Les Contemplations, livres I à IV

Objet d'étude :La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle

Problématique générale : Les Contemplations, album de souvenirs, témoignage engagé ou livre prophétique ?

Support :Victor Hugo, Les Contemplations, coll. Classiques de Poche, éd. Livre de Poche

Atelier

L'homme océan

Cette séance est consacrée à une recherche documentaire sur l'écrivain

Recherche

La Bibliothèque Nationale de France a consacré une exposition virtuelle à l'écrivain : Victor Hugo, l'homme océan.

Parcourez cette exposition, puis répondez aux questions suivantes.

I. La vie de l'écrivain

Quels sont les lieux où le poète a vécu ?

II. Le travail de l'écrivain

En vous appuyant sur l'observation de ses manuscrits, expliquez de quelle façon V. Hugo travaille ses textes.

III. L'oeuvre plastique

Choisissez un dessin, et présentez-le :

- que représente-t-il ?

- quelles techniques sont utilisées ?

- qu'est-ce qui vous paraît intéressant dans ce dessin ?

IV. L'engagement politique

Quels sont les combats politiques de l'homme et de l'écrivain ?

V. Bilan

Pourquoi qualifier l'écrivain d'"homme océan" ?

Pistes

Séance 01

"La vie d'un homme"

Observation

1. Comparez les deux couvertures.

2. Le recueil est divisé en six livres. De quoi parle chacun de ces livres? Comment comprenez-vous leur titre ?

3. Pourquoi, selon vous, le poète a-t-il daté la plupart de ses poèmes ?

Pistes

Lecture

D'après la préface, que contient le recueil ?

Séance 02

"Les roses de la vie"

Oral

Proposez une lecture à deux voix d'un de ces textes.

Pistes

Notion : la versification

Recherche

Comparez les deux poèmes.

Explication

1. Montrez que ce poème raconte un rendez-vous raté.

2. Quel regard Hugo porte-t-il sur la nature et la femme ?

3. Quel regard porte-t-il sur le jeune homme qu'il était ?

Notes

1. Oyant : entendant.

2. Myrte : plante attachée à Vénus, déesse de l'amour.

3. Dédain : mépris.

Document A

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,

Assise auprès du feu, dévidant et filant,

Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :

"Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle !"


Lors, vous n'aurez servante oyant1 telle nouvelle,

Déjà sous le labeur à demi sommeillant,

Qui au bruit de mon nom ne s'aille réveillant,

Bénissant votre nom de louange immortelle.


Je serai sous la terre, et, fantôme sans os,

Par les ombres myrteux2 je prendrai mon repos ;

Vous serez au foyer une vieille accroupie,


Regrettant mon amour et votre fier dédain3.

Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :

Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.

Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène, 1578.

Document B

Je ne songeais pas à Rose ;

Rose au bois vint avec moi ;

Nous parlions de quelque chose,

Mais je ne sais plus de quoi.


J'étais froid comme les marbres ;

Je marchais à pas distraits ;

Je parlais des fleurs, des arbres ;

Son œil semblait dire : "Après ?"


La rosée offrait ses perles,

Les taillis ses parasols ;

J'allais ; j'écoutais les merles,

Et Rose les rossignols.


Moi, seize ans, et l'air morose ;

Elle vingt ; ses yeux brillaient.

Les rossignols chantaient Rose

Et les merles me sifflaient.


Rose, droite sur ses hanches,

Leva son beau bras tremblant

Pour prendre une mûre aux branches ;

Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse

Sur les mousses de velours ;

Et la nature amoureuse

Dormait dans les grands bois sourds.


Rose défit sa chaussure,

Et mit, d'un air ingénu,

Son petit pied dans l'eau pure ;

Je ne vis pas son pied nu.


Je ne savais que lui dire ;

Je la suivais dans le bois,

La voyant parfois sourire

Et soupirer quelquefois.


Je ne vis qu'elle était belle

Qu'en sortant des grands bois sourds.

"Soit ; n'y pensons plus !" dit-elle.

Depuis, j'y pense toujours.

Paris, juin 1831.

Victor Hugo, Les Contemplations, XIX, I, 1856.

Séance 03

Réponse à un acte d'accusation

Oral

1. Un célèbre tableau du XIXème siècle pourrait parfaitement illustrer ce poème. Lequel ?

2. Préparez la lecture orale de ce poème.

Recherche

Vous analyserez ce texte en vous appuyant sur le parcours de lecture suivant :

- la peinture d'un monde immobile et divisé

- l'action révolutionnaire du poète

Pistes

Oral

Dans sa célèbre émission de radio, l'animateur Bertrand Zistor reçoit le célèbre poète Victor Hugo.

Le thème de l'émission : La poésie ne doit-elle parler que de ce qui est beau ?

Par deux, vous préparerez cette émission en vous appuyant sur les textes étudiés.

