bout, les yeux démesurément ouverts, se haussait pour voir. Quand l'oie fut sur la table, énorme, dorée, ruisselante de jus, on ne l'attaqua pas tout de suite.

Emile Zola, L'Assommoir, 1877.

Brevet 2011

Je dois vous dire aussi que j'ai contracté, en captivité, une dette envers les éléphants dont j'essaye seulement de m'acquitter. C'est un camarade qui avait eu cette idée, après quelques jours de cachot - un mètre dix sur un mètre cinquante - alors qu'il sentait que les murs allaient l'étouffer, il s'était mis à penser aux troupeaux d'éléphants en liberté - et, chaque matin, les Allemands le trouvaient en pleine forme, en train de rigoler : il était devenu increvable.

Romain Gary, Les racines du ciel, 1954.

Brevet 2010

La mer est partie si loin qu'elle ne reviendra peut-être plus jamais ?… Si, elle reviendra, traîtresse et furtive comme je la connais ici. On ne pense pas à elle ; on lit sur le sable, on joue, on dort, face au ciel, jusqu'au moment où une langue froide, insinuée entre vos orteils, vous arrache un cri nerveux : la mer est là, toute plate, elle a couvert ses vingt kilomètres de plage avec une vitesse silencieuse de serpent. Avant qu'on l'ait prévu, elle a mouillé le livre, noirci la jupe blanche, noyé le jeu de croquet et le tennis.

D'après Colette, « Partie de pêche », Les Vrilles de la vigne, 1908.

Brevet 2009

Dans les villages, on ne lui donnait guère : on le connaissait trop ; on était fatigué de lui depuis quarante ans qu'on le voyait promener de masure en masure son corps loqueteux et difforme sur ses deux pattes de bois. Il ne voulait point s'en aller cependant, parce qu'il ne connaissait pas autre chose sur la terre que ce coin de pays, ces trois ou quatre hameaux où il avait trainé sa vie misérable. Il avait mis des frontières à sa mendicité.

Maupassant, Contes du jour et de la nuit, 1885.

Brevet 2008

Ce jour-là, ils traînaient le long des chemins et leurs pas semblaient alourdis de toute la mélancolie du temps, de la saison et du paysage. Quelques-uns cependant, les grands, étaient déjà dans la cour de l'école et discutaient avec animation. Le père Simon, le maître, sa calotte en arrière et ses lunettes sur le front, dominant les yeux, était installé devant la porte qui donnait sur la rue. Il surveillait l'entrée, gourmandait les traînards, et, au fur et à mesure de leur arrivée, les petits garçons, soulevant leur casquette, passaient devant lui, traversaient le couloir et se répandaient dans la cour.

Louis Pergaud, La guerre des boutons, 1912.

Brevet 2007

L'homme baissa la tête, ramassa le sac qu'il avait déposé à terre, et s'en alla. Il prit la grande rue. Il marchait devant lui au hasard, rasant de près les maisons, comme un homme humilié et triste. Il ne se retourna pas une seule fois. S'il s'était retourné, il aurait vu l'aubergiste de La Croix-de-Colbas sur le seuil de sa porte, entouré de tous les voyageurs de son auberge et de tous les passants de la rue, parlant vivement et le désignant du doigt, et, aux regards de défiance et d'effroi du groupe, il aurait deviné qu'avant peu son arrivée serait l'événement de toute la ville.

Victor Hugo, Les Misérables, 1862.

Repères