Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

Objet d'étude : La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe s.

Problématique : La Déclaration des droits de la femme, simple déclinaison de la Déclaration des droits de l'Homme ou véritable pamphlet ?

Support : Olympe de Gouges, Femme réveille-toi, coll. Folio 2€.

Séance 01

La place des femmes, hier et aujourd'hui

Observation

Soient les planches de bande dessinée ci-contre.

1. Que montrent-elles sur le rôle des femmes dans l'histoire et le débat d'idées du XVIIIe s. ?

2. Que nous montrent-elles, plus particulièrement, sur l'oeuvre d'Olympe de Gouges ?

Pistes

José-Louis Bocquet et Catel Muller, Olympe de Gouges, 2012.

Prolongement

Selon vous, quelle est la morale de cette vidéo ?

Séance 02

Le jeu des différences

Lecture

1. Comment progresse la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen ? Donnez un titre à chaque article/groupe d'article suivant :

a. I à III : ...

b. IV à VI : ...

c. VII à X : ...

2. Choisissez trois modifications effectués par Olympe de Gouges et commentez-les.

Pistes

Explication

En vous appuyant sur les réponses précédentes, expliquez les articles I à X.

Prolongement

Étudiez la négation dans l'article III de la Déclaration des droits de la Femme.

La Déclaration des Droits de L'Homme et du Citoyen
Article premier

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

II

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression.

III

Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

IV

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

V

La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.

VI

La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

VII

Nul homme ne peut être accusé, arrêté, ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout Citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi, doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance.

VIII

La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.

IX

Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne, doit être sévèrement réprimée par la Loi.

X

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.

XI

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.

XII

La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

XIII

Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs facultés.

[...]

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, adoptée à l'Assemblée Nationale en octobre 1789.

La Déclaration des Droits de La Femme et de La Citoyenne
Article premier

La Femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

II

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la Femme et de l'Homme : ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et surtout la résistance à l'oppression.

III

Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n'est que la réunion de la Femme et de l'Homme : nul corps, nul individu, ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

IV

La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.

V

Les lois de la nature et de la raison défendent toutes actions nuisibles à la société : tout ce qui n'est pas défendu par ces lois, sages et divines, ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elles n'ordonnent pas.

VI

La Loi doit être l'expression de la volonté générale ; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation ; elle doit être la même pour tous : toutes les citoyennes et tous les citoyens, étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.

VII

Nulle femme n'est exceptée ; elle est accusée, arrêtée, et détenue dans les cas déterminés par la Loi. Les femmes obéissent comme les hommes à cette Loi rigoureuse.

VIII

La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée aux femmes.

IX

Toute femme étant déclarée coupable, toute rigueur est exercée par la Loi.

X

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales, la femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ; pourvu que ses manifestations ne troublent pas l'ordre public établi par la Loi.

XI

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. Toute Citoyenne peut donc dire librement, je suis mère d'un enfant qui vous appartient, sans qu'un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

XII

La garantie des droits de la femme et de la Citoyenne nécessite une utilité majeure ; cette garantie doit être instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de celles à qui elle est confiée.

XIII

Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, les contributions de la femme et de l'homme sont égales ; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles ; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l'industrie.

[...]

Olympe de Gouges, La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, présentée à l'Assemblée Nationale en octobre 1791.

Séance 03

Les propositions subordonnées relatives

Notion

Les propositions subordonnées relatives

Application

1. Étudiez les propositions subordonnées relatives dans les phrases suivantes : identifiez le début et la fin de la relative, son antécédent, le type de relative dont il s'agit.

a. "Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n'est que la réunion de la Femme et de l'Homme : nul corps, nul individu, ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément."

b. "La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose"

2. Transformez l'une des propositions pour en faire une relative.

a. "La femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune."

b. "La Loi doit être l'expression de la volonté générale ; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation."

3. Transformez la phrase suivante de façon à obtenir des propositions indépendantes (en supprimant la relation de subordination).

a. "L'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose."

Pistes

Séance 04

Compréhension

Questions

Vous répondrez à chacune de ces questions par deux ou trois phrases et une citation bien choisie. Il est inutile ici de procéder à des analyses stylistiques. Le livre est autorisé. Vous travaillerez à deux, et rendrez une copie pour deux.