Je suis le démagogue horrible et débordé,

Et le dévastateur du vieil A B C D ;

Causons.


Quand je sortis du collège, du thème,

Des vers latins, farouche, espèce d'enfant blême

Et grave, au front penchant, aux membres appauvris,

Quand, tâchant de comprendre et de juger, j'ouvris

Les yeux sur la nature et sur l'art, l'idiome,

Peuple et noblesse, était l'image du royaume ;

La poésie était la monarchie ; un mot

Était un duc et pair, ou n'était qu'un grimaud ;

Les syllabes pas plus que Paris et que Londre

Ne se mêlaient ; ainsi marchent sans se confondre

Piétons et cavaliers traversant le pont Neuf ;

La langue était l'État avant quatre-vingt-neuf ;

Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes ;

Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,

Les Méropes, ayant le décorum pour loi,

Et montant à Versaille aux carrosses du roi ;

Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires,

Habitant les patois ; quelques-uns aux galères

Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas,

Déchirés en haillons dans les halles ; sans bas,

Sans perruque ; créés pour la prose et la farce ;

Populace du style au fond de l'ombre éparse ; [...]

Je fis souffler un vent révolutionnaire.

Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.

Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !

Je fis une tempête au fond de l'encrier,

Et je mêlai, parmi les ombres débordées,

Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées ;

Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur

Ne puisse se poser, tout humide d'azur !

Discours affreux ! — Syllepse, hypallage, litote,

Frémirent ; je montai sur la borne Aristote,

Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.

Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,

Tous ces tigres, les huns, les scythes et les daces,

N'étaient que des toutous auprès de mes audaces ;

Je bondis hors du cercle et brisai le compas.

Je nommai le cochon par son nom ; pourquoi pas ? [...]

J'ai dit aux mots : Soyez république ! soyez

La fourmilière immense, et travaillez ! Croyez,

Aimez, vivez ! - J'ai mis tout en branle, et, morose,

J'ai jeté le vers noble aux chiens noirs de la prose.

V. Hugo, Réponse à un acte d'accusation, Les Contemplations, 1856, I

Séance 04

Les formes du deuil

Recherche

Observez les pages indiqués.

1. Quels sentiments sont exprimés dans ces pages ?

2. Comment évolue la douleur de Victor Hugo ?

3. Quelle page vous parait la plus émouvante ? Expliquez pourquoi.

Pistes

Page Sentiment exprimé
4 septembre 1843 (p. 274)
IV "Oh ! je fus comme fou dans le premier moment" (p. 280)
V "Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin" (p. 281), VII "Elle était pâle, et pourtant rose (pp. 284-285)
X "Pendant que le marin, qui calcule et qui doute" (p. 289), XII À quoi songeaient les deux cavaliers dans la forêt (pp. 291-292)
XIV Demain, dès l'aube (p. 295)
XV A Villequier (p. 296-297)

Parcours

A travers le recueil

Recherche

Préparez un bref exposé sur deux des groupements de poèmes suivants :

  • I, III Mes deux filles et IV, VII, Elle était pâle, et pourtant rose
  • I, XV, La coccinelle et I, XIX, Vieille chanson du jeune temps (p. 89-90)
  • I, XVIII, Les oiseaux et I, XXIII, L'enfance.
  • I, XXV, Unité et III, XXX, Magnitudo Parvi, v. 1 à 42
  • III, II, Mélancholia, v. 1 à 60 et III, XVII, Chose vue un jour de printemps
  • III, XIII La Chouette, v. 1 à 22 et III, XXVII, J'aime l'araignée et j'aime l'ortie

Vous présenterez chaque poème (vous situerez le texte, lirez quelques vers, résumerez le propos), puis vous mettrez en évidence les points communs entre les deux.

L'exposé

Éléments restrictifs

Une prestation orale ne peut atteindre la moyenne si l'un des éléments suivants est présent :

- l'exposé montre que les poèmes ne sont pas compris

- l'exposé est une simple redite des poèmes

- l'exposé n'est pas compréhensible en plusieurs endroits

- l'exposé est très court

/20 De 1 à 5 De 6 à 10 De 11 à 15 De 16 à 20
S'exprimer à l'oral

L'expression et le niveau de langue orale sont acceptables.

L'expression et le niveau de langue orale sont corrects.

L'expression est fluide et le niveau de langue orale est correct.

La lecture est correcte.

L'élève s'adresse à son auditeur.

L'expression est fluide et le niveau de langue orale est correct.

La lecture est vivante et expressive.

L'élève communique avec aisance et conviction.

Lire, analyser, interpréter ; tisser des liens entre différents textes

Le sens littéral des deux poèmes est globalement compris.

Le sens littéral des deux poèmes est compris.

Un rapprochement est effectué entre les deux poèmes.

