Le Dictateur

Atelier

Le dictateur

Observation

Observez ces différentes affiches.

1. Quels films avez-vous vus ? Racontez une scène qui vous a marqué, et expliquez pourquoi.

2. Qu'est-ce qui fait l'intérêt de ces films, selon vous ?

3. Quelle évolution remarquez-vous ?

Prolongement

Pistes

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Le dictateur

Écriture

1. À la suite de cette projection, quelles questions vous posez-vous ?

2. Quelles scènes vous ont plu ou intrigué ? Racontez-les et expliquez pourquoi.

Lecture

Que pensez-vous du discours final du barbier ?

Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur. Ce n'est pas mon affaire. Je ne veux ni dominer ni conquérir personne. Je voudrais aider tout le monde, si possible : Juifs, Gentils, Noirs, Blancs. Nous voulons tous nous entraider. C'est dans la nature humaine. Nous voulons vivre du bonheur des autres, et non de leur malheur. Nous ne voulons ni nous haïr ni nous mépriser. Il y a de la place pour tous dans ce monde. La terre est riche et peut nourrir chacun. La vie peut être libre et belle, mais nous avons perdu le chemin.

L'avidité a corrompu les âmes, a érigé des barrières de haine dans le monde, nous a fait sombrer vers la misère et le sang. Nous avons développé la vitesse, mais nous nous sommes enfermés sur nous-mêmes. Les machines qui produisent l'abondance nous ont laissés dans le besoin. Notre savoir nous a rendus cyniques. Notre intelligence, durs et cruels. Nous pensons trop et ressentons trop peu. Plus que des machines, nous avons besoin d'humanité. Plus que d'intelligence, nous avons besoin de bonté et de douceur. Sans ces qualités, la vie n'est que violence et tout sera perdu…

L'avion et la radio nous ont rapprochés. La nature même de ces inventions appelle à la bonté des hommes, à la fraternité universelle, à l'unité de tous. En ce moment même, ma voix atteint des millions de personnes à travers le monde, des millions d'hommes, de femmes et d'enfants désespérés, victimes d'un système qui pousse les hommes à torturer et à emprisonner des innocents.

À ceux qui peuvent m'entendre, je dis : ne désespérez pas. La misère qui nous accable n'est que le fruit passager de la cupidité, l'amertume de ceux qui craignent le progrès humain. La haine des hommes s'apaisera, les dictateurs mourront et le pouvoir qu'ils ont usurpé au peuple lui sera rendu. Et tant que des hommes mourront, la liberté ne périra pas… [...]

Alors, au nom de la démocratie, usons de ce pouvoir, unissons-nous ! Luttons pour un monde nouveau, un monde digne où chacun aura la possibilité de travailler, où la jeunesse aura un avenir et les personnes âgées la sécurité. C'est par la promesse de ces choses que des brutes ont accédé au pouvoir. Mais ils mentent ! Ils ne tiennent pas leurs promesses. Ils ne les tiendront jamais !

Les dictateurs s'affranchissent, mais ils asservissent le peuple ! Luttons maintenant pour tenir cette promesse ! Luttons pour libérer le monde, pour abolir les frontières nationales, pour en finir avec l'avidité, la haine et l'intolérance. Luttons pour un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront au bonheur de tous. Soldats ! Au nom de la démocratie, unissons-nous !

Charlie Chaplin, the Great Dictator, 1940.