Connaissances

Évaluations

Repère 01

Les figures de style

Les figures de pensée

Elles affectent le sens des mots.

Allégorie

Des sujets abstraits sont évoqués par des images concrètes.

La justice, par exemple, sous la forme d'une femme aux yeux bandés tenant une balance et un glaive.

Antiphrase

Elle exprime explicitement le contraire de ce qu'elle signifie en réalité.

"Bravo !" à quelqu'un qui vient de commettre une maladresse.

Comparaison

Elle met en relation un comparé et un comparant au moyen d'un outil de comparaison (comme, pareil à...).

"Elle est rouge comme une tomate."

Euphémisme

Il consiste en une atténuation de l'expression, pour ne pas heurter.

"Rendre le dernier soupir, s'éteindre, disparaître..."

Hyperbole

Le propos est exagéré afin de paraître plus frappant.

"C'est un géant."

Litote

Elle consiste à dire très peu pour suggérer beaucoup.

"Va, je ne te hais point" (Corneille).

Métaphore

C'est une comparaison dont on a enlevé l'outil.

La métaphore in absentia sous-entend le comparé.

"Cet enfant est un petit démon".

"Ce petit démon a encore cassé un vase."

Métonymie

Elle désigne une chose par une autre : contenant pour le contenu, lieu de production pour le produit...

"Boire un verre", "exposer un Picasso", "une bouteille de Champagne".

Périphrase

Des objets, des lieux, des personnes sont désignés de façon détournée.

Paris : "la capitale de la France".

Louis XIV : "Le Roi-soleil".

Personnification

L'auteur donne à un animal ou un objet des sentiments ou des comportements humains.

"La rue assourdissante autour de moi hurlait." (Baudelaire)

Les figures de construction

Elles jouent sur l'ordre des mots dans la phrase ou dans le texte.

Accumulation

C'est une suite de mots ou de groupes de mots différents.

"Don Fernand, dans sa province, est oisif, ignorant, médisant, querelleux..." (La Bruyère)

Antithèse

C'est une opposition.

"Joyeux, j'ai vingt-cinq ans ; triste, j'en ai cinquante." (Hugo)

Chiasme

C'est une figure de symétrie, qui suit le schéma ABBA.

"Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger" (Molière).

Ellipse

Des éléments qui ne sont pas indispensables à la compréhension sont supprimés.

"Je t'aimais inconstant, qu'aurais-je fait, fidèle ?" (Racine)

Gradation

C'est une accumulation dont les termes suivent une suite logique. Elle peut être ascendante ou descendante.

"Descriptif ! C'est un roc ! c'est un pic ! c'est un cap ! // Que dis-je, c'est un cap ? C'est une péninsule !" (Rostand)

Oxymore

Il associe deux termes normalement contradictoires.

"Cette obscure clarté qui tombe des étoiles" (Corneille).

Parallélisme

C'est la répétition d'une même construction.

"Que la vie est belle ! Que la nature est tendre !"

Répétition

C'est une suite de mots ou de groupes de mots identiques.

"Hélas ! Hélas ! Hélas !"

Les figures de diction

Elles jouent sur la sonorité des mots.

Allitération

C'est la répétition de sons consonnes.

"Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?" (Racine)

Assonance

C'est la répétition de sons voyelles.

"Les sanglots longs / Des violons / De l'automne / Blessent mon cœur..." (Verlaine)

Paronomase

C'est le rapprochement de paronymes, c'est-à-dire de mots différents, mais de sonorités proches.

"Qui se ressemble s'assemble", "Comparaison n'est pas raison".

Repère 02

Mouvements étudiés en seconde

Classicisme

1660-1715.

C. Le Brun, Deux têtes de loups et trois têtes d'hommes en relation avec le loup, XVIIe s.

Origine. Le classicisme est une catégorie forgée a posteriori pour désigner l'esthétique des oeuvres produites pendant le règne de Louis XIV.

Principes. Le classicisme propose un idéal de mesure et de raison. Il faut "plaire et instruire" en s'adressant au public raffiné de la Cour et des salons. C'est dans cette perspective que se comprennent une certain nombre de règles classiques : les trois unités de temps, de lieu et d'action, les bienséances, la vraisemblance. La plupart des écrivains classiques prennent les écrivains antiques (les Anciens) pour modèles et s'efforcent de peindre la nature humaine.

Formes d'expression. Le théâtre, la poésie, la fable, la lettre.

Ecrivains majeurs. Corneille célèbre dans ses tragédies l'héroïsme et la grandeur des modèles antiques. Molière cherche à "corriger les moeurs par le rire" dans ses comédies comme L'Ecole des femmes. Racine, dans des tragédies comme Phèdre, peint les désordres de la passion, avec un regard très pessimiste. Jean de La Fontaine renouvelle complètement le genre didactique de la fable pour en faire un objet d'art. La Bruyère, dans ses Caractères, recueil de maximes et de portraits en prose, peint de façon ironique les moeurs de son temps.

Lumières

XVIII.

Frontispice de L'Encyclopédie, 1751-1766.

Origine. Les Lumières sont un vaste mouvement de pensée européen qui, à la suite de philosophes comme Descartes, s'efforce de comprendre le monde à la seule "lumière naturelle" de la raison.

Principes. Les Lumières se caractérisent par leur confiance dans l'esprit humain et le progrès. L'entreprise de L'Encyclopédie vise ainsi à rassembler toutes les connaissances disponibles. Le mouvement des Lumières lutte de façon souvent militante contre l'obscurantisme et les préjugés. Plaçant au centre de leurs préoccupations la question du bonheur, les écrivains s'interrogent sur les moeurs et s'efforcent de promouvoir un ensemble de valeurs humanistes : la liberté, l'égalité, la fraternité.

Formes d'expression. Le drame bourgeois, le conte philosophique, le pamphlet, le roman.