Le sens littéral des deux poèmes est compris.

Plusieurs rapprochements sont effectués entre les deux poèmes.

Le sens littéral des deux poèmes est compris ; l'implicite des poèmes est perçu.

Plusieurs rapprochements sont effectués entre les deux poèmes.

Les rapprochement mettent en évidence un sens commun aux poèmes.

Construire un jugement argumenté

La réponse est structurée : introduction, développement, conclusion.

La réponse est structurée et suit une logique perceptible.

Des références précises au texte sont faites.

La réponse est structurée et suit une logique explicite et pertinente.

Des références précises au texte sont faites.

Mobiliser une culture littéraire

Des connaissances linguistiques et littéraires sont utilisées à plusieurs reprises.

Des connaissances linguistiques et littéraires sont utilisées régulièrement pour éclairer le texte.

Évaluation

Une édition illustrée des Contemplations

Sujet

Un jeune artiste envoie quatre illustrations originales et une lettre pour expliquer son projet et justifier ses choix.

Toutes les formes d'illustration sont possibles : photographie, collage, dessin, figuratif ou non. Attention, si vous choisissez la photographie, à bien respecter la réglementation.

/20 De 1 à 5 De 6 à 10 De 11 à 15 De 16 à 20
Exercer sa faculté d'invention de façon raisonnée

Au moins un élément de la consigne est pris en compte.

La trame indiquée par la consigne est suivie.

Des illustrations sont proposées.

La trame indiquée par la consigne est suivie.

L'invention esquisse une fiction crédible.

Plusieurs illustrations sont pertinentes.

Les enjeux du sujet sont bien compris et la trame est respectée.

L'invention met en place une fiction riche.

Les illustrations sont travaillées et pertinentes.

Lire, analyser, interpréter

L'invention s'appuie sur une lecture correcte du recueil.

L'invention s'appuie sur une lecture pertinente du recueil.

L'invention s'appuie sur une lecture fine et personnelle du recueil.

Construire un jugement argumenté

Un ou deux éléments de réflexion pertinents sont proposés.

Plusieurs éléments de réflexion pertinents sont proposés.

Une progression est discernable.

Les éléments de réflexion proposés sont pertinents.

L'invention progresse vers une finalité.

Des procédés sont mis en œuvre pour convaincre et/ou persuader.

Maîtriser la langue et l'expression

La langue est partiellement maîtrisée.

La langue est correctement maîtrisée.

Les titres d'oeuvre sont soulignés.

La langue est bien maîtrisée.

Les titres d'oeuvre sont soulignés.

Le vocabulaire est précis et varié.

ÉLÉMENTS RESTRICTIFS : Une copie ne peut atteindre la moyenne si l'un des éléments suivants est présent : la consigne n'est pas du tout respectée (absence de rapport avec le sujet ou contresens sur lui) / le devoir ne présente aucune recherche dans son écriture / le devoir n'est pas compréhensible en plusieurs endroits / le devoir est très court.

Atelier

Puzzles poétiques

Recherche

1. Remettez en forme le poème.

Le jour mourait ; j'étais près des mers, sur la grève. Je tenais par la main ma fille, enfant qui rêve, jeune esprit qui se tait. La terre, s'inclinant comme un vaisseau qui sombre, en tournant dans l'espace allait plongeant dans l'ombre ; la pâle nuit montait. J'avais à mes côtés ma fille bien-aimée. La nuit se répandait ainsi qu'une fumée. Rêveur, ô Jéhovah, je regardais en moi, les paupières baissées, cette ombre qui se fait aussi dans nos pensées quand ton soleil s'en va ! Soudain l'enfant bénie, ange au regard de femme, dont je tenais la main et qui tenait mon âme, me parla, douce voix, et, me montrant l'eau sombre et la rive âpre et brune, et deux points lumineux qui tremblaient sur la dune : — Père, dit-elle, vois, vois donc, là-bas, où l'ombre aux flancs des coteaux rampe, ces feux jumeaux briller comme une double lampe qui remuerait au vent ! Quels sont ces deux foyers qu'au loin la brume voile ? — L'un est un feu de pâtre et l'autre est une étoile ; Deux mondes, mon enfant !

2. Finissez l'un des poèmes suivant.

I

Un lion habitait près d'une source ; un aigle

Y venait boire aussi.

Or, deux héros, un jour, deux rois — souvent Dieu règle

La destinée ainsi —

Vinrent à cette source où des palmiers attirent

Le passant hasardeux,

...

Victor Hugo, Les Contemplations, III, 6.

II

J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,

Parce qu'on les hait ;

Et que rien n'exauce et que tout châtie

Leur morne souhait ;

Parce qu'elles sont maudites, chétives,

Noirs êtres rampants ;

...

Victor Hugo, Les Contemplations, III, 17.