Grammaire

Évaluations

Fiche

Les classes

Repère

Les classes (on parle aussi de nature) sont les catégories auxquelles un mot appartient. Ces catégories ne changent pas. Elles sont inscrites dans le dictionnaire.

1. Les mots variables

1.1. Les noms : chaise, liberté, voisin...

1.2. Les déterminants

- articles : Le froid, l'automne, un homme, des fleurs, du pain, de la tarte...

1.3. Les pronoms

- personnels : Je, tu, il... ; me, te, se ; le, la, lui, leur ; en, y

- relatifs : Qui, que, quoi, dont, où, lequel et ses composés (auquel, duquel, etc.)

démonstratifs possessifs indéfinis numéraux interrogatifs exclamatifs
1.2. Les déterminants

Ce livre ; cette robe-ci ; Ces gens-...

Mon ami ( e ), ma mère, mes enfants...

Quelques élèves, certains renards, plusieurs personnes...

Trois hommes, mille ans...

Quel homme ? Combien de marins ?

Quel homme !

1.3. Les pronoms

Celui-ci, celle-ci, ; ceci, cela, ça, ce

Le mien, le tien, le sien, etc.

Personne, plusieurs, quelques-uns... ; rien, quelque chose

Le troisième, le millième...

Qui, que, lequel et ses composés (auquel, duquel, etc.)

1.4. Les adjectifs : Beau, grand, vert, carré...

1.5. Le verbe : Marcher, aller, être, avoir...

2. Les mots invariables

2.1. Les adverbes

- interrogatifs : où, quand, comment, pourquoi ?

- de temps ou de lieu : aujourd'hui, alors, puis, ici, là-bas, au loin, etc.

- de manière : facilement, bien, volontiers, etc.

- qui modifient un adjectif ou un autre adverbe : très grand, tout petit, etc.

2.2. Les prépositions : à, de, dans, par, pour, après, avant, avec, sans, contre, etc.

2.3. Les conjonctions de subordination : que, parce que, quoique, comme, quand, si, etc.

2.4. Les conjonctions de coordination : car, donc, et, mais, ni, or, ou.

2.5. Les interjections : Ah ! Oh ! Eh !

3. Les groupes de mots

3.1. Le groupe nominal : une chaise rouge, le chien qui aboie, la liberté de moeurs, etc.

3.2. Le groupe adjectival : agréable à lire, plus intelligent que son frère

3.3 Le groupe verbal : veux partir, est rouge, le vaux bien

3.4. La proposition : La chaise est rouge, Paul veut partir, qui aboie, dont je t'ai parlé, parce que je le vaux bien, etc.

Fiche

Les fonctions

Repère

Les fonctions sont les positions occupées par les mots au sein des groupes auxquels ils appartiennent. Ces fonctions peuvent changer d'un énoncé à un autre.

1. Par rapport au groupe nominal

L'épithète et le complément du nom sont des expansions du nom.

1.1. L'épithète : Un roman fleuve, un véhicule qui roulait à vive allure, une voiture rouge, etc.

1.2. Le complément du nom : Le chat des voisins ; Une course contre la montre ; la maison dans la prairie, etc.

1.3. L'apposition : Les élèves, épuisés ; Le roi, Louis XIV ; un véhicule, roulant à vivre allure, etc.

2. Par rapport au groupe verbal

2.1. Le sujet peut être détaché à l'aide de c'est... qui : Pauline joue du piano ; Jouer du piano me repose ; Qu'il soit en retard me surprend, etc.

2.2. Le complément d'objet direct : Elle aime beaucoup Mozart ; Elle l'aime beaucoup ; Nous voulons réussir ; Je sais que vous avez raison ; Embrassez qui vous aimez, etc.

2.3. Le complément d'objet indirect : Je pense à mon père ; Je pense à lui ; Je lui parle ; Je me souviens de cet endroit ; J'y pense ; Je m'en souviens.

