Sur l'écriture

Atelier

Les notes de travail

Oral

Lorsqu'on parle de notes de travail, à quoi pensez-vous ?

Pistes

Observation

À quoi peuvent servir les notes de travail ?

Vous répondrez en observant les exemples ci-contre.

Prolongement

L'anthropologue Jack Goody a parlé à propos de l'écriture d'une "technologie de l'intellect". Pourquoi, selon vous ?

Application

Résumez ce que vous vous avez appris sur les notes sous forme de notes.

Eugène Delacroix, Carnet de voyage, 1832.

Gustave Flaubert, plan général de Madame Bovary, 1851.

Cours de physiologie, notes prises d'après les cours de Claude Bernard à la Sorbonne, env. 1869.

Émile Zola, notes prises en préparation de L'Assommoir, paru en 1876.

Émile Zola, généalogie des Rougon-Macquart, 1868-1878.

Marie Curie, Carnets de la découverte du polonium et du radium, 1897-1900.

Georges Perec, "Cahier des charges" de La Vie mode d'emploi (paru en 1978).

Atelier

"Une nouvèle Ortografe"

Observation

Observez le texte suivant.

1. Comment est-il écrit ?

2. Que nous montre-t-il sur l'orthographe française ?

"Je ne ferois point de Preface, ∫i je n'avois à parler que du ∫ujet de ce Livre : j'atendrois la décision du Public, ∫ans faire de vains éforts pour la prévenir. Mais j'ai afecté une nouvèle ortografe, & toutes les nouveautez ont be∫oin d'éclairci∫∫emens. J'avoüerai pourtant que ∫i per∫one ne m'avoit fraié le chemin, je nû∫∫e o∫é m'y cometre : mais une Letre imprimée de Mon∫ieur l'Abé Dangeau, à Mon∫ieur de Pontchartrain, qui m'e∫t tombée dans les mains, m'a déterminé à une cho∫e où j'avois de l'inclination ; elle établit ce nouveau ∫i∫téme d'Ortografe avec beaucoup de nèteté, & même d'agrémens, dans une matiere qui ne semble ∫uceptible ni de l'un, ni de l'autre.

Le de∫∫ein de cete nouveauté e∫t d'aprocher autant qu'il e∫t possible l'Ortografe de la prononciation. Tant de per∫ones y ∫ont intere∫∫ées, qu'il y a lieu d'e∫perer de la faveur dans cete entrepri∫e. D'abord on a retranché toutes les letres doubles dans les mots où elles ne ∫ervent point à la prononciation, come dans apeler, le premier p ; dans oca∫ion, le premier c. [...]

L'utilité de cete Ortografe est grande ; elle aporte de la briéveté dans les Livres, du ménage dans l'impre∫∫ion, de la facilité dans la lecture. Les gens d'habitude auront peine à ∫e défaire d'une vieille coûtume ; il s'en faudra con∫oler en faveur de la Jeune∫∫e qui vieillira ; en ∫orte qu'un jour tout le Monde aura abjuré cét ereur."

Robert de Brye­, Le Duc de Guise surnommé le Balafré, 1694.

Dictées

On distinguera les dictées 'pour apprendre' et les dictées 'pour évaluer'.

Quelques exemples d'exercices :

- dictée négociée (chaque élève rédige son texte individuellement ; une confrontation a ensuite lieu et les élèves rédigent une seconde version négociée ) ;

- dictée aidée (des affiches ou des fiches réalisées au préalable par les élèves ou le droit de poser des questions à l'enseignant et/ou au groupe) ;

- dictée préparée (le texte a été vu au préalable et discuté entre élèves et/ou avec l'enseignant) ;

- auto-dictée (le texte a été appris par coeur et est restitué tel quel) ;

I

En ce moment, une main blanche et délicate fit remonter la partie inférieure d’une des croisées du troisième étage. La figure d’une jeune fille, fraîche comme une de ces fleurs blanches qui fleurissent au sein des eaux, se montra couronnée d’une coiffe en mousseline froissée qui donnait à sa tête un air d’innocence admirable. Quoique couverts d’une étoffe brune, on pouvait apercevoir son cou et ses épaules, grâce à de légers interstices ménagés par les mouvements du sommeil. Pareille à ces fleurs de jour qui n’ont pas encore au matin déplié leur tunique roulée par le froid des nuits, la jeune fille, à peine éveillée, laissa errer ses yeux bleus sur les toits voisins et regarda le ciel ; puis, par une sorte d’habitude, elle les baissa sur les sombres régions de la rue, où ils rencontrèrent aussitôt ceux de son adorateur.