1. Que reproche Olympe de Gouges aux hommes dans le Préambule ? De quelle façon ? (4 points)

2. Que demande Olympe de Gouges dans sa Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne ? Indiquez plusieurs principes qui vous paraissent particulièrement intéressants : un bref résumé, une citation pour chaque principe). (4 points + 2 points de bonus si réponse particulièrement intéressante)

3. Olympe de Gouges s'est-elle contentée de mettre au féminin la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen ? (4 points)

4. Quelle image Olympe de Gouges donne-t-elle de la condition des femmes dans le troisième paragraphe du Postambule ("Dans cette sorte d'antithèse...") et surtout dans la deuxième partie de celui-ci ? (4 points)

5. Selon vous, l'oeuvre d'Olympe de Gouges conteste-t-elle ou continue-t-elle la Révolution française ? La citation n'est pas obligatoire pour cette question. (4 points)

Pistes

Séance 05

Le procès de Bobigny

Contraction

Vous contracterez ce texte en 115 mots environ.

Pistes

Débat

Les luttes pour les droits des femmes vous paraissent-elles encore nécessaires aujourd'hui ?

Y a-t-il encore, aujourd'hui, des inégalités entre hommes et femmes qui vous paraissent injustes et révoltantes ?

Selon vous, comment peut-on éduquer à l'égalité entre les hommes et les femmes ?

Selon vous, le féminisme est-il encore nécessaire ?

2. Qu'est-ce qu'une juste répartition des tâches entre l'homme et la femme ?

Notes

1. Sous la féodalité, Personne qui n'avait pas de liberté personnelle, était attachée à une terre et assujettie à des obligations.

En 1971, Marie-Claire Chevalier, alors âgée de 16 ans, tombe enceinte à la suite d'un viol. Sa mère et des amies de cette dernière l'aident à avorter. Les cinq femmes sont arrêtées et jugées pour complicité ou pratique de l'avortement. Ce procès, dont la défense fut assurée par l'avocate Gisèle Halimi, eut un énorme retentissement et contribua à la dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse en France.

Savez-vous, Messieurs, que les rédacteurs du Code civil, dans leur préambule, avaient écrit ceci et c'est tout le destin de la femme : "La femme est donnée à l'homme pour qu'elle fasse des enfants… Elle est donc sa propriété comme l'arbre à fruits est celle du jardinier." Certes, le Code civil a changé, et nous nous en réjouissons. Mais il est un point fondamental, absolument fondamental sur lequel la femme reste opprimée, et il faut, ce soir, que vous fassiez l'effort de nous comprendre.

Nous n'avons pas le droit de disposer de nous-mêmes.

S'il reste encore au monde un serf1, c'est la femme, c'est la serve, puisqu'elle comparaît devant vous, Messieurs, quand elle n'a pas obéi à votre loi, quand elle avorte. Comparaître devant vous. N'est-ce pas déjà le signe le plus certain de notre oppression ? Pardonnez-moi, Messieurs, mais j'ai décidé de tout dire ce soir. Regardez-vous et regardez-nous. Quatre femmes comparaissent devant quatre hommes… Et pour parler de quoi ? De sondes, d'utérus, de ventres, de grossesses, et d'avortements !... [...]

Ne croyez-vous pas que c'est là le signe de ce système oppressif que subit la femme ? Comment voulez-vous que ces femmes puissent avoir envie de faire passer tout ce qu'elles ressentent jusqu'à vous ? Elles ont tenté de le faire, bien sûr, mais quelle que soit votre bonne volonté pour les comprendre - et je ne la mets pas en doute - elles ne peuvent pas le faire. Elles parlent d'elles-mêmes, elles parlent de leur corps, de leur condition de femmes, et elles en parlent à quatre hommes qui vont tout à l'heure les juger. Cette revendication élémentaire, physique, première, disposer de nous-mêmes, disposer de notre corps, quand nous la formulons, nous la formulons auprès de qui ? Auprès d'hommes. C'est à vous que nous nous adressons.

Nous vous disons : "Nous, les femmes, nous ne voulons plus être des serves".

Est-ce que vous accepteriez, vous, Messieurs, de comparaître devant des tribunaux de femmes parce que vous auriez disposé de votre corps ?... Cela est démentiel !

Accepter que nous soyons à ce point aliénées, accepter que nous ne puissions pas disposer de notre corps, ce serait accepter, Messieurs, que nous soyons de véritables boîtes, des réceptacles dans lesquels on sème par surprise, par erreur, par ignorance, dans lesquels on sème un spermatozoïde. Ce serait accepter que nous soyons des bêtes de reproduction sans que nous ayons un mot à dire.

L'acte de procréation est l'acte de liberté par excellence. La liberté entre toutes les libertés, la plus fondamentale, la plus intime de nos libertés. Et personne, comprenez-moi, Messieurs, personne n'a jamais pu obliger une femme à donner la vie quand elle a décidé de ne pas le faire.