2.4. Le complément essentiel de lieu, de mesure, de poids : La pierre pesait trois tonnes. Je vais à la pêche.

2.5. L'attribut : Mélanie est rousse ; Mélanie est dans une colère noire ; Mélanie est la femme du voisin ; je le crois intelligent ; Mélanie a les cheveux roux ; etc.

Les compléments essentiels du verbe (COD, COI, complément essentiel, attribut) ne peuvent pas être supprimés, ni déplacés et on peut les remplacer par des pronoms.

2.6. Le complément d'agent : elle a été achetée par cet homme ; elle est aimée de tous, etc.

3. Par rapport à la proposition

Le complément circonstanciel peut être déplacé ou supprimé dans la phrase : Pierre lui a offert un cadeau pour son anniversaire ; Nous reviendrons l'année prochaine ; Je vous le dis parce que je le sais ; On en trouve beaucoup ici, etc.

Synthèse

Construction Compléments directs Compléments indirects Compléments détachés
Par rapport au GN

Épithète : un bel homme. Un gros mangeur.

Complément du nom : les poires du jardin.

Apposition : Les enfants, assis à leur place, ...

Par rapport au GV

Attribut : il est roux ; elle a les cheveux roux.

Complément d'objet direct : il mange des poires.

Complément d'objet indirect : J'ai parlé à ma soeur.

Complément d'agent : Les poires sont cueillies par les enfants.

Complément essentiel : il pèse 100 kilos.

Complément essentiel : Il va à Paris.

Par rapport à la proposition

Complément circonstanciel : Il viendra demain.

Complément circonstanciel : Il viendra à neuf heures.

Complément circonstanciel : Franchement, il a bien fait de partir. Hier, il a plu.

Fiche

Le sujet

Repère

Définir le sujet

Le mot "sujet" peut désigner :

- le thème d'une conversation, d'un discours, d'une oeuvre ;

- un être vivant capable d'agir par lui-même ;

- une fonction grammaticale essentielle dans la phrase verbale.

Le sujet est étroitement lié avec le verbe et s'accorde en personne, en nombre et parfois en genre : "Ils partent", "elle est partie".

Identifier le sujet

Le sujet est généralement à gauche du verbe : "Axel aime Graüben."

Le sujet peut être mis en valeur par "C'est... qui..."

Cependant le sujet peut être :

- éloigné du verbe : "Le Megatherium, arc-bouté sur ses énormes pattes, fouille la terre"

- postposé : "Sur la grève assombrie passent les grands mammifères des premiers jours" ; "J'aime beaucoup les livres qu'a écrit Jules Verne"

Fiche

La phrase complexe

Repère

La proposition est le groupe formé par le verbe conjugué, son sujet, ses compléments.

⚠ "Que" peut être conjonction de subordination ou pronom relatif.

Quand il y a... une seule proposition : on parle de phrase simple plusieurs propositions : on parle de phrase complexe
Les propositions sont...

juxtaposées : reliées par un signe de ponctuation

coordonnées : reliées par une conjonction de coordination (mais où est donc or ni car)

principale et subordonnée : la subordonnée occupe une fonction au sein de la principale.

Exemple :

"Le chien a mordu le facteur."

"Le facteur passait, le chien l'a mordu."

"Le chien a mordu le facteur car il passait."

"Le chien qui montait la garde a mordu le facteur."

"Le chien a mordu le facteur quand il est passé."

La proposition subordonnée peut avoir différentes natures.

Quand la subordonnée est introduite par... rien une conjonction de subordination : comme, si, quand, que et ses composés un pronom relatif : qui, que, quoi, dont, où, lequel un mot interrogatif : comment, pourquoi...
On parle de proposition...

infinitive ou participiale

conjonctive

relative

interrogative indirecte *

Exemple :

"J'ai vu l'homme s'enfuir."

"Une fois les secours arrivés, je suis parti"

"Je crois que je me souviens."