Ecrivains majeurs. Voltaire se rend célèbre par ses pamphlets et ses contes, destinés à lutter contre toutes les formes d'intolérance, à "Écras[er] l'infâme". Denis Diderot écrit des critiques d'art, des drames bourgeois, des romans parfois licencieux, et dirige la vaste entreprise de L'Encyclopédie. Jean-Jacques Rousseau est l'auteur d'une importante oeuvre musicale (Le Devin du village), philosophique (Essais), politique (Le Contrat social) et littéraire (Julie ou La Nouvelle Héloïse).

Romantisme

Première moitié du XIX.

E. Delacroix, La Liberté guidant le peuple, 1830.

Origine. Le romantisme est un mouvement esthétique européen du XIXe s. Il succède aux Lumières, dont les idéaux se sont heurtés aux réalités de l'Histoire et de la société bourgeoise.

Principes. Les bouleversements d'une histoire chaotique, le dégoût du monde contemporain, bourgeois et prosaïque, conduisent les écrivains romantiques au mal du siècle, au vague des passions. Des écrivains s'orientent vers une introspection douloureuse, d'autres poursuivent un idéal inaccessible. Les règles sont contestées au nom du pouvoir de création de l'artiste.

Formes d'expression. Le théâtre (le drame romantique), la poésie, le roman.

Ecrivains majeurs. François-René de Chateaubriand initie avec Atala et René toute une littérature du roman autobiographique. Au théâtre, Victor Hugo, remet en question les règles classiques avec Ruy Blas ; dans des romans comme Notre-Dame-de-Paris, il met en scène l'Histoire dans une démarche qui associe réflexion et émotion ; en poésie, dans Les Contemplations, il affirme la mission prophétique de l'écrivain romantique.

Réalisme

1830-1865.

G. Courbet, L'Atelier du peintre, 1852.

Origine. Le mot en tant que tel naît avec la revue Réalisme en 1856. Cependant, les caractéristiques du mouvement réaliste sont présentes dès les années 1830, avec certains romans de Balzac.

Principes. Les écrivains se veulent les historiens du présent : ils peignent la société qu'ils ont sous les yeux, souvent pour en dévoiler les dessous. D'où de nombreuses polémiques pour indécence. Ils s'attachent en particulier à peindre la place de l'argent dans la société bourgeoise.

Formes d'expression. Le roman.

Ecrivains majeurs. Honoré de Balzac, avec La Comédie humaine, s'attache à dénombrer les espèces humaines présentes dans la société contemporaine et invente la technique du retour des personnages. Gustave Flaubert, dans Madame Bovary se donne pour tâche de magnifier une réalité médiocre par l'écriture. Stendhal, enfin, donne au narrateur et au point de vue un rôle essentiel : le roman devient "un miroir qui se promène sur une grande route."

Naturalisme

1865-fin XIX.

E. Degas, L'Absinthe, 1873.

Origine. Le naturalisme naît d'une volonté de faire évoluer le réalisme vers un plus grand travail stylistique, une plus grande attention aux milieux populaires et des ambitions scientifiques.

Principes. Le naturalisme est caractérisé par une méthode partiellement empruntée à la médecine (étude de cas, influence de l'hérédité), à l'enquête sociologique (étude des milieux) et journalistique (utilisation de faits divers). La volonté d'objectivité du naturalisme est associée à un travail stylistique important, l'écriture artiste.

Formes d'expression. Le roman.

Ecrivains majeurs. Émile Zola, dans le cycle des Rougon-Macquart, démontre la fatalité d'une hérédité marquée par la folie et l'alcool.

Symbolisme

1866-début XX.

O. Redon, Pégase et la muse, 1900.

Origine. Le Manifeste du symbolisme est lancé par un petit groupe d'écrivains. En tant que tel, il rencontre peu d'échos. Le terme est cependant repris a posteriori pour désigner un ensemble d'écrivains unis par des rejets communs, et inspiré par les Fleurs du mal, un recueil de poèmes de Baudelaire.

Principes. Le symbolisme se caractérise avant tout par le rejet du naturalisme et du positivisme. L'art, pour les symbolistes, n'est pas un moyen de reproduire la réalité contemporaine, mais au contraire un voie d'accès vers une réalité supérieure : l'imaginaire, le rêve, l'au-delà.

Formes d'expression. La poésie, et, dans une moindre mesure, le théâtre.

Ecrivains majeurs. Arthur Rimbaud fait de la poésie une quête qui le conduit à l'inconnu. Paul Verlaine affirme la primauté de la musique. La poésie de Stéphane Mallarmé se caractérise par une grande densité qui rend les poèmes souvent hermétiques.

Surréalisme

1924-1939.

S. Dali, Téléphone-homard, 1936.

Origine. Le mot est utilisé par Guillaume Apollinaire en 1917 comme sous-titre d'une pièce. Il désigne un mouvement esthétique postérieur à la première guerre mondiale.

Principes. Dans la continuité du Dadaïsme, le surréalisme est un mouvement de contestation. S'appuyant sur la découverte de l'inconscient par la psychanalyse, le surréalisme affirme le pouvoir de l'imaginaire libéré de toute contrainte : à travers l'écriture automatique ainsi que des jeux d'écriture (le cadavre exquis par exemple), il s'agit de trouver de nouvelles formes d'associations des mots et des images.

Formes d'expression. La poésie.

Ecrivains majeurs. André Breton théorise dans ses Manifestes (le premier est publié en 1924) les principes du Surréalisme, qu'il illustre dans Nadja. Paul Eluard renouvelle le lyrisme amoureux dans ses premiers recueils comme Capitale de la douleur ; pendant l'Occupation, il s'affirme comme un poète engagé.

Repère 03

Mouvements étudiés en première

Cette fiche est destinée à situer les différents mouvements littéraires

Humanisme

XVI.