Brevet 2017

De temps en temps, je m'arrête, je tourne la tête et je regarde vers le bas de la rue où Paris s'entasse: des foyers éclatants et des taches de ténèbres piquetées de points d'or. Des flammes blanches ou rouges flambent d'en bas comme d'une vallée nocturne où s'est arrêtée la caravane des nomades. Et le bruit : bruit de fleuve ou de foule. Mais les flammes sont fausses et froides comme celles de l'enfer. En bas, dans un de ces parages sombres est ma rue du Dragon, mon hôtel du Dragon. Quel ordre sournois, le soir déjà lointain de ma première arrivée, m'a fait mystérieusement choisir cette rue, cet hôtel au nom dévorant et enflammé ?

Il me serait facile, d'ici, d'imaginer le monstre aux écailles de feu.

Jean Giono, Les Vraies Richesses, 1936

Brevet 2016

Mais il est six heures du soir. La nuit vous entre dans les yeux. On n'a plus que ses mains nues, que toute sa peau offerte à la boue. Elle vous effleure les doigts, légèrement et s'évade. Elle effleure les marches rocheuses, les marches solides qui portent bien les pas. Elle revient, plus hardie, et claque sur les paumes tendues. Elle baigne les marches […], les engloutit : brusquement, on la sent qui se roule autour des chevilles… Son étreinte d'abord n'est que lourdeur inerte. On lutte contre elle, et on lui échappe. C'est pénible, cela essouffle ; mais on lui arrache ses jambes, pas à pas…

Maurice Genevoix, "La Boue", Ceux de 14, 1916.

Brevet 2015

Il n'y avait rien d'autre sur la terre, rien, ni personne. Ils étaient nés du désert, aucun autre chemin ne pouvait les conduire. Ils ne disaient rien. Ils ne voulaient rien. Le vent passait sur eux, à travers eux, comme s'il n'y avait personne sur les dunes. Ils marchaient depuis la première aube, sans s'arrêter, la fatigue et la soif les enveloppaient comme une gangue. La sécheresse avait durci leurs lèvres et leur langue. La faim les rongeait. Ils n'auraient pas pu parler. Ils étaient devenus, depuis si longtemps, muets comme le désert, pleins de lumière quand le soleil brûle au centre du ciel vide.

Jean-Marie Gustave Le Clézio, Désert, 1980.

Brevet 2014

Beaucoup parmi les gens de la résistance passent la plupart de leur temps dans les trains. On ne peut rien confier au téléphone, au télégraphe, aux lettres. Tout courrier doit être porté. Toute confidence, tout contact exigent un déplacement. Et il y a les distributions d'armes, de journaux, de postes émetteurs, de matériel de sabotage. Ce qui explique la nécessité d'une armée d'agents de liaison qui tournent à travers la France comme des chevaux de manège. Ce qui explique aussi les coups terribles qui les atteignent. L'ennemi sait aussi bien que nous l'obligation où nous sommes de voyager sans cesse.

Joseph Kessel, L'Armée des ombres, 1963.

Brevet 2013

Tous les émigrants n'étaient pas obligés de passer par Ellis Island. Ceux qui avaient suffisamment d'argent pour voyager en première ou en deuxième classe étaient rapidement inspectés à bord par un médecin et un officier d'état civil et débarquaient sans problèmes. Le gouvernement fédéral estimait que ces émigrants auraient de quoi subvenir à leurs besoins et ne risqueraient pas d'être à la charge de l'Etat. Les émigrants qui devaient passer par Ellis étaient ceux qui voyageaient en troisième classe […] dans de grands dortoirs non seulement sans fenêtres mais pratiquement sans aération et sans lumière, où deux mille passagers s'entassaient sur des paillasses superposées.

Georges Perec, Ellis Island, 1980

Brevet 2012

Puis, une clameur s'éleva, où l'on distinguait les voix aiguës et les sauts de joie des enfants. Et il y eut une rentrée triomphale : Gervaise portait l'oie, les bras raidis, la face suante, épanouie dans un large rire silencieux ; les femmes marchaient derrière elle, riaient comme elle ; tandis que Nana, tout au bout, les yeux démesurément ouverts, se haussait pour voir. Quand l'oie fut sur la table, énorme, dorée, ruisselante de jus, on ne l'attaqua pas tout de suite.