"Je sais quand il viendra."

"Je ne connais pas l'homme dont vous parlez."

"Je me demande pourquoi il a fait ça."

* La proposition subordonnée interrogative indirecte peut aussi être introduite par un pronom relatif ("je me demande qui est là/où ça se trouve") ou une conjonction de subordination ("je me demande s'il viendra").

Fiche

Les propositions relatives

Repère

Les propositions relatives sont introduites par un pronom relatif : qui, que, quoi, dont, où, lequel.

⚠ : "que" peut être conjonction de subordination ou pronom relatif.

La proposition relative n'a pas d'antécédent La proposition relative a un antécédent
On parle de relatives...

substantives

adjectives

attributives

Exemple :

"Qui m'aime me suive."

"Embrassez qui vous voulez."

"Les élèves qui ont travaillé ont eu de bonnes notes." (1)

"Les élèves, qui ont travaillé, ont eu de bonnes notes." (2)

"Je le vois qui revient."

"Il a les cheveux qui blanchissent."

Elles ont les fonctions...

du GN : sujet, COD, etc.

de l'adjectif : épithète ou apposition *

d'attribut

* Quand la relative est épithète, elle est déterminative (1) ; quand elle est apposée, elle est explicative (2).

Fiche

La négation

Repère

I. Les formes de la négation

1. Le lexique

On peut exprimer la négation par le choix d'un antonyme ("je ne sais pas/j'ignore s'il est là") ou par l'ajout d'un préfixe :

  • in : "il est inadapté, c'est impossible, totalement invraisemblable."
  • a : "asocial/analphabète/atypique"
  • non : "la non-violence, le non-conformisme"
  • 2. Non utilisé comme proposition

    L'adverbe "non" peut remplacer une proposition : "Est-il là ? - Non.", "je crois que non".

    3. La syntaxe

    La négation syntaxique repose souvent sur la combinaison de "ne" et d'un élément de négation : "Personne n'est venu", "il n'est pas venu", "il ne veut rien", "je ne vois aucune solution", etc.

    Associé avec "que", "ne" exprime la restriction : "je n'ai confiance qu'en lui".

    II. La portée de la négation

    1. La portée sémantique

    La négation peut être... totale partielle
    Elle porte alors sur...

    l'ensemble de la phrase

    un élément de la phrase

    Exemple :

    "Je n'ai pas vu Paul" = "Il est faux que j'ai vu Paul."

    "Je n'ai pas vu Paul" = "Ce n'est pas Paul que j'ai vu mais Pierre" ou "je n'ai pas vu Paul, je l'ai aperçu."

    2. La portée pragmatique

    La négation peut avoir une valeur... descriptive polémique métalinguistique
    c'est-à-dire que...

    Elle énonce un fait, c'est un constat.

    Elle contredit quelque chose qui vient d'être dit ou pensé.

    Elle conteste les mots utilisés, elle précise.

    Exemple :

    "En Angleterre, les voitures ne roulent pas à droite."

    "Contrairement à ce que tu penses, en Angleterre, les voitures ne roulent pas à droite."

    "Jacques ne s'est pas fait voler sa voiture : il n'en a jamais eu."

Fiche

L'interrogation

Notion

L'interrogation peut servir à demander quelque chose.

Mais elle peut aussi servir à donner un ordre ("est-ce que tu peux éteindre ton portable ?") ou à affirmer quelque chose ("Mais qu'est-ce que tu en sais ?").

Syntaxe \ Portée Interrogation totale : la question, qui porte sur toute la phrase, appelle une réponse par "oui" ou "non" Interrogation partielle : la question, qui porte sur une partie de la phrase, appelle une information supplémentaire
Interrogation directe

L'interrogation peut être marquée par :

- l'intonation : "Paul vient ?"

- l'inversion du sujet : "Paul vient-il ?", "Vient-il ?"

- la construction "est-ce que" : "Est-ce que Paul vient ?"

