La prévention des accidents

La gestion des risques et la sécurité dépend de : les personnes, le matériel, le milieu.

Dans tous les cas, on doit avoir à disposition un plan d'organisation des secours et une fiche d'évacuation.

L'alimentation et l'hydratation

L'hypoglycémie

La déshydratation

En immersion, un volume sanguin notable est déplacé vers des vaisseaux qui peuvent l'accueillir dans l'abdomen et le thorax : veines abdominales, circulation pulmonaire, cavités cardiaques. La redistribution du volume sanguin (largement vers le thorax) peut atteindre 0,7l.

Le remplissage cardiaque entraîne, surtout chez les sujets jeunes, une diminution de fréquence cardiaque : bradycardie réflexe.

La redistribution immédiate de volume sanguin lors de l'immersion résulte d'une diminution de capacité des vaisseaux. L'entrée lente mais continue d'eau interstitielle das les vaisseaux tend, elle, à créer une augmentation du volume de plasma.

En réponse à ces deux actions, les mécanismes régulateurs du volume plasmatique augmentent la production d'urine. Le début urinaire passe ainsi de 1ml/min à terre à 6ml/min dans l'eau après 2h d'immersion immobile. On parle de diurèse d'immersion.

En plongée, avec activité physique, ce débit est en moyenne de 4ml/min. La perte de masse d'eau de l'organisme est ainsi de l'ordre de 250ml pour une heure d'immersion.

Toute immersion produisant une déshydratation, il est important en étant normalement hydraté et de se réhydrater après la plongée. L'eau est la seule boisson conseillée. Pour laisser à notre organisme le temps de l'assimiler, il est conseillé de boire par petites prises régulières de 0,3 à 0,5 litre d'eau par heure d'immersion.

L'hypothermie

C'est une expérience courante en entrant dans l'eau - piscine, lac ou mer - d'avoir une sensation de froid. La raison en est que la chaleur corporelle est dispersée 20 fois plus rapidement dans l'eau que dans l'air.

Malgré cela, il ne faut que quelques minutes à l'organisme pour s'adapter. Une restriction des vaisseaux sanguins périphériques réduit le flux sanguin et ralentit la dispersion de la chaleur corporelle ; cette condition favorise le maintien d'une température corporelle constante d'environ 36°, ce qui est nécessaire aux fonctions vitales.

Cependant si le corps reste assez longtemps dans l'eau alors la dispersion de la chaleur sera telle que l'organisme réagira en contractant des muscles (frissons) pour tenter de produire de la chaleur ; cependant ce mécanisme nécessite de l'énergie qui sera épuisée en peu de temps. Ainsi, si le corps diffuse de la chaleur pendant une longue période, la température corporelle continuera à baisser et les frissons deviendront plus intenses et prolongés ; dans cette condition, les mains et les pieds deviennent engourdis, exposant à d'autres accidents.

Si la température corporelle descend en dessous de 35°, une hypothermie se produit, à 32° la capacité de raisonnement est altérée, et en dessous de 32° il y a une menace immédiate pour la vie.

Umberto Pelizzari et Stefano Tovaglieri, Manual of freediving, éd. Idelson-Gnocchi Ltd., 2004.

Température corporelle Phénomènes physiologiques Criticité
De 35 à 32°C

Frissons : production de chaleur par contraction répétée des muscles.

Chair de poule : création d'une surépaisseur cutanée améliorant l'isolation.

Accélération du rythme ventilatoire et cardiaque : accélération des combustions énergétiques.

Bleuissement des extrémités : limitation de la circulation sanguine par vaso-constriction.

Envie d'uriner : élimination d'eau qui favorise la concentration sanguine et donc la vasoconstriction.

Hypothermie légère.
De 32 à 28°C

Troubles de la conscience.

Ralentissement du rythme cardiaque et ventilatoire.

Crampes : Diminution trop importante du stock de glucides qui n'assure plus le fonctionnement normal des muscles.

Hypothermie modérée.
Moins de 28°C

Coma.

Chute du rythme ventilatoire et cardiaque : état de mort apparente.

Risque imminent d'arrêt cardiaque.

Hypothermie sévère.

Un réchauffement actif (mouvements, frottements) aurait pour effet de transférer du sang périphérique froid vers l'intérieur du corps. La lutte contre l'hypothermie se fait donc essentiellement par un réchauffement passif.

Déshabiller et sécher le plongeur, le placer à l'abri du vent. Le couvrir sans oublier la tête (60 à 70% de la perte totale de chaleur se produit par la tête du fait de l’absence de vasoconstriction). Faire boire, si possible chaud et sucré (l’hypothermie entraîne une déshydratation par diurèse, aggravée par la diurèse liée à l’immersion).

