Connaissances littéraires

Évaluations

Repère 01

Les figures de style

Répertoire

On parle de figures de style, de figures de rhétorique, ou encore de procédés littéraires.

ACCUMULATION : C'est une suite de mots ou de groupes de mots différents : "Don Fernand, dans sa province, est oisif, ignorant, médisant, querelleux..." (La Bruyère)

ALLEGORIE : Des sujets abstraits sont évoqués par des images concrètes : La Justice, par exemple, sous la forme d'une balance.

ALLITERATION : C'est la répétition de sons consonnes : "Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?" (Racine)

ANTIPHRASE : Elle exprime explicitement le contraire de ce qu'elle signifie en réalité ; "Bravo !" à quelqu'un qui vient de commettre une maladresse.

ANTITHESE : C'est une opposition : "Joyeux, j'ai vingt-cinq ans ; triste, j'en ai cinquante." (Hugo)

ASSONANCE : C'est la répétition de sons voyelles : "Les sanglots longs / Des violons / De l'automne / Blessent mon cœur..." (Verlaine)

CHIASME : C'est une figure de symétrie, qui suit le schéma ABBA : "Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger" (Molière).

COMPARAISON : Elle met en relation un comparé et un comparant au moyen d'un outil de comparaison (comme, pareil à...) : "Elle est rouge comme une tomate."

EUPHEMISME : c'est une atténuation de l'expression, pour ne pas heurter : "Rendre le dernier soupir, s'éteindre, disparaître..."

GRADATION : C'est une accumulation dont les termes suivent une suite logique. Elle peut être ascendante ou descendante : "Descriptif ! C'est un roc ! c'est un pic ! c'est un cap ! // Que dis-je, c'est un cap ? C'est une péninsule !" (Rostand)

HYPERBOLE : Le propos est exagéré afin de paraître plus frappant : "C'est un géant."

LITOTE : Elle consiste à dire peu pour suggérer beaucoup. : "Il n'est pas bête".

METAPHORE : C'est une comparaison dont on a enlevé l'outil : "Cet enfant est un petit démon" ; "Ce petit démon a encore cassé un vase."

METONYMIE : Elle désigne une chose par une autre : contenant pour le contenu, lieu de production pour le produit... : "Boire un verre", "exposer un Picasso", "une bouteille de Champagne".

OXYMORE : Il associe deux termes normalement contradictoires : "Cette obscure clarté qui tombe des étoiles" (Corneille).

PARALLELISME : C'est la répétition d'une même construction : "Que la vie est belle ! Que la nature est tendre !"

PERSONNIFICATION : on donne à un animal ou un objet des sentiments ou des comportements humains : "La rue assourdissante autour de moi hurlait." (Baudelaire)

REPETITION : C'est une suite de mots ou de groupes de mots identiques : "Hélas ! Hélas ! Hélas !"

Atelier

Les figures de style

Observation

1. Identifiez les figures de style utilisées dans les expressions suivantes : Maigre comme un clou ; les maths ne sont pas son fort ; c'est bonnet blanc et blanc bonnet ; verser toutes les larmes de son corps ; jeux de mains, jeux de vilains ; être dans de beaux draps ; une personne à mobilité réduite ; finir son assiette ; un conte à dormir debout.

2. Dans les images ci-contre, indiquez quelle figure de style est utilisée.

Le même endroit. Des températures différentes. climatisation bi-zone. FORD. Allez plus loin.

VIKING. Elle s'arrête seulement quand vous le voulez.

WWF. Qu'est-ce que nous sommes en train de faire à notre planète ?

NESTOR. Il ne sait pas retrouver sa maison, même s'il vit dans le même quartier depuis 74 ans. Les patients et les soignants qui font face à la démence ou à Alzheimer ont besoin d'aide.

ALLIANZ. Ça sonne tellement bien, j'adoooore...

CASA. Quand il contrôle votre vie, ce n'est plus votre vie.

Écriture

Inventez des slogans publicitaires en tenant compte des contraintes suivantes :

- un parallélisme et une hyperbole pour un téléviseur ;

- une gradation et une anaphore pour une fédération sportive ;

- une antithèse et une métaphore pour une campagne de prévention routière (alcool, vue, fatigue).

Slogans pour : un parfum : Une oasis de senteurs dans un désert inodore ; un téléviseur : Une image sans égale, un bonheur sans limite ; une fédération sportive : On dribble, on passe, on marque ! une campagne contre les addictions : L'alcool, la drogue, deux pollutions pour l'homme !