En jugeant aujourd'hui, vous allez vous déterminer à l'égard de l'avortement et à l'égard de cette loi et de cette répression, et surtout, vous ne devrez pas esquiver la question qui est fondamentale. Est-ce qu'un être humain, quel que soit son sexe, a le droit de disposer de lui-même ? Nous n'avons plus le droit de l'éviter.

J'en ai terminé et je prie le tribunal d'excuser la longueur de mes explications. [...] Ce jugement, Messieurs, vous le savez - je ne fuis pas la difficulté, et c'est pour cela que je parle de courage - ce jugement de relaxe sera irréversible, et à votre suite, le législateur s'en préoccupera. Nous vous le disons, il faut le prononcer, parce que nous, les femmes, nous, la moitié de l'humanité, nous sommes mises en marche. Je crois que nous n'accepterons plus que se perpétue cette oppression.

Messieurs, il vous appartient aujourd'hui de dire que l'ère d'un monde fini commence.

Me Gisèle Halimi, plaidoirie prononcée au procès de Bobigny le 22 novembre 1972.

Séance 06

"Femme, réveille-toi"

Explication

1. Tocsin : Sonnerie de cloche répétée et prolongée, pour donner l'alarme.

2. Dans l'Évangile selon Jean, le Christ répond à sa mère, lors des noces à Cana : "Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ?" (Jean, 2:4).

Vous commenterez le texte d'Olympe de Gouges en vous appuyant sur les axes de lecture suivants :

- un discours qui exhorte les femmes à passer à l'action ;

- une réflexion politique inspirée par les Lumières.

Dans ce devoir, vous ne ferez qu'une introduction complète, et l'un des deux axes, celui de votre choix.

Femme, réveille-toi ; le tocsin1 de la raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n'est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l'usurpation. L'homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles ? Quels sont les avantages que vous recueillis dans la révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Dans les siècles de corruption vous n'avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre empire est détruit ; que vous reste t-il donc ? La conviction des injustices de l'homme. La réclamation de votre patrimoine, fondée sur les sages décrets de la nature ; qu'auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise ? Le bon mot du Législateur des noces de Cana2 ? Craignez-vous que nos Législateurs français, correcteurs de cette morale, longtemps accrochée aux branches de la politique, mais qui n'est plus de saison, ne vous répètent : femmes, qu'y a-t-il de commun entre vous et nous ? Tout, auriez-vous à répondre. S'ils s'obstinent, dans leur faiblesse, à mettre cette inconséquence en contradiction avec leurs principes ; opposez courageusement la force de la raison aux vaines prétentions de supériorité ; réunissez-vous sous les étendards de la philosophie ; déployez toute l'énergie de votre caractère, et vous verrez bientôt ces orgueilleux, non serviles adorateurs rampants à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l'Être Suprême. Quelles que soient les barrières que l'on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous n'avez qu'à le vouloir.

Olympe de Gouges, La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791.

Explication

1. Montrez qu'Olympe de Gouges exhorte ses contemporaines à entrer dans une nouvelle ère, celle des Lumières. (du début à "...injuste envers sa compagne.")

2. Quel bilan Olympe de Gouges fait-elle de la Révolution et de ses acquis ? (de "Ô femmes ! Femmes..." à "...auriez-vous à répondre").

3. Comment Olympe de Gouges appelle-t-elle ses contemporaines à passer à l'action ? (de "S'ils s'obstinent..." à la fin)

Notes

* Comment l'auteur a-t-il formulé son propos : on attend des connaissances linguistiques ou littéraires.

** Pourquoi a-t-il choisi cette forme ?

1. ...

Argument (une phrase complète) Explications (non rédigées, notes de travail) Citations + analyse* + interprétation** (non rédigées, notes de travail)
a.
b.


2. ...

Argument (une phrase complète) Explications (non rédigées, notes de travail) Citations + analyse* + interprétation** (non rédigées, notes de travail)
a.
b.


3. ...

Argument (une phrase complète) Explications (non rédigées, notes de travail) Citations + analyse* + interprétation** (non rédigées, notes de travail)
a.
b.

Séance 07

Méthodologie

Le plan

ATTENTION : C'est un plan de commentaire, pas d'explication linéaire.


Une citation = une analyse. On attend, dans une analyse, une connaissance (comment le texte dit les choses) et une interprétation (pourquoi le texte dit les choses comme ça, quel est l'intérêt).

