Sea is my country

Fiche

Sea is my country

Oral

Quels problèmes particuliers pose le tournage d'un documentaire ?

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1. Quelle histoire raconte ce film ?

2. Le dicton des marins est : "Sea is my country / Ship is my home / Duty is my life / Where is my wife ?" Comment ce dicton éclaire-t-il le film ?

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A propos du réalisateur

Auteur réalisateur, Marc Picavez vit et travaille à Nantes. Né en 1981, il a étudié l’anthropologie et la sociologie. Il s’est toujours intéressé à des thématiques sociales qui l'ont conduit vers le lointain, au Sénégal ou en Bolivie.

À 22 ans, il réalise son premier long métrage de fiction, Bul déconné !, en collaboration avec Massaër Dieng. Tournée dans les banlieues de Dakar, cette fiction croise les parcours sinueux et les accommodements fragiles de la jeunesse contemporaine à Dakar. Dans cette œuvre d’apprentissage, il est déjà question de travail et de mondialisation. Il sera sélectionné dans une trentaine de festivals à travers le monde et primé à Dakar, Montréal, Ouidah et San Francisco.

Un road-movie en side-car entre Nantes et la frontière espagnole lui permet d’explorer une nouvelle fois la matière du travail. Ce sera Agosto, court métrage sur le lien fort et intergénérationnel entre deux femmes qui se soutiennent, chacune ayant ses failles et ses rêves. Il obtient le Prix Qualité du CNC en 2010.

Au travers de trajectoires individuelles, le cinéaste ausculte nos contradictions. Une coupe du monde de football adossée au durcissement des lois sur l’immigration donnera en 2007 France-Brésil et autres histoires..., un geste quasiment instinctif.

À partir de 2009, il entre de plain-pied dans l’univers de la marine marchande. Il décline cette thématique riche à travers de nombreuses formes narratives : un court métrage (Le Monde est derrière nous), un documentaire qui lui-même connaît deux versions (une version pour la télévision : La Mer est mon royaume, et une version pour le cinéma : Sea Is My Country), une exposition au LiFE de Saint-Nazaire (Seamen’s Club), ainsi qu’un web-documentaire (Sea Is My Country).

Marc Picavez a réalisé Yaadikoone, un court métrage de fiction en compétition au festival de Clermont Ferrand 2016, et poursuit le développement de deux longs métrages, Les Flamboyants et Dakar en attendant la pluie.

Sea is my country
Note du réalisateur

Si aujourd'hui la voie maritime représente 80% du transport de marchandises, c'est au prix de profonds changements ayant fait de ce secteur l'un des plus radicalement mondialisés.

Dès les années 1970, l'apparition des pavillons de complaisance a bouleversé le secteur dans son ensemble. Les navires battent pavillon maltais, panaméen ou libérien. Ils sont affrétés par des agences néerlandaises, hongkongaises, situées dans les plus grands ports mondiaux. Leurs armateurs sont pourtant grecs, français ou estoniens. Ils emploient librement des marins de toutes nationalités, principalement russes ou philippins, quel que soit le littoral visité.

Sur terre, il est loin le temps où l'on allait se promener en famille sur les docks le dimanche après-midi, le temps des petits vendeurs, des prostituées qui visitaient les navires en escale.

Les ports n'ont cessé de se déshumaniser. Les terminaux commerciaux se sont d'abord éloignés des villes : le long des estuaires, à Bordeaux, au Havre ou à Saint-Nazaire ; ou sur des plateformes gagnées sur l'océan, comme à Rotterdam. Puis ils se sont refermés sur eux-mêmes, derrière de lourdes grilles, jalonnées de portiques ne s'ouvrant qu'à l'aide de badges électroniques. Après le 11 septembre 2001, les règles d'accès se sont intensément durcies.

Les grues surpuissantes et les camions pilotés informatiquement créent un décor de science-fiction, où la mécanique de grande taille efface la présence humaine.

Au milieu de ce décor parfois irréel, on trouve des marins en errance. Les temps passés à terre sont devenus brefs. Le romantisme des escales du XXe siècle est dépassé. La vie des marins a changé. Le temps d'un film, je tente de nous la dévoiler avec pudeur et empathie. Plus que l'esthétique rugueuse des cargos et des terminaux qui les entourent, c'est la vie quotidienne de ces hommes qui me touche.