Les malaises respiratoires

La Perte de contrôle moteur

La "samba" serait due à une hypoxie sévère, qui se prolongerait quelques secondes après la reprise ventilatoire. Elle constituerait l'étape ultime avant la syncope.

Mécanisme

La "samba" est une perte de contrôle moteur (le sujet ne sait plus ce qu'il fait) sans perte de connaissance. Lorsqu'elle se produit, c'est en surface, sans signes avant-coureurs, dans les 20 à 30 secondes qui suivent la sortie d'apnée, lors de la reprise ventilatoire. Elle se caractérise par des gesticulations incontrôlées et désordonnées, avec un mouvement saccadé de la tête, rappelant celui de la célèbre danse.

Conduite à tenir

Le retour à la normale est quasi immédiat, à la condition que l'apnéiste soit assisté afin de prévenir le risque de noyade : éviter qu'il ne coule ; maintenir les voies aériennes hors de l'eau ; retirer le masque pour favoriser une bonne ventilation ; stimuler la victime par le contact physique et la parole. Conseils à suivre à la suite d'une "samba"/syncope : mettre fin à la séance ; repos ; hydratation ; si nécessaire, préparer une mise sous oxygène.

Prévention

Pas d'apnée SEUL sans surveillance. Avant une apnée, toujours vérifier que la SÉCURITÉ est en place, prête à fonctionner. ANNONCEZ ce que vous comptez faire et faites ce que vous avez annoncé. "Je dis ce que je fais, je fais ce que je dis." Ne pas pousser ses apnées à la LIMITE. Se connaître et savoir ÉCOUTER son corps, travailler aux sensations plutôt qu'à la montre. Éviter l'HYPERVENTILATION en se méfiant de ces trois facteurs : amplitude, fréquence et temps de ventilation. (SAHEL)

La syncope hypoxique

La syncope est la conséquence d'un manque d'oxygène : en danger, le système nerveux central se met en veille.

Mécanisme

La syncope en apnée est une perte de connaissance brutale, temporaire et réversible due à une diminution excessive des réserves d'oxygène. Elle est également nommée syncope hypoxique ou syncope anoxique. Elle peut conduire à la noyade si l'apnéiste est encore dans l'eau lors de la reprise du réflexe ventilatoire.

La syncope apparaît généralement en fin d'apnée, à l'approche de la surface, voire même juste après qu'elle ait été atteinte.

Symptômes

Des signes peuvent précéder la syncope :

Sur soi Sur autrui

Sensation de bien-être inhabituel ; lourdeur et chaleur dans les muscles des cuisses ; picotements aux extrémités ; vertiges ; troubles visuels ; tremblements ; désorientation ; etc.

Au fond : accélération du rythme de nage en fin d'apnée ; tête tendue vers le mur ; lâcher de bulles ; absence de mouvements ; etc.

En surface : regard vide ; coloration du visage anormale ; pas de reprise de ventilation.

Mais la syncope peut aussi n'être annoncée par aucun signe.

Conduite à tenir

La personne qui assure la sécurité en surface doit descendre le plus rapidement possible pour porter assistance à la victime et la remonter. Dès l'arrivée en surface, il faut lui maintenir les voies aériennes hors de l'eau et avertir les secours par le signe de détresse. À ce stade, qui dure rarement plus de 30 secondes, il est conseillé de favoriser le retour à la conscience en le stimulant par la voix, en le secouant, voire même en lui administrant une ou deux "gifles" légères.

Prévention

Pas d'apnée seul sans surveillance. Avant une apnée, toujours vérifier que la sécurité est en place, prête à fonctionner. Annoncer ce que vous comptez faire et faire ce que vous avez annoncé. "Je dis ce que je fais, je fais ce que je dis." Ne pas pousser ses apnées à la limite. Se connaître et savoir écouter son corps, travailler aux sensations plutôt qu'à la montre. Éviter l'hyperventilation en se méfiant de ces trois facteurs : amplitude, fréquence et temps de ventilation.

Autres malaises

Malaise Cause Symptômes Prévention
Essoufflement (hypercapnie)

Après un épisode de palmage intense ou au cours d'apnées répétitives rapprochées, sans récupération suffisante, PaCO2 peut atteindre 50 à 70 mm Hg, zone de narcose au gaz carbonique

Anxiété, essoufflement, augmentation du rythme respiratoire, qui devient anarchique, confusion gestuelle, maux de tête, nausée.

Prendre le temps de bien récupérer

Syncope sino-carotidienne

Changement de position de la tête et hyper-extension.

Perte de connaissance

Ne pas lever la tête.

Syncope vaso-vagale

Suite à une douleur vive, une émotion violente, chute de la tension artérielle et bradycardie qui entraînent une chute du débit sanguin cérébral

Sensation de tête vide, sueurs, nausées, vertiges, palpitations, vue brouillée, acouphènes, jambes en coton

Syncope d'origine cardiaque

Les syncopes d'origine cardiaque peuvent résulter d'une extrême bradycardie, de troubles de conductions ou de troubles du rythme

Perte de connaissance voire mort.