L. de vinci, L'Homme de Vitruve, 1492.

Origine. Le mot 'humaniste' désigne d'abord celui qui se consacre à l'étude des textes antiques. Né au XVe s. en Italie, répandu en Europe au XVIe s., l'humanisme est lié à un bouleversement des connaissances. La culture antique est redécouverte grâce à la prise de Constantinople et largement diffusée grâce à linvention de l'imprimerie. L'exploration de nouveaux continents et les découvertes astronomiques de Copernic et de Galilée entrainent une redéfinition de la place de l'homme dans l'univers.

Principes. Les humanistes sont des lettrés qui se proposent un idéal : la formation de l'homme. "On ne naît pas homme, on le devient" affirme ainsi Erasme. Leur démarche vise à  la diffusion du savoir, au développement de l'esprit critique, et participe, dans une certaine mesure, à  l'éclatement de la chrétienté. Après les guerres de religion, beaucoup d'écrivains s'interrogent sur la fragilité de l'humanité et la relativité des valeurs.

Formes d'expression. Essais, lettres, dialogues.

Ecrivains majeurs. Erasme, érudit, étudie et enseigne l'hébreu, le latin, le grec dans toute l'Europe. Il est l'auteur d'une traduction de la Bible. François Rabelais, médecin, publie une oeuvre inspirée de culture populaire qui met en scène les géants Pantagruel et Gargantua (père de Pantagruel). Michel de Montaigne, gentilhomme cultivé, maire de Bordeaux, publie ses Essais, ensemble protéiforme et composite de digressions sur tous les sujets, mais particulièrement sur son auteur.

Pléiade

Seconde moitié du XVI.

Origine. Le nom désigne une constellation d'étoiles. Ronsard l'utilise pour désigner un groupe de poètes, rassemblés autour des principes énoncés par Du Bellay dans son ouvrage Défense et illustration de la langue française.

Principes. Les poètes du groupe s'efforcent de rompre avec les traditions poétiques du Moyen-Âge, pour revenir à une inspiration antique (Ovide, Virgile, Homère) ou italienne (Dante, Pétrarque). Du bellay insiste particulièrement sur l'usage et l'enrichissement du français, et le renouvellement des formes poétiques.

Formes d'expression. Poésie.

Ecrivains majeurs. Joachim du Bellay oeuvre pour la reconnaissance de la langue française. Dans Les Regrets, il étend l'usage du sonnet à tous les registres, de l'élégiaque au satirique. Poète de cour, surnommé le "prince des poètes", Pierre de Ronsard est célèbre pour ses poésies amoureuses inspirées de l'italien Pétrarque et souvent teintées d'épicurisme.

Baroque

Seconde moitié du XVI-
première moitié du XVII.

A. de Pereda, Le Rêve du chevalier, 1655.

Origine. Vaste mouvement esthétique, le baroque est lié à la tourmente européenne de la seconde moitié du XVIe s. : la Réforme, puis les guerres de religion entrainent une crise religieuse, civile et morale, qui se traduit en peinture, en littérature et en sculpture.

Principes. Souvent défini par opposition au classicisme qui lui est postérieur, le baroque se caractérise par l'exubérance, l'irrégularité, le mouvement et le désordre. L'illusion et l'inconstance sont la règle. La vie est un songe, comme dit Calderon. Dans cette réflexion sur les apparences, un certain nombre de procédés et de thèmes se répandent : au théâtre, la mise en abyme (insérer une pièce dans une pièce) ; dans la réflexion morale et politique, l'image du Theatrum mundi ; en peinture, les Vanités.

Formes d'expression. Théâtre et poésie. Les figures privilégiées du baroque sont l'antithèse, la métaphore et l'accumulation.

Ecrivains majeurs. Montaigne, par son goût de l'irrégularité, son interrogation sur la fragilité de tout jugement, peut être considéré comme un écrivain baroque. Agrippa d'Aubigné, dans son poème Les Tragiques, propose une violente dénonciation des guerres de religion. Pierre Corneille met souvent en scène l'inconstance et l'illusion dans des pièces baroques, comme L'Illusion comique ou Le Menteur.

Préciosité

1650-1660.

Carte de Tendre, 1654-1660.

Origine. Les 'Précieuses' sont des femmes du monde qui se donnent un 'prix' supérieur.

Principes. Phénomène social, la préciosité désigne l'influence qu'eurent les femmes du monde à travers les salons, lieux de jeux d'écriture et de débats intellectuels. Phénomène littéraire, la préciosité oriente la littérature vers l'étude de toutes les nuances du sentiment amoureux, souvent à travers des images pétrarquistes. Phénomène linguistique, la préciosité vise à purifier la langue en écartant des mots jugés trop 'crus' et à simplifier la langue.

Formes d'expression. Le roman, la poésie.

Ecrivains majeurs. Mlle de Scudéry est l'auteur à succès de longs romans galants, comme Clélie (10 volumes, 1654-1660) : la vie intérieure des personnages donne lieu à des analyses raffinées et des conversations élégantes.

Libertinage

XVII-XVIII.

J. H. Fragonard, Le Verrou, 1778.

Origine. Le terme est apparu à la fin du XVe s. comme traduction du latin libertinus (esclave affranchi). Il est utilisé par Calvin pour condamner les athées libertaires.

Principes. Le mot désigne à la fois un mouvement philosophique qui conteste le dogme religieux, d'une part, et d'autre part une quête de sensualité libre de toute considération de péché. Au cours du XVIIIe s., le rejet de la religion va parfois jusqu'au refus de toute morale.

Formes d'expression. Le roman.

Ecrivains majeurs. Crébillon fils peint des petits-maîtres en quête de plaisirs sensuels et de femmes faciles, dans un jeu de masques savants dans Les Égarements du coeur et de l'esprit. Dans les lettres du roman épistolaire Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos fait du libertin un noble hautain, qui défie l'ordre social et moral, et trouve son plaisir dans la conquête et l'humiliation, dans la tromperie et la perversion de la victime.