Aux marques de l'interrogation vient s'ajouter un mot interrogatif qui indique quel est le type d'information demandée. Il peut s'agir :

- d'un déterminant : "À quelle heure Paul vient-il ?", "Quel train prend-il ?"

- d'un pronom : "Qui va là ?", "Lequel veut partir ?"

- d'un adverbe : "Quand arrive-t-il ?", "Par où vient-il ?"

Interrogation indirecte

Les marques de l'interrogation (ponctuation, inversion, construction en "est-ce que") disparaissent.

L'interrogation totale est toujours introduite par si : "Je me demande si Paul vient."

Les mots interrogatifs restent les mêmes : "Je me demande à quelle heure Paul vient", "je me demande lequel je vais prendre", "je me demande quand il va arriver".

Fiche

Les modes et les temps

Les formes

L'indicatif, le subjonctif et l'impératif sont des modes personnels : ils varient en personne.

L'infinitif, le participe et le gérondif sont des modes impersonnels.

Modes Temps simples Temps composés
Indicatif

Présent : nous faisons

Passé composé : nous avons fait

Imparfait : nous faisions

Plus que parfait : nous avions fait

Futur : nous ferons

Futur antérieur : nous aurons fait

Passé simple : nous fîmes

Passé antérieur : nous eûmes fait

Conditionnel : nous ferions

Conditionnel passé : nous aurions fait

Subjonctif

Présent : que nous fassions

Passé : que nous ayons fait

Imparfait : que nous fissions

Plus que parfait : que nous eussions fait

Impératif

Présent : faisons

Passé : ayons fait

Infinitif

Présent : faire

Passé : avoir fait

Participe

Présent : faisant

Passé : fait

Passé : ayant fait

Gérondif

En faisant

En ayant fait

Les valeurs

Les formes verbales peuvent situer l'action ou l'état par rapport à un temps : c'est leur valeur temporelle. Mais elles peuvent aussi prendre des valeurs modales : elles indiquent alors une intention, une distance, etc. Elles peuvent également être utilisées pour créer un effet stylistique.

L'indicatif
Valeurs temporelles Valeurs modales ou stylistiques
Présent

- d'énonciation : nous lisons (maintenant).

- étendu ; je pars ; je finis.

- de vérité générale : le soleil se lève à l'est.

- d'injonction : tu finis ; tu sors.

- de narration : soudain, c'est le drame.

Imparfait

- un présent dans le passé : ils vivaient en paix quand...

- de répétition : il venait tous les jours

- dans l'hypothèse : si vous étiez...

- d'atténuation : je voulais vous demander

Futur

- catégorique : je partirai (demain).

- d'injonction : tu éteindras.

Conditionnel

- un futur dans le passé : il savait que ça finirait ainsi

- dans l'hypothèse : si j'étais riche, j'achèterais...

- d'atténuation : pourriez-vous... ?

Passé simple

- dans la narration : ...des querelles éclatèrent.

Le subjonctif

Le subjonctif possède essentiellement des valeurs modales. Il peut exprimer :

- l'ordre, le souhait, le refus : qu'il sorte ! Vive le roi ! Moi, que je fasse cela !

- l'éventualité : Je cherche un livre qui contienne ce mot. C'est le plus grand héros qui soit. Il n'y a que lui qui puisse faire ça.

- le doute, la concession : Je ne crois pas qu'il vienne. Bien qu'il soit malade, il travaille.

Séance

"Une nouvèle Ortografe"

Observation

Observez le texte suivant.