Emile Zola, L'Assommoir, 1877.

Brevet 2011

Je dois vous dire aussi que j'ai contracté, en captivité, une dette envers les éléphants dont j'essaye seulement de m'acquitter. C'est un camarade qui avait eu cette idée, après quelques jours de cachot - un mètre dix sur un mètre cinquante - alors qu'il sentait que les murs allaient l'étouffer, il s'était mis à penser aux troupeaux d'éléphants en liberté - et, chaque matin, les Allemands le trouvaient en pleine forme, en train de rigoler : il était devenu increvable.

Romain Gary, Les racines du ciel, 1954.

Brevet 2010

La mer est partie si loin qu'elle ne reviendra peut-être plus jamais ?… Si, elle reviendra, traîtresse et furtive comme je la connais ici. On ne pense pas à elle ; on lit sur le sable, on joue, on dort, face au ciel, jusqu'au moment où une langue froide, insinuée entre vos orteils, vous arrache un cri nerveux : la mer est là, toute plate, elle a couvert ses vingt kilomètres de plage avec une vitesse silencieuse de serpent. Avant qu'on l'ait prévu, elle a mouillé le livre, noirci la jupe blanche, noyé le jeu de croquet et le tennis.

D'après Colette, « Partie de pêche », Les Vrilles de la vigne, 1908.

Brevet 2009

Dans les villages, on ne lui donnait guère : on le connaissait trop ; on était fatigué de lui depuis quarante ans qu'on le voyait promener de masure en masure son corps loqueteux et difforme sur ses deux pattes de bois. Il ne voulait point s'en aller cependant, parce qu'il ne connaissait pas autre chose sur la terre que ce coin de pays, ces trois ou quatre hameaux où il avait trainé sa vie misérable. Il avait mis des frontières à sa mendicité.

Maupassant, Contes du jour et de la nuit, 1885.

Brevet 2008

Ce jour-là, ils traînaient le long des chemins et leurs pas semblaient alourdis de toute la mélancolie du temps, de la saison et du paysage. Quelques-uns cependant, les grands, étaient déjà dans la cour de l'école et discutaient avec animation. Le père Simon, le maître, sa calotte en arrière et ses lunettes sur le front, dominant les yeux, était installé devant la porte qui donnait sur la rue. Il surveillait l'entrée, gourmandait les traînards, et, au fur et à mesure de leur arrivée, les petits garçons, soulevant leur casquette, passaient devant lui, traversaient le couloir et se répandaient dans la cour.

Louis Pergaud, La guerre des boutons, 1912.

Brevet 2007

L'homme baissa la tête, ramassa le sac qu'il avait déposé à terre, et s'en alla. Il prit la grande rue. Il marchait devant lui au hasard, rasant de près les maisons, comme un homme humilié et triste. Il ne se retourna pas une seule fois. S'il s'était retourné, il aurait vu l'aubergiste de La Croix-de-Colbas sur le seuil de sa porte, entouré de tous les voyageurs de son auberge et de tous les passants de la rue, parlant vivement et le désignant du doigt, et, aux regards de défiance et d'effroi du groupe, il aurait deviné qu'avant peu son arrivée serait l'événement de toute la ville.

Victor Hugo, Les Misérables, 1862.

Atelier

Le Sketchnoting

Observation

Le sketchnoting est une technique récente.

1. Comparez les deux fiches suivantes. Quelles différences ?

2. Quels procédés sont utilisés dans la seconde ?

Application

1. Dessinez le mot 'typographie' de quatre façons différentes.

2. Encadrez le mot 'BANNIÈRE' avec une bannière.

3. Créez des pictogrammes simples en vous inspirant d'objets ordinaires (v. tableau ci-contre).

4. Dictée : dessinez des pictogrammes à partir des mots qui vous sont proposés.

Pistes

Image originale Image simplifiée Image originale Image simplifiée

5. Illustrez par des pictogrammes chacun des points suivants :

I. Le sketchnoting, pourquoi ?

Le sketchnoting permet

- de visualiser ce qu'on doit retenir

- de renouer avec une activité manuelle

- de s'amuser et d'être actif

6. Hiérarchisez visuellement les éléments suivants :

II. Le sketchnoting, comment ?

1. La typographie et les bannières

2. La structure

3. Les illustrations

a. Les flèches et les puces

b. Les pictogrammes

c. Les ombres et les couleurs

III. Le sketchnoting, où et quand ?

1. En cours, pour prendre des notes

2. Pendant les exercices, pour réfléchir

3. Chez soi, pour faire des fiches de révision

Ressources

Vers l'écriture

Mise en place

Le nombre de participants : pas plus de 15, pour avoir un temps d'écoute.