Absurde

1938-1960.

Origine. Les horreurs du XXe s. ôtent toute signification à la culture et à la civilisation. Ce constat donne naissance, dans les années 1940, au mouvement de l'absurde.

Principes. Les romans qui relèvent de ce mouvement trahissent angoisse, malaise et interrogation de l'homme. Au théâtre, l'illusion réaliste est abandonnée, le langage déconstruit.

Formes d'expression. Roman, essai, théâtre.

Ecrivains majeurs. Albert Camus met en scène dans L'Etranger un personnage à part dans un monde absurde. Samuel Beckett décrit l'absurdité de la condition humaine dans En attendant Godot. Eugène Ionesco fait perdre au langage toute capacité de signification dans La Cantatrice chauve.

Littérature engagée

XX.

Origine. Le terme s'applique aux écrivains qui choisissent de s'engager politiquement pour une cause.

Principes. Le refus de l'horreur, de la barbarie, de l'arbitraire est une constante de la littérature engagée, qui est de toutes les époques. On utilise cependant le terme plus particulièrement à propos de la littérature de la Résistance.

Formes d'expression. Roman, théâtre, poésie, essai.

Ecrivains majeurs. André Malraux dans La Condition humaine pose la question de l'action terroriste. Jean Anouilh dans Antigone met en évidence le tragique de la politique contemporaine. Enfin, Louis Aragon, Paul Eluard et René Char s'engagent tous dans la résistance, chacun à leur façon. Quelques années plus tard, dans Cahier d'un retour au pays natal, Aimé Césaire dénonce le colonialisme.

Nouveau roman

1950-1960.

Origine. A partir des années 50, un groupe d'écrivains conteste la tradition romanesque, et s'attache à explorer d'autres voies de la narration littéraire.

Principes. Les écrivains du nouveau roman refusent le récit traditionnel, avec ses personnages, ses décors et son narrateur, représenté par le roman balzacien. Leurs textes comportent souvent une part d'énigme : au lecteur de résoudre le problème proposé.

Formes d'expression. Roman, essai.

Ecrivains majeurs. Alain Robbe-Grillet, dans la Jalousie, propose un récit basé sur la répétition des mêmes mots et des mêmes épisodes.

Repère 04

Outils d'analyse

Cette fiche est destinée à proposer une synthèse des outils d'analyse à maîtriser

Le roman et la nouvelle

1. Histoire et théorie du genre

1.1. Le roman

Le roman est une fiction qui s'appuie généralement sur de nombreux personnages et des péripéties multiples.

On peut distinguer différentes catégories :

  • l'action : si l'accent est mis sur les péripéties, on est alors dans le roman d'aventures (le récit propose des situations originales, qui stimulent l'imagination du lecteur, comme dans L'Île au trésor, 1883) ; si, au contraire, l'accent est mis sur la psychologie, on est plutôt dans le roman d'analyse (le récit étudie les passions et les réflexions des personnages comme dans La Princesse de Clèves, 1678) ; le roman de formation, qui raconte la vie d'un personnage changé par les épreuves qu'il traverse (Stendhal, Le Rouge et le noir, 1830), peut être vu comme un moyen terme ;
  • la construction : dans le roman épistolaire, par exemple, le texte est constitué par les lettres supposées écrites par les personnages ; le récit est donc fragmenté en de multiples points de vue dont seul le lecteur connaît l'ensemble (C. de Laclos, Les Liaisons dangereuses, 1782) ;
  • le cadre : dans le roman historique, l'action se déroule dans une période historiquement connue ;
  • les personnages : le roman picaresque met en scène un picaro, héros d'origine populaire, sans scrupules, qui mène en marge de la société une vie aventureuse ; les romans policiers suivent généralement un enquêteur (professionnel ou non) chargé d'élucider un crime.

1.2. La nouvelle

La nouvelle se caractérise par sa densité : l'intrigue se concentre sur une action unique vécue par un nombre restreint de personnage. La fin de la nouvelle se caractérise souvent par un effet de surprise, appelé chute.

2. Outils d'analyse

On distingue dans un récit plusieurs points de vue possibles (on parle aussi de focalisation) :

  • le point de vue omniscient permet au lecteur d'en savoir plus que les personnages ;
  • le point de vue interne place le lecteur dans la conscience d'un personnage (il n'en sait pas plus que ce personnage et voit l'action, les objets, les autres personnages à travers son regard) ;
  • le point de vue externe place le lecteur en position d'observateur extérieur : il n'a pas accès à l'intériorité des personnages.

Dans le récit, le narrateur peut rapporter des discours :

  • au style direct (Paul m'a fait signe et il a crié : "Je viendrai demain") ;
  • au style indirect (Paul m'a fait signe et il a crié qu'il viendrait le lendemain
  • au style indirect libre (Paul m'a fait signe. Il viendrait le lendemain.)

Ce dernier est particulièrement utilisé dans le roman réaliste et naturaliste.

Un roman comporte généralement des descriptions, qui sont introduites dans le récit pour :

  • leur beauté (fonction d'ornement) ;
  • donner des informations au lecteur sur un lieu, un objet, un métier (fonction documentaire) ;
  • donner des indices au lecteur sur le caractère d'un personnage, l'atmosphère d'un lieu (fonction symbolique) ;

  • produire un effet de réel, pour suggérer que le texte imite parfaitement la réalité (fonction mimétique)

L'argumentation

1. Histoire et théorie des genres

L'argumentation est d'abord liée à la rhétorique, "art du discours" qui remonte à l'Antiquité. Le but de la rhétorique est de rendre un orateur éloquent.

Trois grands genres de l'éloquence sont définis pendant l'Antiquité.

