Soit la nouvelle suivante :
Borges, J. L. (1978). "Le Livre de sable". Le Livre de Sable.
1. La fin de la nouvelle a été tronquée d'une ou plusieurs lignes. Imaginez et écrivez-en la ou les dernières lignes.
2. Selon vous, que nous dit ce texte sur la lecture ?
Regardez l'intervention de François Le Goff (2008).
Quels éléments en retenez-vous ?
La didactique de la littérature, au cours de ces dix dernières années, interroge le statut de la lecture littéraire et concentre ses réflexions sur les conditions d’émergence d’un sujet lecteur. [...] Annie Rouxel observe ainsi : "[Un] passage d’une conception de la lecture littéraire inscrite dans une théorie du texte, qui postule le lecteur implicite ou virtuel (autrement dit dans la perspective des théoriciens de la réception), à une conception de la lecture littéraire qui s’intéresse à la reconfiguration du texte par le lecteur réel et présente des modes de réalisation pluriels. Il y a donc un déplacement de l’intérêt : du lecteur virtuel au lecteur réel, et, par voie de conséquence, du « texte de l’œuvre » au « texte du lecteur »." L’évolution des conceptions de la lecture littéraire introduit de nouveaux dispositifs de lecture. Les journaux de lecteur, les journaux de bord et les autobiographies de lecteur se développent pour accompagner les lectures cursives.
Le Goff, F., & Larrivé, V. (2018). Le temps de l'écriture. UGA Éditions. https://doi.org/10.4000/books.ugaeditions.1958
L'appropriation est au coeur du plaisir de la lecture, mais aussi au coeur du plaisir de la culture. On ne peut pas envisager la culture seulement comme un "bagage", selon l'expression courante, comme un amoncellement de connaissances, ou comme un ensemble de compétences. Une culture qui se réduirait à un bagage, et serait détachée de la subjectivité de du sujet n'aurait pas de valeur pour lui. La culture littéraire s'épanouit et fructifie quand elle peut s'enraciner dans les territoires secrets du sujet et accompagner son histoire. Que l'on se place dans un rapport hédoniste à la littérature, ou dans un rapport plus intellectuel et plus panoramique à la culture littéraire, c'est toujours ce que l'on fait sien, parce que cela a du sens pour soi, qui reste dans la mémoire et participe d'une construction personnelle.
Shawky-Milcent, B. (2016). la Lecture, ça ne sert à rien. Presses Universitaires de France.
On pourrait nommer bibliothèque intérieure cet ensemble de livres – sous-ensemble de la bibliothèque collective que nous habitons tous – sur lequel toute personnalité se construit et qui organise ensuite son rapport aux textes et aux autres. Une bibliothèque où figurent certes quelques titres précis, mais qui est surtout constituée, comme celle de Montaigne, de fragments de livres oubliés et de livres imaginaires à travers lesquels nous appréhendons le monde. [...] À chaque moment de nos échanges, les bibliothèques intérieures, que nous avons édifiées en nous au fil des années et où sont entreposés nos livres secrets, entrent en relation avec celles des autres, au risque de provoquer des frictions ou des conflits. Car nous ne nous contentons pas d'héberger ces bibliothèques, nous sommes aussi la totalité de ces livres accumulés, qui nous ont fabriqués peu à peu et ne peuvent plus sans souffrance être séparés de nous. Et, de même que Martins ne supporte pas les critiques dirigées contre les romans écrits par ses maîtres, les paroles qui éraflent les livres de nos bibliothèques intérieures, en s'en prenant à ce qui est devenu une partie de notre identité, nous déchirent par moments jusqu'au plus profond de nous-même.
Bayard, P. (2007). Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? Les Editions de Minuit.
Le journal de lecteur est un support sur lequel, toute l'année, l'élève garde trace de ses lectures. Il impose des activités d'écriture régulières – presque ritualisées – sur les livres et sur l'activité du lecteur, dont il garde la mémoire. [...] Cependant, même s'il est consacré à la littérature et aux rapports personnels et originaux que l'élève entretient avec les œuvres littéraires, le journal de lecteur donne une priorité à la lecture littéraire en tant qu'activité et à ses répercussions sur le sujet lisant. Aucun journal de lecteur ne ressemble à un autre, puisque les lecteurs réagissent tous différemment à la lecture d'une œuvre littéraire. Le JdL est donc un cahier personnel, personnalisé, qui rend compte de la singularité d'un lecteur. Dans la relation triangulaire auteur/texte/lecteur, il permet de focaliser l'attention sur le lecteur et la manière dont il s'approprie les textes littéraires.
Le Goff, F., & Larrivé, V. (2018). Le temps de l'écriture. UGA Éditions. https://doi.org/10.4000/books.ugaeditions.1958
Observez les quatre exemples proposés : deux réalisés par des élèves de 6e, deux par des élèves de 2nde, en 2024.
Quelles remarques vous inspirent-ils ?
- Afin de favoriser cette rencontre psychoaffective avec les deux personnages, il a été demandé aux élèves de répondre dans leur cahier de lecture à la question suivante : « À laquelle des deux jeunes filles va votre sympathie et pourquoi ? »
- 1) Chercher une reproduction (sur clé USB ou sur papier) de tableau ou d'œuvre d'art qui fasse écho pour vous à l'un des tableaux de Wang-Fô évoqués dans la nouvelle [...] 2) Être capable d'expliquer devant la classe à l'oral en quoi elle correspond au texte de Yourcenar et pourquoi vous l'avez choisie. »
- La pratique des marginalia consiste à investir les marges d'un texte par des notes personnelles ou des dessins. Lors de sa lecture, le lecteur donne la réplique au texte, en répondant directement à un personnage, en s'adressant à l'auteur pour exprimer son agacement ou au contraire son intense jubilation. La lecture se fait alors « conversation ».
- Ahr, S. (2018). Former à la lecture littéraire. Réseau Canopé.