I. Un discours qui exhorte les femmes à passer à l'action


1. Une critique de la passivité des femmes. "Femme, réveille-toi" : apostrophe, impératif, tutoiement. "Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles ?" Apostrophe, question rhétorique, reproche.

2. Une réparation pour les injustices subies. La critique d'une révolution imparfaite et partiale. "Quels sont les avantages que vous recueillis dans la révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé." Parallélisme. Les femmes ont tout perdu.

3. Une exhortation à la révolte. "Opposez courageusement la force de la raison aux vaines prétentions de supériorité ; réunissez-vous sous les étendards de la philosophie ; déployez toute l'énergie de votre caractère". Accumulation d'impératifs, langage martial.


II. Une réflexion politique qui s'appuie sur les valeurs des Lumières


1. La critique des temps passés. L'Ancien Régime, une époque de "de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges." Accumulation, champ lexical de l'erreur et de la tromperie. "Dans les siècles de corruption vous n'avez régné que sur la faiblesse des hommes."

2. L'éloge de la pensée des Lumières. Diffusion des connaissances, bouleversement social et politique. "Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l'usurpation". Champ lexical de la raison : "la force de la raison", "les étendards de la philosophie"

3. Un idéal utopique d'égalité. Éloge de la nature. Une égalité parfaite. "vous verrez bientôt ces orgueilleux, non serviles adorateurs rampants à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l'Être Suprême."

Le devoir

On ne commence pas l'introduction par "Cet extrait..." mais par contextualiser (parler de l'époque, du thème, de l'auteur, etc.).

Attention à bien structurer vos paragraphes (un paragraphe = un argument + des explications + une citation) et à bien insérer les citations.

Les inégalités entre hommes et femmes sont un sujet très contemporain, mais aussi très ancien. Au XVIIIe s., dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges rappelle aux hommes l'importance des femmes et dénonce le peu de considération dont elle font l'objet pendant la Révolution. Dans le Postambule, loin de les idéaliser, elle s'en prend violemment à la passivité des femmes de son temps. Comment, dans ce texte, Olympe de Gouges s'adresse-t-elle à ses contemporaines ? Nous verrons dans un premier temps qu'il s'agit d'un discours qui exhorte les femmes à passer à l'action, puis nous montrerons qu'il s'agit aussi d'une réflexion politique qui s'appuie sur les valeurs des Lumières.


Dans cet extrait, Olympe de Gouges semble prononcer un discours pour exhorter les femmes à passer à l'action.

Elle s'adresse aux femmes de façon très directe et leur reproche leur passivité. Le ton qu'elle adopte est presque brutal. Dès les premiers mots du Postambule, elle interpelle : "Femme, réveille-toi". L'auteure s'adresse directement à sa lectrice, en la tutoyant, avec un impératif. Olympe de Gouges interpelle également ses contemporaines par une question rhétorique : "Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles ?" L'exclamation suggère un reproche, ou une plainte. Dans les deux apostrophes, l'auteure fait un reproche aux femmes : dans le premier, d'être endormies, dans le second, de ne rien voir. Olympe de Gouges s'adresse donc à ses contemporaines pour leur demander de changer d'attitude, de sortir de leur passivité.

Elle leur rappelle qu'elles n'ont rien gagné à la Révolution. Il y a, selon elle, une véritable injustice qui demande réparation. Les promesses d'égalité pour tous n'ont pas été tenues : "Quels sont les avantages que vous recueillis dans la révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé." La question rhétorique sert ici à remettre en cause les soi-disant acquis de la Révolution. Le parallélisme et l'ironie de sa réponse souligne que les femmes ont perdu beaucoup et rien gagné. Ce constat est répété par une seconde question rhétorique : "Votre empire est détruit ; que vous reste t-il donc ?" Les femmes, selon Olympe de Gouges, sont donc les grandes perdantes de cette Révolution.

Elle les incite donc à réagir. Selon elle, il est temps de lutter et de se révolter contre ces injustices, par une série d'injonctions à l'impératif adressées à ses contemporaines : "Opposez courageusement la force de la raison aux vaines prétentions de supériorité ; réunissez-vous sous les étendards de la philosophie ; déployez toute l'énergie de votre caractère." Olympe de Gouges utilise à la fois un vocabulaire martial ("courageusement", "la force", "les étendards", "l'énergie") et en même temps un champ lexical de l'esprit : "la raison", "la philosophie", "votre caractère". Les armes qu'elle invite ses contemporaines à prendre sont donc celles de l'esprit, et le combat qu'elle appelle est un combat intellectuel.