Genre Objectifs du locuteur Fonction de l'auditoire Valeurs défendues Formes actuelles
Judiciaire Accuser / (se) défendre Juger le passé Valeurs morales : le juste / l'injuste, le bien / le mal Le réquisitoire, le plaidoyer
Délibératif Conseiller / déconseiller Décider de l'avenir Valeurs sociales : l'utile / le nuisible, le bon / le mauvais Le discours politique, l'essai, le tract, etc.
Épidictique Louer / blâmer Évaluer le présent Valeurs esthétiques : le beau / le laid La critique, la publicité, l'éloge et le blâme

Composer un discours implique de passer par des étapes, les parties de la rhétorique : l'invention, la disposition, l'élocution, la mémoire et l'action. Ce dernier moment est essentiel : il inclut le discours, mais aussi les intonations, l'attitude, la gestuelle.

L'argumentation rhétorique repose sur trois piliers :

  • le logos est le propos du discours : les arguments et les raisonnements utilisés ;
  • le pathos est l'effet visé chez l'auditoire : la colère, l'amour, la pitié, l'admiration ;
  • l'ethos correspond à l'image que le locuteur cherche à donner de lui-même.
2. Outils d'analyse

On sera attentif, dans un discours oral, aux procédés d'emphase, c'est-à-dire à toutes les figures de style qui permettent à un orateur de souligner son propos (répétition, apostrophe, questions rhétoriques, etc.)

A l'écrit, l'argumentation apparaît souvent dans la littérature engagée qui argumente pour dénoncer une injustice ou attirer l'attention sur une cause.

Que ce soit à l'écrit ou à l'oral, différentes stratégies argumentatives sont possibles. Convaincre, c'est s'adresser la raison ; persuader, c'est s'adresser aux sentiments et aux émotions.

Selon le sentiment ou l'émotion visés, on distingue différents registres :

  • le pathétique (pitié, compassion),
  • le comique (rire, amusement, joie),
  • l'élégiaque (tristesse, douleur),
  • le polémique (colère, indignation, révolte),
  • le satirique (moquerie),
  • le tragique (conscience de la mort inéluctable, de la fatalité),
  • l'épique (admiration, fascination),
  • le lyrique (attendrissement)

On distingue deux types d'argumentation : directe et indirecte.

Directe Indirecte

Elle expose le point de vue qu'elle veut défendre, avec des arguments explicites.

L'éloge et le blâme : portrait favorable ou défavorable d'un homme.

Le réquisitoire et le plaidoyer : dans le cadre d'un procès, discours visant à persuader de l'innocence ou de la culpabilité.

La satire ou le pamphlet : discours qui se moque de quelqu'un ou de quelque chose ; attaque virulente et moqueuse.

L'essai : point de vue argumenté sur un sujet.

Elle met à profit un récit pour défendre un certain point de vue. Elle reste donc implicite.

La fable : récit plaisant, qui met en scène des animaux, mais qui vise la société humaine, souvent conclu par une morale.

Le conte philosophique : aventures d'un personnage naïf entraîné malgré lui dans une suite de péripéties, qui l'amènent à réfléchir sur le monde et les hommes.

La poésie

1. Histoire et théorie du genre

La poésie est une utilisation du langage qui s'oppose à la prose.

Les formes régulières obéissent à des règles précises : la longueur des vers (le mètre), les strophes, les rimes.

Parmi ces formes régulières, certaines formes fixes sont codifiées par des contraintes de construction figées. C'est le cas du sonnet, composé de deux quatrains et de deux tercets.

Sonnet italien ou marotique :
abba abba ccd eed
Sonnet français :
abba abba ccd ede
Sonnet élizabéthain :
abab cdcd efef gg

Certaines formes régulières se définissent par le sujet du poème :

  • l'épopée est un long poème narratif qui raconte les exploits de héros courageux dont elle fait des personnages exceptionnels ;
  • l'élégie est un poème lyrique consacrée aux sentiments tristes ou douloureux ;
  • la fable est un court poème qui met en scène des animaux ou des hommes en vue de délivrer un enseignement au lecteur.

Des formes libres ont émergé au XIXe s. et au XXe s. :

  • le poème en prose apparaît au milieu du XIXe s. Il se présente comme un court récit sans vers ni rime, dont la force poétique repose sur la puissance des images et des sonorités ;
  • le poème en vers libres fait se succéder des vers de longueurs totalement différentes, regroupés en strophes inégales, avec des rimes irrégulières.
2. Outils d'analyse

2.1. Le vers

Le vers (du latin versus, "sillon") est une ligne.

Les mètres ou longueurs de vers sont mesurés en syllabes. On distingue l'alexandrin (12 syllabes), l'hendécasyllabe (11) le décasyllabe (10), l'octosyllabe (8), l'heptasyllabe (7), l'hexasyllabe (6), le pentasyllabe (5).

En poésie, le "e" muet, lorsqu'il est entre deux consonnes, est prononcé. La diérèse consiste à prononcer une suite de voyelles en plusieurs syllabes ("li-on", "mari-er", "mi-ette"). La synérèse consiste, à l'inverse, à prononcer une suite de voyelles en une seule syllabe ("bruit", "fuit", "fier").

Au sein du vers, les coupes sont des pauses qui rythment le vers. La césure est la coupe médiane des vers de plus de huit syllabes. Elle partage alors le vers en deux segments nommés hémistiches.

Que ces vains ornements, // que ces voiles me pèsent !

J. Racine, Phèdre, 1677.

Lorsque la phrase déborde du vers, on parle d'enjambement. Un enjambement qui met un groupe ou un mot en valeur est appelé rejet.

Serait-ce déjà lui ? C'est bien à l'escalier

Dérobé...

V. Hugo, Hernani, 1830.

2.2. La rime

La rime est le retour d'un son identique en fin de vers.

