Les Contemplations, livres I à IV

Objet d'étude :La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle

Problématique générale : Les Contemplations, album de souvenirs, témoignage engagé ou livre prophétique ?

Support :Victor Hugo, Les Contemplations, coll. Classiques de Poche, éd. Livre de Poche

Atelier

L'homme océan

Recherche

La Bibliothèque Nationale de France a consacré une exposition virtuelle à l'écrivain : Victor Hugo, l'homme océan.

Parcourez cette exposition, puis répondez aux questions suivantes.

> l'homme océan > Quels sont les lieux où le poète a vécu ?

> l'écrivain > les manuscrits > De quelle façon V. Hugo écrit-il ses textes ?

> le plasticien > Choisissez un dessin, et expliquez ce qui vous paraît intéressant dans ce dessin.

> l'homme engagé > Quels sont les combats politiques de l'homme et de l'écrivain ?

> l'homme océan > la métaphore > Pourquoi qualifier l'écrivain d'"homme océan" ?

Pistes

Séance 01

"La vie d'un homme"

Observation

1. Observez et expliquez la couverture.

2. Le recueil est divisé en six livres. De quoi parle chacun de ces livres? Comment comprenez-vous leur titre ?

3. Pourquoi, selon vous, le poète a-t-il daté la plupart de ses poèmes ?

Pistes

Autrefois (1830-1843)

Livre Premier

AURORE

Livre Second

L'ÂME EN FLEUR

Livre Troisième

LES LUTTES ET LES RÊVES

Aujourd'hui (1843-1855)

Livre Quatrième

PAUCA MEAE

Livre Cinquième

EN MARCHE

Livre Sixième

AU BORD DE L'INFINI

Lecture

1. D'après la préface, que contient le recueil ?

2. À quel objet ce recueil est-il comparé ?

3. À quel objet pourrait-on comparer ce recueil, d'après la façon dont Victor Hugo le décrit ?

Si un auteur pouvait avoir quelque droit d'influer sur la disposition d'esprit des lecteurs qui ouvrent son livre, l'auteur des Contemplations se bornerait à dire ceci : Ce livre doit être lu comme on lirait le livre d'un mort.

Vingt-cinq années sont dans ces deux volumes. Grande mortalis ævi spatium. L'auteur a laissé, pour ainsi dire, ce livre se faire en lui. La vie, en filtrant goutte à goutte à travers les événements et les souffrances, l'a déposé dans son cœur. Ceux qui s'y pencheront retrouveront leur propre image dans cette eau profonde et triste, qui s'est lentement amassée là, au fond d'une âme.

Qu'est-ce que les Contemplations ? C'est ce qu'on pourrait appeler, si le mot n'avait quelque prétention, les Mémoires d'une âme.

Ce sont, en effet, toutes les impressions, tous les souvenirs, toutes les réalités, tous les fantômes vagues, riants ou funèbres, que peut contenir une conscience, revenus et rappelés, rayon à rayon, soupir à soupir, et mêlés dans la même nuée sombre. C'est l'existence humaine sortant de l'énigme du berceau et aboutissant à l'énigme du cercueil ; c'est un esprit qui marche de lueur en lueur en laissant derrière lui la jeunesse, l'amour, l'illusion, le combat, le désespoir, et qui s'arrête éperdu "au bord de l'infini". Cela commence par un sourire, continue par un sanglot, et finit par un bruit du clairon de l'abîme.

Une destinée est écrite là jour à jour.

Est-ce donc la vie d'un homme ? Oui, et la vie des autres hommes aussi. Nul de nous n'a l'honneur d'avoir une vie qui soit à lui. Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destinée est une. Prenez donc ce miroir, et regardez-vous-y. On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas ! quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi !

Ce livre contient, nous le répétons, autant l'individualité du lecteur que celle de l'auteur. Homo sum. Traverser le tumulte, la rumeur, le rêve, la lutte, le plaisir, le travail, la douleur, le silence ; se reposer dans le sacrifice, et, là, contempler Dieu ; commencer à Foule et finir à Solitude, n'est-ce pas, les proportions individuelles réservées, l'histoire de tous ?

On ne s'étonnera donc pas de voir, nuance à nuance, ces deux volumes s'assombrir pour arriver, cependant, à l'azur d'une vie meilleure. La joie, cette fleur rapide de la jeunesse, s'effeuille page à page dans le tome premier, qui est l'espérance, et disparaît dans le tome second, qui est le deuil. Quel deuil ? Le vrai, l'unique : la mort ; la perte des êtres chers.