1. Comment est-il écrit ?

2. Que nous montre-t-il sur l'orthographe française ?

"Je ne ferois point de Preface, ∫i je n'avois à parler que du ∫ujet de ce Livre : j'atendrois la décision du Public, ∫ans faire de vains éforts pour la prévenir. Mais j'ai afecté une nouvèle ortografe, & toutes les nouveautez ont be∫oin d'éclairci∫∫emens. J'avoüerai pourtant que ∫i per∫one ne m'avoit fraié le chemin, je nû∫∫e o∫é m'y cometre : mais une Letre imprimée de Mon∫ieur l'Abé Dangeau, à Mon∫ieur de Pontchartrain, qui m'e∫t tombée dans les mains, m'a déterminé à une cho∫e où j'avois de l'inclination ; elle établit ce nouveau ∫i∫téme d'Ortografe avec beaucoup de nèteté, & même d'agrémens, dans une matiere qui ne semble ∫uceptible ni de l'un, ni de l'autre.

Le de∫∫ein de cete nouveauté e∫t d'aprocher autant qu'il e∫t possible l'Ortografe de la prononciation. Tant de per∫ones y ∫ont intere∫∫ées, qu'il y a lieu d'e∫perer de la faveur dans cete entrepri∫e. D'abord on a retranché toutes les letres doubles dans les mots où elles ne ∫ervent point à la prononciation, come dans apeler, le premier p ; dans oca∫ion, le premier c. [...]

L'utilité de cete Ortografe est grande ; elle aporte de la briéveté dans les Livres, du ménage dans l'impre∫∫ion, de la facilité dans la lecture. Les gens d'habitude auront peine à ∫e défaire d'une vieille coûtume ; il s'en faudra con∫oler en faveur de la Jeune∫∫e qui vieillira ; en ∫orte qu'un jour tout le Monde aura abjuré cét ereur."

Robert de Brye­, Le Duc de Guise surnommé le Balafré, 1694.

Dictées

On distinguera les dictées 'pour apprendre' et les dictées 'pour évaluer'.

Quelques exemples d'exercices :

- dictée négociée (chaque élève rédige son texte individuellement ; une confrontation a ensuite lieu et les élèves rédigent une seconde version négociée ) ;

- dictée aidée (des affiches ou des fiches réalisées au préalable par les élèves ou le droit de poser des questions à l'enseignant et/ou au groupe) ;

- dictée préparée (le texte a été vu au préalable et discuté entre élèves et/ou avec l'enseignant) ;

- auto-dictée (le texte a été appris par coeur et est restitué tel quel)...

I

En ce moment, une main blanche et délicate fit remonter la partie inférieure d’une des croisées du troisième étage. La figure d’une jeune fille, fraîche comme une de ces fleurs blanches qui fleurissent au sein des eaux, se montra couronnée d’une coiffe en mousseline froissée qui donnait à sa tête un air d’innocence admirable. Quoique couverts d’une étoffe brune, on pouvait apercevoir son cou et ses épaules, grâce à de légers interstices ménagés par les mouvements du sommeil. Pareille à ces fleurs de jour qui n’ont pas encore au matin déplié leur tunique roulée par le froid des nuits, la jeune fille, à peine éveillée, laissa errer ses yeux bleus sur les toits voisins et regarda le ciel ; puis, par une sorte d’habitude, elle les baissa sur les sombres régions de la rue, où ils rencontrèrent aussitôt ceux de son adorateur.

Brevet 2017

De temps en temps, je m'arrête, je tourne la tête et je regarde vers le bas de la rue où Paris s'entasse: des foyers éclatants et des taches de ténèbres piquetées de points d'or. Des flammes blanches ou rouges flambent d'en bas comme d'une vallée nocturne où s'est arrêtée la caravane des nomades. Et le bruit : bruit de fleuve ou de foule. Mais les flammes sont fausses et froides comme celles de l'enfer. En bas, dans un de ces parages sombres est ma rue du Dragon, mon hôtel du Dragon. Quel ordre sournois, le soir déjà lointain de ma première arrivée, m'a fait mystérieusement choisir cette rue, cet hôtel au nom dévorant et enflammé ?

Il me serait facile, d'ici, d'imaginer le monstre aux écailles de feu.