On sera attentif à :

  • la disposition des rimes : rimes plates ou suivies (aabb), rimes croisées (abab), rimes embrassées (abba) ;
  • le genre des rimes : la versification classique impose l'alternance de la rime féminine (terminée par un "e" muet) et masculine (toutes les autres) ;
  • la qualité des rimes : rime pauvre (un seul son commun), rime suffisante (deux sons communs), rime riche (trois sons ou plus en commun).

2.3. La strophe

La strophe est un ensemble de vers : distique (2 vers), tercet (3), quatrain (4), quintil (5), sizain (6).

Le théâtre

1. Histoire et théorie du genre

1.1. Le modèle classique

Dans la seconde moitié du XVIIe s. se met en place un ensemble de principes :

  • les bienséances : la pièce ne doit pas heurter le public par la représentation d'actions choquantes (le meurtre ou le sang versé sur scène, de même que la sexualité) ;
  • la vraisemblance : la pièce ne doit pas comporter d'incohérences historiques ou psychologiques ;
  • les trois unités : l'action doit se dérouler en une journée (unité de temps), dans un seul décor (unité de lieu), et raconter une seule histoire (unité d'action).

Deux grands modèles se dégagent :

La tragédie La comédie
Personnages

Héros ou personnages d'un rang social élevé.

Héros de condition sociale moyenne ou basse : nobles, bourgeois, paysans.

Langage

Les personnages s'expriment dans un registre élevé, en vers.

Les personnages s'expriment dans un registre bas ou moyen, souvent en prose.

Cadre

L'histoire se passe généralement dans un palais pendant l'Antiquité.

L'histoire se passe dans le monde contemporain de l'auteur, souvent devant une maison.

Action

Les héros, soumis à des forces qui les dépassent, sont voués à la mort ou à l'échec.

La fin de la comédie est heureuse (mariage, retrouvailles).

Effet sur le spectateur

La tragédie inspire la terreur et la pitié pour purifier le spectateur de ses passions : c'est la catharsis.

La comédie vise à "corriger les moeurs par le rire."

La tragi-comédie est une tragédie qui finit bien.

Le modèle classique utilise un répertoire de personnages relativement figé, qu'on appelle les emplois : le valet, la reine de tragédie, l'ingénue, la soubrette, le jeune premier, le matamore, etc.

1.2. Le drame : vers le théâtre moderne

Le drame bourgeois (XVIIIe s.) met en scène des personnages dans leur vie privée ; il use largement du pathétique, et représente des "conditions", avec une visée moralisatrice.

Le drame romantique (XIXe s.) est caractérisé par le rejet des unités de temps, de lieu, de registre (on peut mélanger comique et tragique, registre élevé et registre bas), voire le rejet de l'unité d'action ; il s'agit de restituer fidèlement un moment de l'Histoire.

2. Outils d'analyse

2.1. Le texte de théâtre

Un texte de théâtre comprend deux types d'énoncés très différents :

  • les répliques sont prononcées par les personnages ;
  • les didascalies donnent des indications pour la représentation (découpage de la pièce, décors, costumes, jeu des acteurs, etc.) ;

On ne confondra pas la tirade, qui est une longue réplique prononcée lors d'un dialogue, le monologue et l'aparté (réplique prononcée à part des autres personnages).

La stichomythie est un échange de répliques brèves.

Quand des acteurs jouent des personnages qui jouent un rôle, on parle de mise en abyme, ou de théâtre dans le théâtre.

2.2. L'action d'une pièce

Une pièce classique comporte plusieurs moments essentiels :

  • l'exposition permet d'indiquer au spectateur les éléments qui lui sont nécessaires pour comprendre l'action (lieu, époque, personnages) ; à l'époque classique, l'exposition occupe généralement le premier acte ;
  • le noeud suit l'exposition : il s'agit du conflit dans lequel se débattent les personnages ;
  • la péripétie est un retournement de l'action ; c'est principalement le moment de l'intrigue où s'articule le noeud et le dénouement ;
  • le dénouement est un retour à l'équilibre.

2.3. La représentation

On parle de scénographie pour désigner l'agencement de l'espace scénique (rapport salle-scène, décors, lumières).

2.4. Le comique, formes et procédés

On distingue les formes du comique (caractère, situation, geste et mot) et les procédés du comique (répétition, opposition, exagération, inversion, confusion, etc.).

Repère

Le comique

Exemples

Forme →
-
Procédé ↓
Comique de geste (ce que les personnages font : actions, coups, déplacements, chutes, etc.) Comique de mots (ce que les personnages disent mais aussi leur façon de parler, leur langue, etc.) Comique de caractère (ce que les personnages sont : leur costume, leur apparence, leur personnalité, leurs tics, etc.) Comique de situation (la situation dans laquelle ils se trouvent)
Répétition (le vivant devient comme une mécanique)

Dans Une vie de chien, Charlot, poursuivi par un policier, roule sous la clôture à chaque fois qu'il arrive de l'autre côté.

Dans L'Avare, Harpagon ne cesse de répéter : "Mais qu'allait-il faire dans cette galère ?"

Les Daltons sont quatre fois le même personnage.

Interférence (Deux significations, deux situations, deux personnes, deux logiques se mélangent)

Dans Les Temps Modernes, Charlot répète le geste de visser des boulons sur les boutons du tailleur d'une dame.

Comme j'avais entendu dire : - "A quand les vacances ?... " Je me dis : - " Bon !... Je vais aller à Caen..." (Devos)

C'est le principe du quiproquo : deux situations se télescopent.

Amplification (il y a exagération) ou accumulation

Dans les cartoons de Tex Avery, les personnages se donnent des coups de marteau sur la tête, se font exploser, etc.

C'est le principe de la caricature : les traits, les tics des personnages sont grossis.

Dans The Party, le personnage principal, en essayant de réparer une chasse d'eau, détruit peu à peu toute la salle de bain.

Opposition (il y a contraste entre deux éléments)

Laurel et Hardy, deux personnages opposés, comme Bouvard et Pécuchet.