Réaliser un ECG de repos pouvant mettre en évidence une atteinte myocardique préexistante.

Les barotraumatismes

Causes Symptômes Conduite à tenir Prévention
Les sinus

Les difficultés/impossibilités d'équilibrage créent une différence de pression entre les sinus et les fosses nasales.

Douleur aiguë d'intensité croissante ; saignements de nez possibles

À la descente, stopper et le signaler à l'apnéiste de sécurité ; à la remontée, ralentir et signaler. Si saignement de nez, arrêt d'activité + consultation médicale.

Pas de mise à l'eau en cas de rhume, de congestion ou de crise allergique. Se moucher régulièrement (évacuer les mucosités). Pas de décongestionnant nasal avant la plongée (effet rebond)

Les dents

Compression ou dilatation de petites bulles d'air logées dans une cavité de la dent (carie, plombage, pansement, prothèse)

Douleur pouvant être très vive (jusqu'à la syncope !)

Arrêt d'activité + consultation dentiste

Consulter régulièrement un dentiste. Hygiène dentaire quotidienne

Le masque

A la descente, lorsque le masque a atteint sa limite de déformation, il se produit un effet ventouse entraînant des lésions nasales et/ou oculaires

Apparition de petites hémorragies nasale et/ou oculaire (paupière, conjonctive). Saignement de nez

Arrêt d'activité + consultation médicale

Pas d'apnée en profondeur avec des lunettes. Privilégier un masque à faible volume pour la profondeur. Compenser par le nez dans le masque régulièrement à la descente. Attention en gueuse à la vitesse de descente.

L'oreille moyenne

Déséquilibre de pression entre l'oreille moyenne et le milieu ambiant (le plus souvent à la descente)

Douleur d'intensité croissante pouvant aller jusqu'à une rupture du tympan (saignement possible, désorientation..)

A la descente, interrompre et signaler à l'apnéiste de sécurité. A la remontée, ralentir et faire la manœuvre de Toynbee (Valsalva inversé) et signaler à l'apnéiste de sécurité.

Arrêt d'activité + consultation médicale si la douleur persiste

Pas de mise à l'eau en cas de rhume ou de congestion, pas de produit décongestionnant. Se moucher régulièrement et s'hydrater. Maîtrise des techniques de compensation. Jamais de compensation à la remontée

L'oreille interne

Surpression brutale au niveau de l'oreille moyenne (Valsalva forcée à la descente, Valsalva à la remontée, saut dans l'eau, effet de ventouse de la cagoule...)

Les symptômes ne sont pas toujours bien marqués (baisse auditive, acouphènes, vertiges, nausées, impression de liquide dans l'oreille...). Certains symptômes peuvent être confondus avec ceux d'un ADD (taravana), les circonstances de l'accident peuvent orienter le diagnostic.

A la descente, interrompre et signaler à l'apnéiste de sécurité. En surface, arrêt d'activité, rester avec la victime. Au sec, poser des questions pour évaluer le type de lésion. Contacter les secours pour un avis médical.

Pas de mise à l'eau en cas de rhume ou de congestion, pas de produit décongestionnant. Se moucher régulièrement et s'hydrater. Maîtrise des techniques de compensation. Jamais de compensation à la remontée

Le vertige alterno-barique

Différence de pression entre les deux oreilles internes, perturbant les organes liés à l'équilibre (vestibules) liée à un manque de perméabilité d'une trompe d'eustache.

Le plus souvent bref et fugace et disparaît dés le retour à l'équilibre des pressions entre les oreilles moyennes, survient le plus souvent à la remontée. si le vertige venait à persister, il faudrait suspecter une atteinte de l'oreille interne.

A la descente, s'arrêter et remonter, signaler à l'apnéiste de sécurité. A la remontée, déglutir (pas de Valsalva), et signaler à l'apnéiste de sécurité.

Éviter les figures acrobatiques (virage en profondeur sans faire de tonneaux).

L'oedème pulmonaired d'immersion

Hémorragie intra-alvéolaire résultant d'une altération ou d'une rupture de de la paroi alvéolo-capillaire (ou barrière alvéolo-capillaire). Facteurs possibles : mise en pression trop rapide (descente poumon vide) ; mouvements thoraciques au fond (virage, se haler...) ; fluidité élevée du sang (prise d'aspirine préalable) ; froid, stress, déshydratation.

Toux, toux accompagnée de rejet de sang (hémoptysie). Difficultés respiratoires (dyspnée). Douleur ou oppression thoracique. Faiblesse généralisée ou confusion

Sortir de l'eau. Si besoin, mise sous oxygène. consulter le + rapidement.

