L'écriture

M2/01

La "boîte noire" de l'écriture

Modèle traditionnel de la rédaction longtemps dominé.

Enseignement basé sur la tradition.

Bouleversement dans les années 70-80. De nombreux apports :

Constat, du point de vue didactique, d'un émiettement de la discipline.

Document A

John Hayes et Linda Flower.

Modèle issu de la psychologie cognitive.

Étude menée sur des adultes.

Schématisation des processus et des facultés en jeu dans l'action d'écrire.

Novateur : idée que les processus sont récursifs.

Document B

Écrire, c'est

1. Mobiliser des savoirs relatifs à

Or les savoirs peuvent manquer !

2. évoluer grâce à/lutter contre des représentations

3. Mettre en oeuvre des opérations de

Des tensions importantes liées :

- aux représentations (l'inspiration, l'exposition, l'isolement)

- à la gestion des opérations (implication/distanciation)

- à l'écart entre le projet et la réalisation

Bilan de la carte

L'écriture n'est pas un long fleuve tranquille : extrême complexité de l'acte d'écrire.

Les modèles n'évoquent pas du tout ce qui se passe après : les interactions entre l'enseignant et l'élève.

Que manque-t-il ?

Le modèle oublie l'un des pôles du triangle didactique : l'enseignant.

Que se passe-t-il quand l'élève rend sa copie ?

M2/03

Les annotations des enseignants

Posture de correcteur Posture d'élève Remarques

Gardien du code : peut lire le texte à l'envers

Accent mis sur la forme

Le texte est définitif et jugé sur des critères extérieurs au texte, souvent formels, indépendamment de ce que dit le texte

Stimulus-réponse : le respect du cahier des charges.

L'écriture comme exécution.

Lecteur naïf : est-ce que c'est comme ça en vrai ?

Faire vrai, faire réaliste, coller au monde

Pas de place pour la fantaisie ni pour un imaginaire personnel. L'écriture comme reproduction du monde.

Critique : un jugement esthétique, un sentiment de connivence fondé sur une culture commune

Créativité

Éditeur : une position d'étayage

Conception de l'écriture comme travail sur le moyen/long terme : l'écriture comme travail.

M2/04

Histoire d'un texte

Première version Seconde version

Confusion narrateur/personnage : "Je me rappellais de cette histoire où j'habitais encore à Savigni le temple."

Beaucoup de détails qui renforcent le suspens : "Ce jour là, a la maison il y avait que moi et ma mère", "mais j'avais pas entendu la deuxième porte s'ouvrir"

Beaucoup de phrases pour exprimer l'émotion : "Ca faisait très beau comme une sorte de lance flame qui s'étein et en plus c'était très marent. Je crois que c'était un de mes meilleurs jeux", "Mon coeur batait si vite qu'il resemblait à un boxeur qui tape sur son adversère", " J'étais assi en train de pleurer", "Là j'était boulverser", "J'étais encore tou emmu"

Distinction nette entre narrateur et personnage.

Différents dispositifs de réécriture

Passage de l'écrit à l'oral

Transposition dans une autre époque, un autre genre, un autre registre.

Hybridation avec un autre texte (négociation avec un camarade).

Amplification, contraction.

M2/05

Enseigner et apprendre à écrire

Enseigner Apprendre
Deux répartitions des rôles différents

L'enseignant parle. L'élève exécute.

"Des modèles à appliquer, méthode à suivre"

L'élève agit. L'enseignant accompagne.

"Un processus créatif à soutenir"

En réalité, peu de réels savoirs (!= connaissances)

"l'écart entre l'écriture enseignée et ce qu'en disent les professionnels de l'écriture eux-mêmes"

"les études de brouillons d'écrivains montrent que l'écrit n'est jamais fini, qu'il est même impossible d'imaginer la forme qu'il aura à la fin du processus. C'est l'expérience dont témoigne Marguerite Duras dans Écrire : "L'écriture c'est l'inconnu. Avant d'écrire on ne sait rien de ce qu'on va écrire. Et en toute lucidité""

"Pas de méthode unique déclarée (qui peut même être contreproductive)."

"C'est le Faire AGIR l'élève qui compte, dans différentes situations."

"Je n'obéis pas à des règles en écrivant, pas même à des règles que j'aurais moi-même définies, et je n'applique aucun modèle ou recette. J'essaye seulement de tenir tous les fils d'un tissage complexe pour lequel je n'ai pas de métier à disposition."

Des temporalités différentes

L'enseignement est rapide.

L'apprentissage est lent.