Jean Giono, Les Vraies Richesses, 1936

Brevet 2016

Mais il est six heures du soir. La nuit vous entre dans les yeux. On n'a plus que ses mains nues, que toute sa peau offerte à la boue. Elle vous effleure les doigts, légèrement et s'évade. Elle effleure les marches rocheuses, les marches solides qui portent bien les pas. Elle revient, plus hardie, et claque sur les paumes tendues. Elle baigne les marches […], les engloutit : brusquement, on la sent qui se roule autour des chevilles… Son étreinte d'abord n'est que lourdeur inerte. On lutte contre elle, et on lui échappe. C'est pénible, cela essouffle ; mais on lui arrache ses jambes, pas à pas…

Maurice Genevoix, "La Boue", Ceux de 14, 1916.

Brevet 2015

Il n'y avait rien d'autre sur la terre, rien, ni personne. Ils étaient nés du désert, aucun autre chemin ne pouvait les conduire. Ils ne disaient rien. Ils ne voulaient rien. Le vent passait sur eux, à travers eux, comme s'il n'y avait personne sur les dunes. Ils marchaient depuis la première aube, sans s'arrêter, la fatigue et la soif les enveloppaient comme une gangue. La sécheresse avait durci leurs lèvres et leur langue. La faim les rongeait. Ils n'auraient pas pu parler. Ils étaient devenus, depuis si longtemps, muets comme le désert, pleins de lumière quand le soleil brûle au centre du ciel vide.

Jean-Marie Gustave Le Clézio, Désert, 1980.

Brevet 2014

Beaucoup parmi les gens de la résistance passent la plupart de leur temps dans les trains. On ne peut rien confier au téléphone, au télégraphe, aux lettres. Tout courrier doit être porté. Toute confidence, tout contact exigent un déplacement. Et il y a les distributions d'armes, de journaux, de postes émetteurs, de matériel de sabotage. Ce qui explique la nécessité d'une armée d'agents de liaison qui tournent à travers la France comme des chevaux de manège. Ce qui explique aussi les coups terribles qui les atteignent. L'ennemi sait aussi bien que nous l'obligation où nous sommes de voyager sans cesse.

Joseph Kessel, L'Armée des ombres, 1963.

Brevet 2013

Tous les émigrants n'étaient pas obligés de passer par Ellis Island. Ceux qui avaient suffisamment d'argent pour voyager en première ou en deuxième classe étaient rapidement inspectés à bord par un médecin et un officier d'état civil et débarquaient sans problèmes. Le gouvernement fédéral estimait que ces émigrants auraient de quoi subvenir à leurs besoins et ne risqueraient pas d'être à la charge de l'Etat. Les émigrants qui devaient passer par Ellis étaient ceux qui voyageaient en troisième classe […] dans de grands dortoirs non seulement sans fenêtres mais pratiquement sans aération et sans lumière, où deux mille passagers s'entassaient sur des paillasses superposées.

Georges Perec, Ellis Island, 1980

Brevet 2012

Puis, une clameur s'éleva, où l'on distinguait les voix aiguës et les sauts de joie des enfants. Et il y eut une rentrée triomphale : Gervaise portait l'oie, les bras raidis, la face suante, épanouie dans un large rire silencieux ; les femmes marchaient derrière elle, riaient comme elle ; tandis que Nana, tout au bout, les yeux démesurément ouverts, se haussait pour voir. Quand l'oie fut sur la table, énorme, dorée, ruisselante de jus, on ne l'attaqua pas tout de suite.

Emile Zola, L'Assommoir, 1877.

Brevet 2011

Je dois vous dire aussi que j'ai contracté, en captivité, une dette envers les éléphants dont j'essaye seulement de m'acquitter. C'est un camarade qui avait eu cette idée, après quelques jours de cachot - un mètre dix sur un mètre cinquante - alors qu'il sentait que les murs allaient l'étouffer, il s'était mis à penser aux troupeaux d'éléphants en liberté - et, chaque matin, les Allemands le trouvaient en pleine forme, en train de rigoler : il était devenu increvable.