Travailler l'assouplissement de la cage thoracique, le relâchement. Attention aux efforts thoraciques en profondeurs (virage, brasse, halage...).

La surpression pulmonaire

Respirer de l'air sur un détendeur en profondeur et remonte en apnée sans expirer

Variables suivant l'atteinte : état de choc (pouls rapide, pâleur, teint violacé, extrémité refroidies), atteinte pulmonaire (douleur thoracique, toux, crachats sanglants, voie rauque) voire signes d'atteinte neurologique (convulsions, troubles de la parole, maux de tête, vomissement, paralysie, engourdissements, inconscience).

Alerter et pratiquer les premiers secours, si accidenté conscient : le mettre en position semi assise avec jambes relevées (O2 à 9l/min), surveillance attentive des fonctions vitales.

Ne JAMAIS accepter d'air d'un plongeur.

Le taravana

Libération de bulles gazeuses dans le sang : après des plongées répétitives (même à des profondeurs de 20 mètres), ou pour une plongée en apnée à très grande profondeur.

Vertiges, troubles visuels, nausées, angoisse, perte de sensations ou de connaissance

Respecter une vitesse de remontée modérée

Limiter le nombre de descente en profondeur ; ne jamais faire des plongées profondes en apnée à la suite d'une plongée avec bouteille au cours d'une même journée

La noyade

La noyade est la conséquence de la pénétration de liquide dans les voies aériennes empêchant les échanges gazeux. Elle peut être due à un problème physique (manque d'entraînement, malaise, etc.), à une défaillance ou à une mauvaise connaissance du matériel, à une réaction inadaptée, à une situation accidentelle (bloqué au fond dans une épave, etc.).

Stades Conscience Respiration Circulation
AQUASTRESS : C’est la « tasse ». L’eau n’a pénétré que dans les voies aériennes supérieures. Le sujet est angoissé, épuisé et a froid. + + +
Petite Hypoxique : Inhalation d’une faible quantité de liquide dans les poumons. Des troubles de la respiration apparaissent + +/- +
Grande Hypoxique : La quantité d’eau dans les poumons est plus importante (œdème du poumon). Les troubles de la respiration sont importants). +/- +/- +
Grande anoxique : Les troubles de la respiration sont très importants et l’arrêt cardiaque est imminent - - -

Le RIFA

RIFA : Réaction Intervention Face à un Accident

Avant toute chose, sur un site, repérer

Dans tous les cas, on appelle les secours :

La victime est consciente

1. Mettre en sécurité

La victime doit se mettre dans la position qu'elle souhaite :

Il faut sécher et couvrir la victime.

2. Questionner

Toutes ces questions doivent servir à remplir une fiche d'évacuation, telle que définie dans l'annexe III - 19 de l'article A. 322-78 du code du sport.

3. Proposer eau et aspirine

4. Appeler les secours

Quand on appelle, on indique

On ne raccroche pas avant d'en avoir reçu l'indication.

La victime, inconsciente, ventile

1. Vérifier l'état de conscience

En prenant la main de la victime, et en lui demandant de serrer si elle entend.

2. Dégager la victime

Défaire col/cravate/ceinture. Pour un plongeur, enlever la combinaison, le lest, le masque.

3. Vérifier la ventilation

On se penche sur le visage, et on regarde le mouvement du thorax, en comptant jusqu'à 10.

4. Mettre en sécurité

On met la victime en Position Latérale de Sécurité (PLS) afin qu'elle ne s'étouffe pas.

Il faut sécher et couvrir la victime.

5. Mettre la victime sous oxygène

Le protocole pour les plongeurs est de 15 litres/minute. On utilise un masque à haute concentration.

6. Appeler les secours

7. Rester attentif à l'état de la victime

On reprend les constantes régulièrement.

La victime ne ventile plus

Dès l'arrêt respiratoire confirmé, il faut débuter la Réanimation Cardiopulmonaire (RCP).

1. Réaliser 30 compressions thoraciques

La victime est à plat sur un sol dur, sur le dos, poitrine nue.

Les compressions se font sur le sternum, sous le sein gauche.

Les compressions doivent être au rythme de 100-120 compressions/minute.

2. Réaliser 2 insufflations

Il faut

Si la poitrine ne se soulève pas, il faut vérifier l'absence de corps étranger et le retirer avec les doigts si besoin.

Sur un site de plongée, l'oxygène est obligatoire à partir de 6 mètres.

En cas d'arrêt respiratoire, on insuffle de l'oxygène avec un BAVU (Ballon à Valve Unidirectionnel).

3. Reprendre le cycle 30/2

Jusqu'à ce qu'un médecin arrive et prenne le relais, le cycle doit continuer.

4. Mettre en marche le défibrillateur

La victime doit être sèche.