La disposition des places : contrainte, un garçon / une fille (on est plus libre avec des inconnus autour de soi).

Les règles de base : jamais d'attaque personnelle. Aucun dialogue pendant le temps d'écriture. Chacun est libre de lire ou pas, d'écrire ou pas. L'enseignant doit écrire lui aussi.

1. Textes à démarreur.

Définition

"Je me souviens de Reda Caire". Ainsi commence le livre de Georges Perec, Je me souviens. Suivent près de cinq cents souvenirs. Ce livre est donc une longue liste, et aussi un long poème. La liste est exploratoire, systématique, mais jamais exhaustive.

Systématisation : Tous les démarreurs sont autorisés. Citons-en quelques-uns :

Je me souviens...

Je sais que...

Je me demande si...

Ce dont je suis fier, c'est...

La première fois que...

www.oulipo.net

2. Descriptions.

Faites circuler une photo en noir et blanc (un cliché de Doisneau, par exemple) et demandez aux participants d'écrire ce qui leur passe par la tête au sujet de cette photo.

Vous pouvez proposer de commencer par : "Ce qui m'étonne/me touche dans cette photo, c'est..."

Variante : Décrivez un objet que vous avez devant vous (trousse, crayon, table, etc.).

3. Réincarnation

Demandez à chacun de choisir quelque chose ou quelqu'un qu'il va habiter : humain, animal, végétal, insecte, bactérie, corps céleste, objet...

Je vis dans un puits. Je vis comme une fumée dans un puits, comme un souffle dans une gorge de pierre. Je ne bouge pas. Je ne fais rien, qu'attendre. Au-dessus de ma tête j'aperçois les froides étoiles de la nuit et les étoiles du matin et je vois le soleil. Parfois je chante de vieux chants de ce monde au temps de sa jeunesse. Comment dire ce que je suis, quand je l'ignore ? J'attends, c'est tout. Je suis brume, clair de lune, et souvenir. Je suis triste et je suis vieux. Parfois je tombe vers le fond comme des gouttes de pluie. Alors des toiles d'araignées tressaillent à la surface de l'eau. J'attends dans le silence glacé ; un jour viendra où je n'attendrai plus.

R. Bradbury, Chroniques martiennes, 1950.

Il s'agit d'écrire, étape par étape, en se plaçant à l'intérieur de l'être choisi, et en essayant de brouiller un peu les pistes, de ne pas faire trop vite deviner l'être choisi :

  • qu'est-ce que je perçois où je suis ?
  • qu'est-ce que je fais ?
  • qu'est-ce que je vais faire ?

4. Notice explicative

a. Rédigez une notice explicative permettant de réaliser quelque chose (recette de cuisine, didacticiel, etc.).

b. Variante : Rédigez une notice explicative permettant de rater à coup sûr quelque chose, comme le livre de P. Watzlawick, Faites vous-même votre malheur, parodie des livres de conseils pratiques.

Fiche

Matrices

Exemple de plan de lecture analytique

Problématique : ...

...

...

Notes

* Comment l'auteur a-t-il formulé son propos : on attend des connaissances linguistiques ou littéraires.

** Pourquoi a-t-il choisi cette forme ?

I. ...

Argument (une phrase complète) Explications (non rédigées, notes de travail) Citations + analyse* + interprétation** (non rédigées, notes de travail)
1.
2.
3.


II. ...

Argument (une phrase complète) Explications (non rédigées, notes de travail) Citations + analyse* + interprétation** (non rédigées, notes de travail)
1.
2.
3.

Exemple de plan de réflexion littéraire

Problématique : ...

...

...

I. ...

Argument (une phrase complète) Explications (non rédigées, phrases incomplètes) Références précises / contexte / commentaire (non rédigées)
1.
2.
3.


II. ...

Argument (une phrase complète) Explications (non rédigées, phrases incomplètes) Références précises / contexte / commentaire (non rédigées)
1.
2.
3.