Nous venons de le dire, c'est une âme qui se raconte dans ces deux volumes : Autrefois, Aujourd'hui. Un abîme les sépare, le tombeau.

Victor Hugo, "Préface", Les Contemplations, 1856.

Séance 02

"Les roses de la vie"

Oral

Proposez une lecture à haute voix de ce texte.

Notion : la versification

Explication

1. Montrez que ce poème raconte un rendez-vous raté.

2. Quel regard Hugo porte-t-il sur la nature et la femme ?

3. Quel regard porte-t-il sur le jeune homme qu'il était ?

Je ne songeais pas à Rose ;

Rose au bois vint avec moi ;

Nous parlions de quelque chose,

Mais je ne sais plus de quoi.


J'étais froid comme les marbres ;

Je marchais à pas distraits ;

Je parlais des fleurs, des arbres ;

Son œil semblait dire : "Après ?"


La rosée offrait ses perles,

Les taillis ses parasols ;

J'allais ; j'écoutais les merles,

Et Rose les rossignols.


Moi, seize ans, et l'air morose ;

Elle vingt ; ses yeux brillaient.

Les rossignols chantaient Rose

Et les merles me sifflaient.


Rose, droite sur ses hanches,

Leva son beau bras tremblant

Pour prendre une mûre aux branches ;

Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse

Sur les mousses de velours ;

Et la nature amoureuse

Dormait dans les grands bois sourds.


Rose défit sa chaussure,

Et mit, d'un air ingénu,

Son petit pied dans l'eau pure ;

Je ne vis pas son pied nu.


Je ne savais que lui dire ;

Je la suivais dans le bois,

La voyant parfois sourire

Et soupirer quelquefois.


Je ne vis qu'elle était belle

Qu'en sortant des grands bois sourds.

"Soit ; n'y pensons plus !" dit-elle.

Depuis, j'y pense toujours.

Paris, juin 1831.

Victor Hugo, Les Contemplations, XIX, I, 1856.

Prolongement

Dans un de ses poèmes, Ronsard, un poète du XVIe siècle, conseille :

Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :

Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.

Comment ce conseil éclaire-t-il le poème ?

Pistes

Séance 03

Réponse à un acte d'accusation

Oral

1. Un célèbre tableau du XIXème siècle pourrait parfaitement illustrer ce poème. Lequel ?

2. Préparez la lecture orale de ce poème.

Recherche

Vous analyserez ce texte en vous appuyant sur le parcours de lecture suivant :

- la peinture d'un monde immobile et divisé

- l'action révolutionnaire du poète

Pistes

Oral

Dans sa célèbre émission de radio, l'animateur Bertrand Zistor reçoit le célèbre poète Victor Hugo.

Le thème de l'émission : La poésie ne doit-elle parler que de ce qui est beau ?

Par deux, vous préparerez cette émission en vous appuyant sur les textes étudiés.

Je suis le démagogue horrible et débordé,

Et le dévastateur du vieil A B C D ;

Causons.

Quand je sortis du collège, du thème,

Des vers latins, farouche, espèce d'enfant blême

Et grave, au front penchant, aux membres appauvris,

Quand, tâchant de comprendre et de juger, j'ouvris

Les yeux sur la nature et sur l'art, l'idiome,

Peuple et noblesse, était l'image du royaume ;

La poésie était la monarchie ; un mot

Était un duc et pair, ou n'était qu'un grimaud ;

Les syllabes pas plus que Paris et que Londre

Ne se mêlaient ; ainsi marchent sans se confondre

Piétons et cavaliers traversant le pont Neuf ;

La langue était l'État avant quatre-vingt-neuf ;

Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes ;

Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,

Les Méropes, ayant le décorum pour loi,

Et montant à Versaille aux carrosses du roi ;

Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires,

Habitant les patois ; quelques-uns aux galères

Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas,

Déchirés en haillons dans les halles ; sans bas,

Sans perruque ; créés pour la prose et la farce ;

Populace du style au fond de l'ombre éparse ; [...]

Je fis souffler un vent révolutionnaire.

Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.

Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !

Je fis une tempête au fond de l'encrier,

Et je mêlai, parmi les ombres débordées,

Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées ;

Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur

Ne puisse se poser, tout humide d'azur !

Discours affreux ! — Syllepse, hypallage, litote,

Frémirent ; je montai sur la borne Aristote,

Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.

Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,

Tous ces tigres, les huns, les scythes et les daces,

N'étaient que des toutous auprès de mes audaces ;

Je bondis hors du cercle et brisai le compas.

Je nommai le cochon par son nom ; pourquoi pas ? [...]

J'ai dit aux mots : Soyez république ! soyez

La fourmilière immense, et travaillez ! Croyez,

Aimez, vivez ! - J'ai mis tout en branle, et, morose,

J'ai jeté le vers noble aux chiens noirs de la prose.

V. Hugo, Réponse à un acte d'accusation, Les Contemplations, 1856, I

Séance 03

"Demain, dès l'aube..."

Oral

Lisez ou récitez chaque strophe de façon isolée. Quel sentiment domine ?

Pistes

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.


Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.


Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo, Les Contemplations, IV, XIV, 1856.

Explication

1. Pourquoi le poète veut-il voyager ? Comment ce voyage est-il décrit ?

2. Quel portrait fait-il de lui-même ?

3. Dans quelle mesure la troisième strophe est-elle surprenante ?

Séance 04

La négation

Observation

1. a) Transformez la phrase suivante de façon à obtenir trois propositions indépendantes. "Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, / Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit".

b) Identifiez les mots négatifs dans les deux propositions obtenues.

c) Ces négations sont-elles partielles ? totales ?

2. a) Transformez la phrase suivante de façon à obtenir deux propositions indépendantes : "Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, / Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,"

b) Ces négations sont-elles partielles ? totales ?

3. "Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps."

a) Identifiez les mots négatifs utilisés.

b) Cette négation est-elle partielle ? totale ?

Séance 05

Les étapes du deuil

Oral

Quelles sont les différentes formes prises par la douleur après la disparition d'un être cher ?

Recherche

Les extraits suivants sont issus du livre IV, consacré à la mort de sa fille Léopoldine.

1. Après avoir lu les extraits, essayez de retrouver leur ordre chronologique sans regarder dans le livre ni sur Internet. Vous justifierez vos réponses.

2. Comment évolue la douleur de Victor Hugo ?

Pistes

Extrait A

...................................


Extrait B

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.


Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.


Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


Extrait C

Elle était pâle, et pourtant rose,

Petite avec de grands cheveux.

Elle disait souvent : Je n'ose,

Et ne disait jamais : Je veux.


Le soir, elle prenait ma Bible

Pour y faire épeler sa sœur,

Et, comme une lampe paisible,

Elle éclairait ce jeune cœur.


Sur le saint livre que j'admire

Leurs yeux purs venaient se fixer ;

Livre où l'une apprenait à lire,

Où l'autre apprenait à penser !


Extrait D

Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres,

Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux ;

Maintenant que je suis sous les branches des arbres,

Et que je puis songer à la beauté des cieux ;


Maintenant que du deuil qui m'a fait l'âme obscure

Je sors, pâle et vainqueur,

Et que je sens la paix de la grande nature

Qui m'entre dans le cœur ;


Maintenant que je puis, assis au bord des ondes,

Ému par ce superbe et tranquille horizon,

Examiner en moi les vérités profondes

Et regarder les fleurs qui sont dans le gazon ;


Maintenant, ô mon Dieu ! que j'ai ce calme sombre

De pouvoir désormais

Voir de mes yeux la pierre où je sais que dans l'ombre

Elle dort pour jamais ;


Maintenant qu'attendri par ces divins spectacles,

Plaines, forêts, rochers, vallons, fleuve argenté,

Voyant ma petitesse et voyant vos miracles,

Je reprends ma raison devant l'immensité ;


Je viens à vous, Seigneur, père auquel il faut croire ;

Je vous porte, apaisé,

Les morceaux de ce cœur tout plein de votre gloire

Que vous avez brisé.


Extrait E

Oh ! je fus comme fou dans le premier moment,

Hélas ! et je pleurai trois jours amèrement.

Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance,

Pères, mères, dont l'âme a souffert ma souffrance,

Tout ce que j'éprouvais, l'avez-vous éprouvé ?