Romain Gary, Les racines du ciel, 1954.

Brevet 2010

La mer est partie si loin qu'elle ne reviendra peut-être plus jamais ?… Si, elle reviendra, traîtresse et furtive comme je la connais ici. On ne pense pas à elle ; on lit sur le sable, on joue, on dort, face au ciel, jusqu'au moment où une langue froide, insinuée entre vos orteils, vous arrache un cri nerveux : la mer est là, toute plate, elle a couvert ses vingt kilomètres de plage avec une vitesse silencieuse de serpent. Avant qu'on l'ait prévu, elle a mouillé le livre, noirci la jupe blanche, noyé le jeu de croquet et le tennis.

D'après Colette, « Partie de pêche », Les Vrilles de la vigne, 1908.

Brevet 2009

Dans les villages, on ne lui donnait guère : on le connaissait trop ; on était fatigué de lui depuis quarante ans qu'on le voyait promener de masure en masure son corps loqueteux et difforme sur ses deux pattes de bois. Il ne voulait point s'en aller cependant, parce qu'il ne connaissait pas autre chose sur la terre que ce coin de pays, ces trois ou quatre hameaux où il avait trainé sa vie misérable. Il avait mis des frontières à sa mendicité.

Maupassant, Contes du jour et de la nuit, 1885.

Brevet 2008

Ce jour-là, ils traînaient le long des chemins et leurs pas semblaient alourdis de toute la mélancolie du temps, de la saison et du paysage. Quelques-uns cependant, les grands, étaient déjà dans la cour de l'école et discutaient avec animation. Le père Simon, le maître, sa calotte en arrière et ses lunettes sur le front, dominant les yeux, était installé devant la porte qui donnait sur la rue. Il surveillait l'entrée, gourmandait les traînards, et, au fur et à mesure de leur arrivée, les petits garçons, soulevant leur casquette, passaient devant lui, traversaient le couloir et se répandaient dans la cour.

Louis Pergaud, La guerre des boutons, 1912.

Brevet 2007

L'homme baissa la tête, ramassa le sac qu'il avait déposé à terre, et s'en alla. Il prit la grande rue. Il marchait devant lui au hasard, rasant de près les maisons, comme un homme humilié et triste. Il ne se retourna pas une seule fois. S'il s'était retourné, il aurait vu l'aubergiste de La Croix-de-Colbas sur le seuil de sa porte, entouré de tous les voyageurs de son auberge et de tous les passants de la rue, parlant vivement et le désignant du doigt, et, aux regards de défiance et d'effroi du groupe, il aurait deviné qu'avant peu son arrivée serait l'événement de toute la ville.

Victor Hugo, Les Misérables, 1862.

Fiche

Écrire sans erreurs

Cette fiche est destinée à rappeler les principales règles d'orthographe

Rappel des principales règles d'orthographe grammaticale

Les accords
Dans le groupe nominal

Le pluriel des noms commence à 2 : 1,9 mètre ; 2 mètres. Certains noms ont un sens pluriel mais sont des noms singuliers : "Tout le monde pense comme ça".

Les noms en -ail ont un pluriel en -s (des portails) sauf baux, coraux, émaux, soupiraux, travaux, vantaux, vitraux. Les noms en -al ont un pluriel en -aux (des animaux) sauf bals, carnavals, chacals, chorals, festivals, récitals, régals. Les noms en -au, -eau ont toujours un pluriel en -aux, -eaux (des joyaux, des châteaux), sauf landaus, sarraus. Les noms en -eu ont un pluriel en -eux (des cheveux) sauf émeus, bleus, lieus (le poisson), pneus. Les noms en -ou ont un pluriel en -ous (des clous) sauf bijoux, cailloux, choux, genoux, hiboux, joujoux, poux, ripoux.