Fiche

Le roman et la nouvelle

Les outils d'analyse

Le narrateur

Qui parle ? Le récit peut être raconté par un narrateur extérieur à l'histoire, à la troisième personne, ou par un narrateur-personnage, à la première personne.

Le point de vue

Qui voit ? On distingue dans un récit plusieurs points de vue possibles (on parle aussi de focalisation) :

  • le point de vue omniscient permet au lecteur d'en savoir plus que les personnages ;
  • le point de vue interne place le lecteur dans la conscience d'un personnage (il n'en sait pas plus que ce personnage et voit l'action, les objets, les autres personnages à travers son regard) ;
  • le point de vue externe place le lecteur en position d'observateur extérieur : il n'a pas accès à l'intériorité des personnages.
Les descriptions

Un roman comporte généralement des descriptions, qui sont introduites dans le récit pour :

  • leur beauté (fonction d'ornement) ;
  • donner des informations au lecteur sur un lieu, un objet, un métier (fonction documentaire) ;
  • donner des indices au lecteur sur le caractère d'un personnage, l'atmosphère d'un lieu (fonction symbolique) ;

  • produire un effet de réel, pour suggérer que le texte imite parfaitement la réalité (fonction mimétique)

Fiche

L'argumentation

Les outils d'analyse

On sera attentif, dans un discours oral, aux procédés d'emphase, c'est-à-dire à toutes les figures de style qui permettent à un orateur de souligner son propos (répétition, apostrophe, questions rhétoriques, etc.)

A l'écrit, l'argumentation apparaît souvent dans la littérature engagée qui argumente pour dénoncer une injustice ou attirer l'attention sur une cause.

Que ce soit à l'écrit ou à l'oral, différentes stratégies argumentatives sont possibles. Convaincre, c'est s'adresser la raison ; persuader, c'est s'adresser aux sentiments et aux émotions.

Selon le sentiment ou l'émotion visés, on distingue différents registres :

  • le pathétique (pitié, compassion),
  • le comique (rire, amusement, joie),
  • l'élégiaque (tristesse, douleur),
  • le polémique (colère, indignation, révolte),
  • le satirique (moquerie),
  • le tragique (conscience de la mort inéluctable, de la fatalité),
  • l'épique (admiration, fascination),
  • le lyrique (attendrissement)

On distingue deux types d'argumentation : directe et indirecte.

Directe Indirecte

Elle expose le point de vue qu'elle veut défendre, avec des arguments explicites.

L'éloge et le blâme : portrait favorable ou défavorable d'un homme.

Le réquisitoire et le plaidoyer : dans le cadre d'un procès, discours visant à persuader de l'innocence ou de la culpabilité.

La satire ou le pamphlet : discours qui se moque de quelqu'un ou de quelque chose ; attaque virulente et moqueuse.

L'essai : point de vue argumenté sur un sujet.

Elle met à profit un récit pour défendre un certain point de vue. Elle reste donc implicite.

La fable : récit plaisant, qui met en scène des animaux, mais qui vise la société humaine, souvent conclu par une morale.

Le conte philosophique : aventures d'un personnage naïf entraîné malgré lui dans une suite de péripéties, qui l'amènent à réfléchir sur le monde et les hommes.

Fiche

La poésie

Les outils d'analyse

1.1. Le vers

Le vers (du latin versus, "sillon") est une ligne.

Les mètres ou longueurs de vers sont mesurés en syllabes. On distingue l'alexandrin (12 syllabes), l'hendécasyllabe (11) le décasyllabe (10), l'octosyllabe (8), l'heptasyllabe (7), l'hexasyllabe (6), le pentasyllabe (5).

En poésie, le "e" muet, lorsqu'il est entre deux consonnes, est prononcé. La diérèse consiste à prononcer une suite de voyelles en plusieurs syllabes ("li-on", "mari-er", "mi-ette").

Au sein du vers, les coupes sont des pauses qui rythment le vers. La césure est la coupe médiane des vers de plus de huit syllabes. Elle partage alors le vers en deux segments nommés hémistiches.

Que ces vains ornements, // que ces voiles me pèsent !

J. Racine, Phèdre, 1677.

Lorsque la phrase déborde du vers, on parle d'enjambement. Un enjambement qui met un groupe ou un mot en valeur est appelé rejet.