Je voulais me briser le front sur le pavé ;

Puis je me révoltais, et, par moments, terrible,

Je fixais mes regards sur cette chose horrible,

Et je n'y croyais pas, et je m'écriais : Non !

— Est-ce que Dieu permet de ces malheurs sans nom

Qui font que dans le cœur le désespoir se lève ? —

Il me semblait que tout n'était qu'un affreux rêve,

Qu'elle ne pouvait pas m'avoir ainsi quitté,

Que je l'entendais rire en la chambre à côté,

Que c'était impossible enfin qu'elle fût morte,

Et que j'allais la voir entrer par cette porte !


Extrait F

Pendant que le marin, qui calcule et qui doute,

Demande son chemin aux constellations ;

Pendant que le berger, l'œil plein de visions,

Cherche au milieu des bois son étoile et sa route ;

Pendant que l'astronome, inondé de rayons,


Pèse un globe à travers des millions de lieues,

Moi, je cherche autre chose en ce ciel vaste et pur.

Mais que ce saphir sombre est un abîme obscur !

On ne peut distinguer, la nuit, les robes bleues

Des anges frissonnants qui glissent dans l'azur.

Séance 06

A travers le recueil

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Préparez un bref exposé sur un des groupements de poèmes suivants :

  • I, III Mes deux filles et IV, VII, Elle était pâle, et pourtant rose
  • I, XV, La coccinelle et I, XIX, Vieille chanson du jeune temps (p. 89-90)
  • I, XVIII, Les oiseaux et I, XXIII, L'enfance.
  • I, XXV, Unité et III, XXX, Magnitudo Parvi, v. 1 à 42
  • III, II, Mélancholia, v. 1 à 60 et III, XVII, Chose vue un jour de printemps
  • III, XIII La Chouette, v. 1 à 22 et III, XXVII, J'aime l'araignée et j'aime l'ortie

Vous présenterez chaque poème (vous situerez le texte, lirez quelques vers, résumerez le propos), puis vous mettrez en évidence les points communs entre les deux.

Séance 07

Appropriation

Consigne

Imaginez et réalisez un album de souvenirs en vous appuyant sur Les Contemplations (livres I à IV) : 10 photographies illustrées par 10 poèmes.

Frédéric Kessler, Princesse Camcam, L'Album de famille, éd. Autrement, 2012.

Vous pouvez choisir des photos de personnages, de lieux, d'évènements, etc.

Vous n'êtes pas obligé de recopier tout le poème à chaque fois. En revanche, on attend que les citations soient cohérentes, tant au niveau du sens, de la syntaxe, que de la versification.

Atelier

Puzzles poétiques

Recherche

1. Remettez en forme le poème.

Le jour mourait ; j'étais près des mers, sur la grève. Je tenais par la main ma fille, enfant qui rêve, jeune esprit qui se tait. La terre, s'inclinant comme un vaisseau qui sombre, en tournant dans l'espace allait plongeant dans l'ombre ; la pâle nuit montait. J'avais à mes côtés ma fille bien-aimée. La nuit se répandait ainsi qu'une fumée. Rêveur, ô Jéhovah, je regardais en moi, les paupières baissées, cette ombre qui se fait aussi dans nos pensées quand ton soleil s'en va ! Soudain l'enfant bénie, ange au regard de femme, dont je tenais la main et qui tenait mon âme, me parla, douce voix, et, me montrant l'eau sombre et la rive âpre et brune, et deux points lumineux qui tremblaient sur la dune : — Père, dit-elle, vois, vois donc, là-bas, où l'ombre aux flancs des coteaux rampe, ces feux jumeaux briller comme une double lampe qui remuerait au vent ! Quels sont ces deux foyers qu'au loin la brume voile ? — L'un est un feu de pâtre et l'autre est une étoile ; Deux mondes, mon enfant !

2. Finissez l'un des poèmes suivant.

I

Un lion habitait près d'une source ; un aigle

Y venait boire aussi.

Or, deux héros, un jour, deux rois — souvent Dieu règle

La destinée ainsi —

Vinrent à cette source où des palmiers attirent

Le passant hasardeux,

...

Victor Hugo, Les Contemplations, III, 6.

II

J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,

Parce qu'on les hait ;

Et que rien n'exauce et que tout châtie

Leur morne souhait ;

Parce qu'elles sont maudites, chétives,

Noirs êtres rampants ;

...

Victor Hugo, Les Contemplations, III, 17.