Inversion (il y a retournement et renversement)

Rabelais écrit qu'il n'y a qu'une très légère différence "entre femme folle à la messe, et femme molle à la fesse."

Dans Certaines l'aiment chaud, deux hommes se déguisent en femmes pour échapper à leurs poursuivants.

C'est le principe de l'arroseur arrosé ou le voleur volé : le personnage est pris à son propre piège.

...
Antiquité Moyen-Âge XVIème XVIIème XVIIIème XIXème XXème XXIème
Roman ou récit

Apulée, Les Métamorphoses ou L'Âne d'or, IIe s.

Longus, Daphnis et Chloé, IIe ou IIIe s.

Tristan et Yseult, XIIe s.

Chrétien de Troyes, Lancelot ou Le Chevalier à la charette, env. 1180.

Les Mille et une nuits, XIIIe s.

Boccace, Le Décameron, 1350.

F. Rabelais, Pantagruel, 1532.

M. de Cervantes, Don Quichotte, 1605-1615.

G. de Guilleragues, Lettres d'une religieuse portugaise, 1669.

Mme de la Fayette, La Princesse de Clèves, 1678.

A.-R. Lesage, Gil Blas, 1715-1735.

Montesquieu, Les Lettres persanes, 1721.

A. Prévost, Manon Lescaut, 1731.

C. de Laclos, Les Liaisons dangereuses, 1782.

D. Diderot, Jacques le fataliste, 1796.

Stendhal, Le Rouge et le noir, 1830.

A. Pouchkine, La Fille du capitaine, 1836.

H. de Balzac, Illusions perdues, 1836-1843.

A. Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, 1844-1846.

G. de Nerval, Sylvie, 1853.

G. Flaubert, Madame Bovary, 1857.

V. Hugo, Les Misérables, 1862.

F. Dostoïevski, Crime et châtiment, 1866.

R. L. Stevenson, L'Etrange Cas du docteur Jekyll et de mister Hyde, 1886.

F. Kafka, Le Procès, 1925.

A. Gide, Les Faux-Monnayeurs, 1925.

L. F. Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932.

A. Malraux, La Condition humaine, 1933.

A. Camus, L'Etranger, 1942.

J. Gracq, Le Rivage des Syrtes, 1951.

A. Robbe-Grillet, La Jalousie, 1957.

J. L. Borges, Le Livre de sable, 1975.

T. Morrisson, Un don, 2009.

J. Otsuka, Certaines n'avaient jamais vu la mer, 2011.

Théâtre

Sophocle, Oedipe roi, Ve s. av. J.-C.

Plaute, Le Soldat fanfaron, 203 av. J.-C.

Térence, Le Bourreau de soi-même, 163 av. J.-C.

Rutebeuf, Le Miracle de Théophile, XIIIe s.

A. de la Halle, Le Jeu de la feuillée, 1275.

La Farce de Maître Pathelin, 1460.

W. Shakespeare, Hamlet, 1601.

P. Calderon, La Vie est un songe, 1635.

P. Corneille, L'Illusion comique, 1636.

Molière, L'Ecole des femmes, 1662.

J. Racine, Phèdre, 1677.

Marivaux, Le Jeu de l'amour et du hasard, 1730.

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, 1784.

J. Goethe, Faust, 1808.

A. de Musset, Les Caprices de Marianne, 1833.

V. Hugo, Ruy Blas, 1838.

A. Jarry, Ubu roi, 1896.

J. Giraudoux, La Guerre de Troie n'aura pas lieu, 1935.

J. Anouilh, Antigone, 1944.

E. Ionesco, La cantatrice chauve, 1950.

S. Beckett, En attendant Godot, 1953.

W. Mouawad, Incendies, 2003.

Poésie

Homère, L'Iliade, L'Odyssée, VIIIe s. av. J.-C.

Virgile, L'Enéide, entre 29 et 19 av. J.C.

Ovide, Les Métamorphoses, 1 ap. J.C.

La Chanson de Roland, fin XIe s.

Dante, La Divine Comédie, 1307-1321.

Pétrarque, Le Chansonnier, XIVe s.

P. de Ronsard, Les Amours de Cassandre, 1552.

L. Labbé, Oeuvres, 1555.

J. du Bellay, Les Regrets, 1558.

A. d'Abigné, Les Tragiques, 1577.

J. de La Fontaine, Fables, 1668-1678.

A. de Musset, Les Nuits, 1835-1837.

V. Hugo, Les Contemplations, 1856.

C. Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857.

A. Rimbaud, Une saison en enfer, 1873.

S. Mallarmé, Poésies, 1887.

G. Apollinaire, Alcools, 1913.

P. Eluard, Capitale de la douleur, 1926.

H. Michaux, La Nuit remue, 1935.

L. Aragon, Les yeux d'Elsa, 1942.

F. Ponge, Le Parti pris des choses, 1942.

Argumentation

Platon, Phédon, -383 av. J.C.

Epictète, Manuel, 125.

E. de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1574.

M. de Montaigne, Essais, 1595.

R. Descartes, Discours de la méthode, 1637.

B. Pascal, Pensées, 1670.

J. Swift, Les Voyages de Gulliver, 1721.

Voltaire, Zadig, 1748.

Voltaire, Traité sur la tolérance, 1763.

D. Diderot, Supplément au voyage de Bougainville, 1772.

V. Hugo, Discours à l'Assemblée, 1848-1850.

S. Freud, Sur le rêve, 1900.

P. Lévi, Si c'est un homme, 1947.

G. Orwell, 1984, 1949.

Repère

Écrire sans erreurs

Cette fiche est destinée à rappeler les principales règles d'orthographe

Rappel des principales règles d'orthographe grammaticale

Les accords
Dans le groupe nominal

Le pluriel des noms commence à 2 : 1,9 mètre ; 2 mètres. Certains noms ont un sens pluriel mais sont des noms singuliers : "Tout le monde pense comme ça".