M2/06

Introduction de la deuxième journée

Rappel de la première journée : une brève histoire de la didactique.

Dans les années 90 : une théorisation assez poussée de tout ce qui est en jeu dans l'acte d'écrire. Une modélisation de la compétence scripturale : l'écriture n'est pas un long fleuve tranquille. De multiples processus, parfois contradictoires, des savoirs nombreux et très diversifiés entraînent très souvent des phénomènes de surcharge cognitive. À cela s'ajoute le problème des valeurs et des représentations qui peuvent entraîner réticences et déceptions.

Dans les années 2000 : les projecteurs sont dirigés sur ce qui se passe entre l'enseignant et l'élève, et le nécessaire accompagnement du second par le premier. C'est la notion d'étayage qui est développée. Il s'agit d'accompagner l'élève. Exemple de Patrick cité par Bucheton et des postures de correction mises en évidence par Pilorgé. Aux postures des enseignants correspondent des postures d'élèves, qui s'adaptent. Ces études nous interrogent sur les postures à adopter face aux textes d'élèves, et sur les dispositifs mis en place.

Nous avons terminé avec un extrait de Monique Jurado qui oppose l'enseignement de l'écriture -le professeur explique aux élèves comment écrire, l'accent est mis sur la parole, la leçon- à l'apprentissage -les élèves écrivent, ils pratiquent, le professeur accompagne, mais sans prétendre savoir. "Opposition" : terme à nuancer. Elle montre que le second est sans doute plus important que le premier, mais il ne s'agit pas de renoncer complètement à donner des conseils aux élèves.

Programme de la seconde journée.

Cette fois-ci, nous allons travailler sur les consignes d'écriture. Pour cela, je vais vous proposer de partir d'extraits de manuels. Avec un double objectif :

- réaliser un travail d'écriture afin de se rendre compte de ce que nous demandons aux élèves ;

- réfléchir aux consignes de manuels, leurs intérêts, leurs limites.

Ce sera le premier temps de notre travail. Dans un deuxième temps, je vous proposerai de réfléchir sur vos prochaines séances et consignes d'écriture.

M2/06

Les modèles de l'enseignement de l'écriture

Origines

Objectifs

Évaluation

Modalités pratiques

Présupposés

Genres

Limites

La rédaction

La tradition

Imprégnation par imitation des modèles littéraires

La maîtrise des normes langagières

Le travail d'écriture est individuel, et s'appuie sur un brouillon, qui sert de béquille.

La production est définitive.

L'écriture est la transcription d'une pensée qui lui préexiste

Genres scolaires, sans pratique sociale de référence

Ce type d'écriture qui est comme une langue étrangère pousse les élèves en difficulté à se désinvestir de l'écrit.

L'expression écrite

Les textes libres de Freinet ; les ateliers d'écriture, qu'ils soient thérapeutiques ou littéraires

Réconcilier les sujets avec l'écriture, en faire une activité positive

Problématique : comment évaluer un écrit personnel et créatif ?

Le travail d'écriture est souvent accompagné d'échanges sociaux.

La production est définitive.

Toute personne qui sait écrire peut devenir auteur.

Poésie, expression libre

Les textes deviennent vite stéréotypés.

La production d'écrit

Apports de la psychologie cognitive et de la linguistique textuelle

Décomposer et accompagner l'écriture pour éviter la surcharge cognitive ; donner aux élèves la maîtrise des genres du discours.

Évaluation dont les critères sont explicites et focalisés sur les aspects techniques du texte.

La tâche d'écriture est décomposée ; les moments de révision et d'(auto)évaluation sont réguliers.

En explicitant les règles de chaque type de texte, on donne aux élèves des outils pour écrire. Apprendre, c'est prendre conscience de.

Tous les genres des pratiques sociales de référence

On se focalise sur les outils, le texte fini, sans savoir ce que cela représente pour l'auteur.

Le sujet écrivant

Les travaux de Bucheton

Redonner du sens à l'écriture et faire des élèves des sujets d'une culture

L'enseignant est d'abord lecteur (sens) avant d'être correcteur (forme). Évaluation sur la progression plutôt que sur le texte : d'une réécriture à l'autre, d'une production à l'autre.

L'écriture s'appuie sur des rituels : objets, moments... Les réécritures sont multiples.

C'est la réécriture qui permet à la pensée de se construire.

Développer à la fois l'écriture communicative mais aussi l'écriture réflexive et créative

Quid de l'écriture à plusieurs ?

L'écriture de travail ne mentionne pas les notes de travail non rédigées.