Serait-ce déjà lui ? C'est bien à l'escalier

Dérobé...

V. Hugo, Hernani, 1830.

1.2. La rime

La rime est le retour d'un son identique en fin de vers.

On sera attentif à :

  • la disposition des rimes : rimes plates ou suivies (aabb), rimes croisées (abab), rimes embrassées (abba) ;
  • le genre des rimes : la versification classique impose l'alternance de la rime féminine (terminée par un "e" muet) et masculine (toutes les autres) ;
  • la qualité des rimes : rime pauvre (un seul son commun), rime suffisante (deux sons communs), rime riche (trois sons ou plus en commun).

1.3. La strophe

La strophe est un ensemble de vers : distique (2 vers), tercet (3), quatrain (4), quintil (5), sizain (6).

Fiche

Le théâtre

Les outils d'analyse

1.1. Le texte de théâtre

Un texte de théâtre comprend deux types d'énoncés très différents :

  • les répliques sont prononcées par les personnages ;
  • les didascalies donnent des indications pour la représentation (découpage de la pièce, décors, costumes, jeu des acteurs, etc.) ;

On ne confondra pas la tirade, qui est une longue réplique prononcée lors d'un dialogue, le monologue et l'aparté (réplique prononcée à part des autres personnages).

La stichomythie est un échange de répliques brèves.

Quand des acteurs jouent des personnages qui jouent un rôle, on parle de mise en abyme, ou de théâtre dans le théâtre.

1.2. L'action d'une pièce

Une pièce classique comporte plusieurs moments essentiels :

  • l'exposition permet d'indiquer au spectateur les éléments qui lui sont nécessaires pour comprendre l'action (lieu, époque, personnages) ; à l'époque classique, l'exposition occupe généralement le premier acte ;
  • le noeud suit l'exposition : il s'agit du conflit dans lequel se débattent les personnages ;
  • la péripétie est un retournement de l'action ; c'est principalement le moment de l'intrigue où s'articule le noeud et le dénouement ;
  • le dénouement est un retour à l'équilibre.

1.3. La représentation

On parle de scénographie pour désigner l'agencement de l'espace scénique (rapport salle-scène, décors, lumières).

1.4. Le comique, formes et procédés

On distingue les formes du comique (caractère, situation, geste et mot) et les procédés du comique (répétition, opposition, exagération, inversion, confusion, etc.).

Repère

Le comique

Exemples

Forme →
-
Procédé ↓
Comique de geste (ce que les personnages font : actions, coups, déplacements, chutes, etc.) Comique de mots (ce que les personnages disent mais aussi leur façon de parler, leur langue, etc.) Comique de caractère (ce que les personnages sont : leur costume, leur apparence, leur personnalité, leurs tics, etc.) Comique de situation (la situation dans laquelle ils se trouvent)
Répétition (le vivant devient comme une mécanique)

Dans Une vie de chien, Charlot, poursuivi par un policier, roule sous la clôture à chaque fois qu'il arrive de l'autre côté.

Dans L'Avare, Harpagon ne cesse de répéter : "Mais qu'allait-il faire dans cette galère ?"

Les Daltons sont quatre fois le même personnage.

Interférence (Deux significations, deux situations, deux personnes, deux logiques se mélangent)

Dans Les Temps Modernes, Charlot répète le geste de visser des boulons sur les boutons du tailleur d'une dame.

Comme j'avais entendu dire : - "A quand les vacances ?... " Je me dis : - " Bon !... Je vais aller à Caen..." (Devos)

C'est le principe du quiproquo : deux situations se télescopent.

Amplification (il y a exagération) ou accumulation

Dans les cartoons de Tex Avery, les personnages se donnent des coups de marteau sur la tête, se font exploser, etc.

C'est le principe de la caricature : les traits, les tics des personnages sont grossis.

Dans The Party, le personnage principal, en essayant de réparer une chasse d'eau, détruit peu à peu toute la salle de bain.

Opposition (il y a contraste entre deux éléments)

Laurel et Hardy, deux personnages opposés, comme Bouvard et Pécuchet.

Inversion (il y a retournement et renversement)

Rabelais écrit qu'il n'y a qu'une très légère différence "entre femme folle à la messe, et femme molle à la fesse."

Dans Certaines l'aiment chaud, deux hommes se déguisent en femmes pour échapper à leurs poursuivants.

C'est le principe de l'arroseur arrosé ou le voleur volé : le personnage est pris à son propre piège.

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