Les noms en -ail ont un pluriel en -s (des portails) sauf baux, coraux, émaux, soupiraux, travaux, vantaux, vitraux. Les noms en -al ont un pluriel en -aux (des animaux) sauf bals, carnavals, chacals, chorals, festivals, récitals, régals. Les noms en -au, -eau ont toujours un pluriel en -aux, -eaux (des joyaux, des châteaux), sauf landaus, sarraus. Les noms en -eu ont un pluriel en -eux (des cheveux) sauf émeus, bleus, lieus (le poisson), pneus. Les noms en -ou ont un pluriel en -ous (des clous) sauf bijoux, cailloux, choux, genoux, hiboux, joujoux, poux, ripoux.

Le pluriel des noms étrangers suit le modèle des noms français : des barmans, des solos.

Dans les noms composés, seuls les éléments issus d'un nom ou d'un adjectif se mettent au pluriel (des rouges-gorges, des coffres-forts) ; ceux qui sont issus d'un verbe, d'un adverbe ou d'une préposition restent invariables : des tire-bouchons, des contre-allées, des sèche-linges.

L'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte. Un certain nombre d'adjectifs font leur pluriel en -x : beaux, nouveaux et les adjectifs en -al (verticaux) sauf : banal, bancal, fatal, final, glacial, natal, naval, tonal.

Les adjectifs de couleur provenant d'un nom sont invariables (des robes marrons, orange, crème, etc.) sauf rose, pourpre, mauve, écarlate, fauve, incarnat. Les adjectifs de couleur sont invariables quand ils sont modifiés par un autre adjectifs : des robes rose pâle.

Vingt et cent s'accordent uniquement quand ils sont en position finale : deux cents euros / deux cent vingt quatre euros. Mille ne s'accorde jamais. Million, milliard sont variables.

Dans le groupe verbal

Le verbe s'accorde toujours avec son sujet, même quand ce dernier est inversé : "Avec le début de l'hiver apparaissent les jours pluvieux".

Quand il est conjugué avec l'auxiliaire être, le participe passé s'accorde avec le sujet : "La voiture est tombée."

Quand il est conjugué avec l'auxiliaire avoir, le participe passé ne s'accorde pas avec le sujet : "La voiture a foncé dans une habitation."

Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé peut s'accorder avec le COD, quand celui-ci est placé avant l'auxiliaire : "Les dégâts sont considérables. L'expert les a estimés à un montant très élevé."

La 'méthode Wilmet' (universitaire belge) permet de savoir simplement si on doit accorder un participe passé.

Au moment où l'on écrit le participe passé, a-t-on déjà écrit ce qui est [+ participe passé] ? Si oui, on accorde. Si non, on n'accorde pas.

J'ai acheté des pommes.

Les fleurs sont fanées.

Les gâteaux que j'ai mangés étaient délicieux.

Où as-tu attrapé cette maladie ?

Quelle voiture as-tu achetée ?

Cela fonctionne avec les verbes pronominaux.

Elle s'est lavée.

Elle s'est lavé les pieds.

Ils se sont embrassés.

Ils se sont lancé toutes sortes d'insultes.

Les homophones

Il n'y a pas de moyen de distinguer phonétiquement l'infinitif et le participe passé des verbes du premier groupe. En cas de doute sur la terminaison, il faut remplacer par un verbe d'un autre groupe :"Je vais marcher" > "Je vais courir"; "J'ai marché" > "'J'ai couru"; "Je vais vous frapper" > "Je vais vous endormir".

En cas de doute sur les homophones à/a, ma/m'a, on/ont, mon/m'ont, il faut changer le temps de la phrase.

"Il est parti à Paris" > "Il était parti à Paris / "Il a pris la route" > "Il avait pris la route"

"Ma moto a disparu" > "Ma moto avait disparu" / "On m'a pris ma moto" > "On m'avait pris ma moto"

"On a sonné à la porte" > "On avait sonné à la porte" / "Ils ont pris la porte" > "Ils avaient pris la porte"

"Mon vélo a disparu" > "Mon vélo avait disparu" / "Ils m'ont pris mon vélo" > "Ils m'avaient pris mon vélo"

En cas de doute sur les homophones ces/ses/c'est/s'est, il faut changer le temps verbal ou la personne. Avec 'ces', on peut ajouter les éléments -ci ou -là après le nom.

"Ses amis sont venus" > "Mes amis sont venus"

"C'est dommage" > "C'était dommage"

"Il s'est perdu" > "tu t'es perdu" / "Il s'était perdu"

"Ces personnes sont célèbres" > "Ces personnes-ci / - sont célèbres"

Rappel des principales conventions typographiques

les chiffres et les lettres

On écrit en chiffres : les dates ("Il est né en 1992.") ; les numéros de rue et les adresses ("La personne en question demeure au 23 rue Voiture.") ; les numéros de lignes ou de vers ("La métaphore apparaît pour la première fois ligne 20.")

Il est recommandé d'écrire les nombres à un seul chiffre en toutes lettres ("au long") : "au bout de deux ans d'existence". En règle générale, les nombres sont écrits de préférence "au long" lorsqu'ils indiquent des grandeurs — deux cents mètres, trois mille habitants, quinze francs… — sauf lorsque leur profusion les rendrait difficilement lisibles. En revanche, les âges (à partir de deux chiffres), les dates et les heures seront écrits en chiffres : "Le 28 janvier, à 18h 15, j'aurai 24 ans et je revois deux amis, la première fois depuis cinq ans."

On utilise les chiffres romains pour les rois et les siècles : "Au XVIIe s, Louis XIV favorisa l'essor des arts." Les chiffres romains sont représentés à l'aide de symboles combinés entre eux : I (1), V (5), X (10), L (50), C (100), D (500), M (1000). 75 s'écrira donc LXXV.