Science et fiction

L'utopie.

À propos de H. G. Wells, Jules Verne écrit : "Je me sers de la science, il l'invente."

“Dans mes romans, j'ai toujours fait en sorte d'appuyer mes prétendues inventions sur une base de faits réels et d'utiliser pour leur mise en œuvre des méthodes et des matériaux qui n'outrepassent pas les limites du savoir-faire et des connaissances contemporaines” - Jules Verne

"Je ne peux pas dire que je suis particulièrement emballé par la science. En vérité, je ne l'ai jamais été : c'est-à-dire que je n'ai jamais suivi d'études scientifiques ni même fait d'expériences. Mais quand j'étais jeune, j'adorais observer le fonctionnement des machines."

La fiction est-elle l'opposé de la science ?

La fiction peut-elle nous garder de la science ?

Différence entre fiction scientifique et science-fiction. La fiction au service de la science (Jules Verne, la littérature didactique), la 'science' au service de la fiction (Rosny l'aîné).

Ignis

Le Péril Bleu.

La fiction peut diffuser/questionner/critiquer/utiliser la science.

Séance 01

Science/fiction

Lecture

Quelles différences pouvez-vous remarquer dans les oeuvres représentées sur ces deux affiches ?

Scott, Seul sur Mars, 2015.

Edwards, Rogue One, 2016.

Séance 02

Portrait du savant

Observation

Dans ce roman considéré comme l'une des oeuvres fondatrices de la science-fiction, Villiers de l'Isle-Adam met en scène Thomas Edison, fondateur de la General Electric et inventeur des premiers appareils à enregistrer le son et l'image. C'est dans ce roman qu'apparaît pour la première fois le mot "androïde" (sous la forme "andréide") dans son sens moderne.

Un soir de ces derniers automnes, vers cinq heures, le merveilleux inventeur de tant de prestiges, le magicien de l'oreille (qui, presque sourd lui-même, comme un Beethoven de la Science, a su se créer cet imperceptible instrument ― grâce auquel, ajusté à l'orifice du tympan, les surdités, non seulement disparaissent, mais dévoilent, plus affiné encore, le sens de l'ouïe ―), Edison, enfin, s'était retiré au plus profond de son laboratoire personnel, c'est-à-dire en ce pavillon séparé de son château.

Ce soir-là, l'ingénieur avait donné congé à ces cinq acolytes, ses chefs d'atelier, ― ouvriers dévoués, érudits et habiles, qu'il rétribue en prince et dont le silence lui est acquis. Assis en son fauteuil américain, accoudé, seul, le havane aux lèvres ― lui si peu fumeur, le tabac changeant en rêveries les projets virils, ― l'œil fixe et distrait, les jambes croisées, enveloppé de son ample vêtement, légendaire déjà, de soie noire aux glands violâtres, il paraissait perdu en une intense méditation.

À sa droite, une haute fenêtre, grande ouverte sur l'Occident, aérait le vaste pandémonium, laissant s'épandre sur tous les objets une brume d'or rouge.

Çà et là s'ébauchaient, encombrant les tables, des formes d'instruments de précision, des rouages aux mécanismes inconnus, des appareils électriques, des télescopes, des réflecteurs, des aimants énormes, des matras à tubulures, des flacons pleins de substances énigmatiques, des ardoises couvertes d'équations.

Au dehors, par delà l'horizon, le couchant, trouant de lueurs et de rayons d'adieu les lointains rideaux de feuillages sur les collines du New Jersey boisées d'érables et de sapins, illuminait, par instants, la pièce d'une tache de pourpre ou d'un éclair. Alors saignaient, de tous côtés, des angles métalliques, des facettes de cristaux, des rondeurs de piles.

Le vent fraîchissait. L'orage de la journée avait détrempé les herbes du parc ― et aussi avait baigné les lourdes et capiteuses fleurs d'Asie épanouies dans leurs caisses vertes, sous la fenêtre. Des plantes séchées, suspendues aux poutres entre les poulies, dégageaient, galvanisées par la température, comme un souvenir de leur vie odorante d'autrefois, dans les forêts. Sous l'action subtile de cette atmosphère, la pensée, habituellement forte et vivace, du songeur ― se détendait et se laissait insensiblement séduire par les attirances de la rêverie et du crépuscule.

Villiers de l'Isle-Adam, L'Ève future, 1886.

Séance 02

Le Voyage dans la Lune

Présentation

Le Voyage dans la Lune est sorti en salle en 1902. Ce court-métrage, adapté du célèbre roman de Jules Verne, est considéré comme le premier film de science-fiction.

Mélies, Le Voyage dans la Lune, 1902.