Le pluriel des noms étrangers suit le modèle des noms français : des barmans, des solos.

Dans les noms composés, seuls les éléments issus d'un nom ou d'un adjectif se mettent au pluriel (des rouges-gorges, des coffres-forts) ; ceux qui sont issus d'un verbe, d'un adverbe ou d'une préposition restent invariables : des tire-bouchons, des contre-allées, des sèche-linges.

L'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte. Un certain nombre d'adjectifs font leur pluriel en -x : beaux, nouveaux et les adjectifs en -al (verticaux) sauf : banal, bancal, fatal, final, glacial, natal, naval, tonal.

Les adjectifs de couleur provenant d'un nom sont invariables (des robes marrons, orange, crème, etc.) sauf rose, pourpre, mauve, écarlate, fauve, incarnat. Les adjectifs de couleur sont invariables quand ils sont modifiés par un autre adjectifs : des robes rose pâle.

Vingt et cent s'accordent uniquement quand ils sont en position finale : deux cents euros / deux cent vingt quatre euros. Mille ne s'accorde jamais. Million, milliard sont variables.

Dans le groupe verbal

Le verbe s'accorde toujours avec son sujet, même quand ce dernier est inversé : "Avec le début de l'hiver apparaissent les jours pluvieux".

Quand il est conjugué avec l'auxiliaire être, le participe passé s'accorde avec le sujet : "La voiture est tombée."

Quand il est conjugué avec l'auxiliaire avoir, le participe passé ne s'accorde pas avec le sujet : "La voiture a foncé dans une habitation."

Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé peut s'accorder avec le COD, quand celui-ci est placé avant l'auxiliaire : "Les dégâts sont considérables. L'expert les a estimés à un montant très élevé."

La 'méthode Wilmet' (universitaire belge) permet de savoir simplement si on doit accorder un participe passé.

Au moment où l'on écrit le participe passé, a-t-on déjà écrit ce qui est [+ participe passé] ? Si oui, on accorde. Si non, on n'accorde pas.

J'ai acheté des pommes.

Les fleurs sont fanées.

Les gâteaux que j'ai mangés étaient délicieux.

Où as-tu attrapé cette maladie ?

Quelle voiture as-tu achetée ?

Cela fonctionne avec les verbes pronominaux.

Elle s'est lavée.

Elle s'est lavé les pieds.

Ils se sont embrassés.

Ils se sont lancé toutes sortes d'insultes.

Les homophones

Il n'y a pas de moyen de distinguer phonétiquement l'infinitif et le participe passé des verbes du premier groupe. En cas de doute sur la terminaison, il faut remplacer par un verbe d'un autre groupe :"Je vais marcher" > "Je vais courir"; "J'ai marché" > "'J'ai couru"; "Je vais vous frapper" > "Je vais vous endormir".

En cas de doute sur les homophones à/a, ma/m'a, on/ont, mon/m'ont, il faut changer le temps de la phrase.

"Il est parti à Paris" > "Il était parti à Paris / "Il a pris la route" > "Il avait pris la route"

"Ma moto a disparu" > "Ma moto avait disparu" / "On m'a pris ma moto" > "On m'avait pris ma moto"

"On a sonné à la porte" > "On avait sonné à la porte" / "Ils ont pris la porte" > "Ils avaient pris la porte"

"Mon vélo a disparu" > "Mon vélo avait disparu" / "Ils m'ont pris mon vélo" > "Ils m'avaient pris mon vélo"

En cas de doute sur les homophones ces/ses/c'est/s'est, il faut changer le temps verbal ou la personne. Avec 'ces', on peut ajouter les éléments -ci ou -là après le nom.

"Ses amis sont venus" > "Mes amis sont venus"

"C'est dommage" > "C'était dommage"

"Il s'est perdu" > "tu t'es perdu" / "Il s'était perdu"

"Ces personnes sont célèbres" > "Ces personnes-ci / - sont célèbres"